10 octobre 2011 1 10 /10 /octobre /2011 07:54

http://www.washingtonpost.com/rf/image_606w/WashingtonPost/Content/Production/Blogs/ezra-klein/Images/124002725.jpg

 

 

Mardi soir à Hanover (NH) se tiendra le quatrième débat républicain en un mois. Les huit prétendants républicains à la présidence s'affronteront sur le terrain de l'économie, le domaine de prédilection du favori actuel, Mitt Romney. L'ancien gouverneur du Massachusetts sera de nouveau au coeur de l'attention et devra, pour la première fois depuis août, se mettre sur la défensive. En effet, l'ancien leader des sondages Rick Perry ne manquera pas de l'attaquer pour récupérer les faveurs des électeurs républicains.

 

 

Les renoncements de Chris Christie et de Sarah Palin, la semaine dernière, ne vont pas tarder à se répercuter dans les sondages nationaux et on devrait voir Mitt Romney atteindre, pour la première fois en 2011, le seuil symbolique du tiers d'électeurs en sa faveur. De bonnes nouvelles pour l'ancien homme d'affaires ? Pas forcément. En effet, Romney s'est révélé très combatif dans la position de challenger de Perry, au cours des trois premiers débats. Mais il reste à savoir s'il pourra résister à la pression de ses sept opposants, qui vont tout faire pour déboulonner la marche vers la nomination que l'ancien gouverneur du Massachusetts semble avoir entamée. 

 

A moins de 90 jours du début des primaires, en Iowa et dans le New Hampshire, Romney a besoin de consilider sa base de supporters, qui apparaît quelque peu fragile. Les électeurs républicains sont encore une majorité à considérer le candidat mormon comme une "girouette", un "RINO" (Republican In Name Only) ou un simple opportuniste. Sa stratégie, ce soir, consistera sans doute à marteler qu'il est le candidat le mieux placé pour battre Obama, ce que les sondages ont largement confirmé au cours des derniers mois.

Face à lui, Perry doit absolument montrer plus de prestance et de solidité rhétorique. Lors des trois premiers débats, les électeurs républicains ont constaté à quel point sa candidature était mal préparée. L'avancement des primaires confirme maintenant que Perry n'avait aucune conscience qu'il était rentré en course bien trop tard. A son avantage se trouve une passion non-démentie, qu'il devra simplement utiliser à bon escient pour déséquilibrer Romney, impérial lors des trois premières joutes.

 

Quant à Herman Cain, il aura l'occasion de se mettre en avant, et pourquoi pas, s'insérer dans la hiérarchie de tête en écartant définitivement Michele Bachmann. Depuis sa victoire au P5 Straw Poll de Floride, un scrutin consultatif, le mois dernier, l'ancien PDG de Godfather's Pizza ont sa cote de popularité augmenter de façon significative. Il s'agit désormais de savoir s'il s'agit là d'un simple feu de paille, ou du début d'un véritable phénomène.

Pour ce qui est des autres candidats, ils peuvent ôter quelques points dans les sondages à Romney, qui est à domicile dans le New Hampshire, mais également à Cain ou à Perry. L'impact de Santorum, par exemple, sur l'avance que Perry comptait encore récemment, a été important pour diminuer le soutien au gouverneur du Texas. 

 

 

Ce quatrième débat présidentiel républicain augure une nouvelle étape de la campagne. Il s'agit de la période où Romney pourrait tout perdre, s'écroulant sous les assuats de ses adversaires. A l'inverse, l'ancien homme d'affaires pourrait marquer des points importants qui lui donneraient un début d'option sur la nomination. Mais dans les deux cas, il n'aura pas une soirée tranquille.

 

Partager cet article

Repost0
4 octobre 2011 2 04 /10 /octobre /2011 14:49

Chris Christie, le gouverneur du New Jersey, reste à Trenton

  

  

La tentation était grande... Mais Christie n'y a pas cédé. En vérité, il y avait sans doute autant de bonnes raisons que de mauvaises de se présenter à la présidentielle de 2012. Voici un court inventaire qui permet de voir plus clair dans les pensées du gouverneur depuis maintenant dix jours.

  


Deux bonnes raisons de se lancer aujourd'hui


1. Si ce n'est pas maintenant, c'est peut-être jamais.

Cette prévision est difficile à assurer, alors qu'il reste treize mois avant la présidentielle de 2012... Et cinq ans avant celle de 2016. Les conseillers de Christie l'ont avoué : le plan initial était "Christie 2016". Mais la faiblesse du champ des candidats ainsi que l'impopularité du président Obama ont forcé le gouverneur à reconsidérer ses plans.

En effet, Romney possède actuellement un net avatage sur ses rivaux républicains, ainsi que sur le president Obama. Si cette solidité, à la fois dans l'élection primaire et dans l'élection générale devait être confirmée en 2012, alors la prochaine élection à laquelle Christie pourrait prétendre serait celle de 2024. Pour cause, Romney aurait une option sur la réelection en 2016, tandis que son colistier emprunterait, comme il est de coutume pour les vice-présidents, la voie royale en 2020.

A l'horizon 2024, Christie n'aura-t-il pas disparu du paysage politique ? Nul moyen de le savoir, c'est pourquoi une campagne présidentielle résolvait le probleme.

 

2. L'expérience ne compte pas ; les médias, oui.

Comme le rapportait Joel McKinnon, un proche de l'ancien président George W. Bush, il y quelques jours : "Il faut savoir y aller quand vous êtes chaud [ie. dans les medias]... Demandez à Barack Obama". D'aucuns ont critiqué, ces derniers jours, le manque d'expérience de Christie, gouverneur depuis seulement un an et demi. Mais Barack Obama, au moment de déclarer sa candidature, en octobre 2007, avait à peine plus de deux ans d'expérience en tant que sénateur. Les deux situations sont comparables par l'engouement médiatique qu'ont suscité les deux hommes, à quatre ans d'intervalle.

L'appui des médias est un tremplin formidable pour lancer une campagne. Avec les premiers scrutins se rapprochant dangereusement du Nouvel An, Christie pouvait espérer lancer une vague médiatique jusqu'aux caucus de l'Iowa, début janvier, et forcer la décision grâce à l'effet de surprise. On sait désormais qu'il n'en sera rien.

 

Deux mauvaises raisons de se lancer aujourd'hui

 

1. Il est trop tard pour l'emporter.

Le dernier argument, positif à propos du calendrier des primaires, a pourtant sans doute été crucial dans la décision négative de Christie. En effet, il parait insensé d'espérer faire de bonnes performances dans des scrutins qui auront lieu dans moins de cent jours. Avant cela, monter une campagne - avec tout l'aspect organisationnel que cela comprend - en moins de cent jours relève de l'utopie.

La popularité de Christie, comme l'a montré ce matin un sondage ABC News/Washington Post, est relativement limitée chez les électeurs républicains. A plus forte raison, une majorité d'Américains ne le connaissent pas suffisamment. Surtout, il paraît impensable de déboulonner Perry en Iowa et Romney dans le New Hampshire, les deux Etats qui s'exprimeront les premiers. Sans la victoire dans un des deux Etats inauguraux, l'effet d'entrainement médiatique ne se met pas en route, et partant, les électeurs vous oublient.

 

2. Il est trop risqué de perdre.

Si Christie s'était présenté et, in fine, avait remporté les primaires républicaines, voire la Maison-Blanche, alors son pari était plus que gagné. Mais à l'inverse, le gouverneur avait tout à perdre d'une défaite. Il ne s'agissait pas juste de la nomination de son parti, mais de son poste même de gouverneur, qu'il remettra en jeu en 2013.

En effet, perdre en 2012 aurait considérablement érodé sa popularité dans son Etat. Toutes les mauvaises raisons de se présenter a la présidentielle - et dont la liste ici présente est loin d'etre exhaustive - lui auraient été reprochées. A la clé : une fin de carrière tout aussi anticipée que l'aurait été une campagne pour la Maison-Blanche.

 

 

En restant dans les tribunes, Christie se laisse la possibilité de conquérir un second mandat de gouverneur en 2013, une expérience accrue et qui sait, une campagne nationale en 2016. Car toujours est-il, les chiffres d'octobre 2011 ne sont pas ceux de novembre 2012, et si Obama devait l'emporter, alors les dix jours d'hésitation de Christie l'auront placé dans tous les esprits pour la prochaine échéance.

 

 

Partager cet article

Repost0
30 septembre 2011 5 30 /09 /septembre /2011 05:32

http://images.politico.com/global/news/110602_chris_christie_ap_328.jpg 

Le gouverneur du New Jersey, Chris Christie

 

Après cinq jours de tumulte médiatique, il est probable que Chris Christie annonce sa candidature à la présidentielle de 2012. Le temps est compté pour lui, car les primaires commencent dans cent jours. C'est pourquoi il faut s'attendre à une annonce officielle dans les prochaines heures - si jamais ses intentions avaient définitivement changé. La date du jeudi 6 octobre a filtré. Après plus d'un an de déni sincère, qu'est-ce qui a poussé Chris Christie à changer d'avis ?


 

Tout d'abord, on peut mettre en cause le manque de satisfaction des électeurs républicains vis-à-vis de l'actuel champ des candidats. Perry a déçu lors des débats, tandis que Romney, qui a réussi toutes ses prestations et qui est le mieux placé pour battre Obama, n'est tout simplement pas aimé. L'ancien homme d'affaires a le plus à perdre d'une candidature Christie, car le gouverneur du New Jersey joue sensiblement sur le même terrain (républicain modéré du Nord-Est).


Ensuite, la méforme du président Obama dans les sondages laisse penser que le prochain locataire du 1600, Pennsylvania Avenue a de grandes chances d'être un républicain. Il s'agit pour Christie de ne pas laisser filer l'occasion. Sans aucun doute, il était dans ses plans de se présenter en 2016, après avoir obtenu un second mandat de gouverneur. Mais ses conseillers le savent bien : son profil ne sera peut-être jamais aussi "chaud" qu'il ne l'est maintenant. Malgré son inexpérience relative - moins de deux ans comme gouverneur - il sait que l'histoire est remplie de candidats qui ont fait le grand saut trop tard plutôt que trop tôt (Ted Kennedy, Bill Bradley ou Joe Biden) et qui n'ont jamais vu l'occasion se représenter.


Ce dernier argument est sans doute celui que n'ont pas manqué de soulever auprès de Christie de personnalités aussi influentes que Nancy Reagan, Bobby Jindal, George W. Bush ou encore Henry Kissinger. Christie et ses conseillers ont été inondés d'appels désespérés l'encourageant à se lancer dans la bataille. Mardi dernier en Californie, une mère de famille a imploré le gouverneur du New Jersey : "On ne peut pas attendre quatre ans de plus [...] S'il vous plaît, revenez sur votre décision".


Des signes ne trompent pas. Les sources se multiplient pour assurer que le gouverneur pèse minutieusement le pour et le contre. Surtout, son épouse ne serait plus opposée à une campagne présidentielle ; or, on sait quel poids considérable les épouses ont lors des élections.


Perry est revenu sur sa décision il y a quelques semaines, et Christie semble prendre le même chemin. Avec, à la clé, le même scénario ? La candidature tardive est un élément récurrent des primaires présidentielles, qu'elles soient démocrates ou républicaine. De nombreux exemples montrent qu'après un gros départ, les entrants tardifs ont tendance à perdre de leur aura au fur et à mesure que les électeurs apprennent à les connaître. Pour prendre l'exemple le plus récent, Perry va annoncer une levée de fonds plus importante que Romney pour le troisième trimestre 2011, alors qu'il n'est en course que depuis huit semaines. Pourtant, on discerne déjà les failles de la candidature Perry, minée par un manque de préparation et une organisation nationale fragile. Avec cent jours devant lui, il y a fort à parier que Christie ne pourra pas être compétitif, car le calendrier des primaires augure d'un combat long et coûteux.


 

Ce dernier élément joue en faveur de Romney, le candidat a priori le plus solide au long terme. Mais à courte échéance, le gouverneur a tout à perdre avec une candidature Christie. Son équipe, basée à Boston, a multiplié, hier, les signaux à l'équipe du gouverneur du New Jersey : un effort présidentiel ne s'improvise ni en sept jours, ni même en une centaine.

Partager cet article

Repost0
26 septembre 2011 1 26 /09 /septembre /2011 09:16

http://weaselzippers.us/wp-content/uploads/2011/09/Christie-Obama-1.jpg 

Barack Obama accueilli par Christie dans le New Jersey, le 7 septembre 2011.

 

 

Avec la perte de vitesse - momentanée, sans doute - du gouverneur du Texas Rick Perry, leader dans les sondages depuis six semaines, se pose la question de l'entrée d'un nouveau candidat dans la bataille. Ce dernier pourrait être le très populaire gouverneur du New Jersey, Chris Christie, qui a pourtant, à plusieurs reprises au cours de l'année, déclaré qu'il n'était pas intéressé par la Maison Blanche en 2012.

 

Elu gouverneur du 11ème Etat le plus peuplé de l'Union en 2009, Christie est un homme qui a promis aux habitants du New Jersey un franc-parler de tous les instants. Par conséquent, il s'est rendu très populaire auprès du mouvement ultraconservateur Tea Party, tout en gardant, de par son statut de gouverneur d'un Etat modéré, de nombreux soutiens au sein de l'establishment républicain. Ainsi, il apparaît comme l'homme idéal pour unifier les deux bases du parti de l'éléphant et espérer battre Obama en novembre 2012.

 

De fait, si Christie se lançait dans les jours à venir, il aurait les moyens de réunir un large trésor de guerre dans le Nord-Est des Etats-Unis, une terre promise par défaut à Mitt Romney. De quoi faire une forte impression et prendre très vite la tête dans les sondages contre un Perry à la dérive, miné par une préparation bien trop hâtive.

 

Seulement, ce qui est valable pour le gouverneur du Texas l'est aussi pour pour celui du New Jersey. Avec trois débats présidentiels dans les livres, le champ des candidats semble fixé. Il paraît difficile, du moins sur le long terme, pour n'importe quel prétendant de s'insérer entre Perry et Romney. Les deux hommes polarisent actuellement les débats, en proposant deux visions radicalement opposées du parti républicain. En vérité, Christie, en se lançant aussi tard, a encore plus de chances que Perry de voir sa candidature tomber à l'eau après un départ fulgurant, comme ce fut le cas du général démocrate Wesley Clark en 2003 et de l'ancien sénateur républicain Fred Thompson en 2007.

 

La question de l'argent est cruciale lors des courses présidentielles. C'est un élément certes intéressant pour Christie sur le court terme, mais avec trois trimestres de levée de fonds écoulés depuis janvier, il y a fort à parier qu'il ne puisse jamais rattraper Perry et, à plus forte raison, Mitt Romney. Avec une fortune personnelle estimée à 200 millions de dollars, l'ancien gouverneur du Massachusetts a la possibilité de signer des chèques de son propre compte en banque à tout moment.

 

Gageons donc que Christie ne s'engagera pas pour 2012. Le coeur ne semble pas y être puisque l'intéressé a souvent répété qu'il n'irait pas. En revanche, faire monter les enchères au cours des prochains jours pour une éventuelle candidature, ou à tout le moins un soutien officiel peut lui être très utile en vue de 2016. Pour s'assurer du bien-fondé de cette approche, il suffit de jeter un oeil à la présence de Sarah Palin dans les médias depuis 2009...

 


Partager cet article

Repost0
24 septembre 2011 6 24 /09 /septembre /2011 09:20

http://www.washingtonpost.com/rf/image_606w/2010-2019/WashingtonPost/2011/09/23/National-Politics/Images/Republican_Debate_0e2b6.jpg

Phelan M. Ebenhack / AP

 

 

Au cours du troisième débat en quinze jours pour les républicains, Perry a montré de sévères lacunes en matière de politique étrangère. Surtout, le ton de sa voix, sa façon de s'exprimer, ainsi que ses maladresses rhétoriques ne rapellent que trop le plus mauvais président de l'histoire selon les historiens, à savoir George W. Bush.

 

Lorsque le modérateur du débat de jeudi soir, Bret Baier, teste Perry en lui demandant ce qu'il ferait, en tant que président des Etats-Unis, s'il recevait un appel à trois heures du matin l'informant que le Pakistan avait laissé des armes nucléaires tomber entre les mains des Talibans, le gouverneur du Texas répond qu'il "renforcerait l'entente de l'Amérique avec l'Inde" (voir ici). Une réponse maladroite qui a suscité beaucoup d'incompréhension. Son écho dans les médias est toujours vif quarante-huit heures après le débat, qui a de sucroît été le plus suivi de l'année.

 

Plus significatif encore, la tentative d'attaque de Perry contre Romney et son passé de "girouette" ("flip-flopper") sur de nombreuses positions idéologiques fut un désastre. Après de longues secondes de bégaiement, le natif de Paint Creek est difficilement parvenu à retomber sur ses pattes. Et Romney de répondre : "Bien essayé" (voir vidéo ici).

 

Ce matin, Steve Deace, un animateur de radio en Iowa penchant pour le gouverneur du Texas a déclaré que Romney "n'a jamais eu l'air aussi présidentiel que quand il se trouve à côté de Perry". Pour le candidat mormon, l'objectif est d'assimiler autant que possible son concurrent à l'ancien président Bush. En effet, Perry jouit encore d'une popularité relative parmi les républicains de l'establishment, d'essence plus modérée que les Tea Party. C'est ce qui lui donne actuellement sa très courte avance dans les sondages nationaux.

 

Seulement, Romney peut compter sur le soutien de la majorité des anciens membres de l'administration Bush, car ils sont restés en très mauvais termes avec Perry. L'équation est la suivante : critiquer l'administration Bush au travers de Perry sans s'en aliéner l'appui ?

 

Il est impossible d'attendre des démocrates une quelconque aide. Romney pourrait espérer, par exemple, que le Comité national démocrate diffuse des vidéos assimilant Perry et Bush dans le but de récupérer l'électorat centrsite qui plombe la cote de popularité d'Obama. Mais un tel mouvement serait maladroit de la part du parti de l'âne, qui ne ferait que simplifier la tâche à Romney dans la primaire. A la clé, le risque d'affronter l'an prochain son plus sérieux rival pour la Maison-Blanche. Un récent sondage a montré que Romney dominait le président par sept points dans l'Etat crucial de la Floride.

 

En vérité, la seule chose à faire pour Romney est d'attendre que le bateau Perry coule. Pour cela, le pilonner d'attaques, débat après débat, est la bonne solution. Les portions de l'électorat modéré du parti de l'éléphant ne tarderont pas à délaisser le gouverneur du Texas car il n'ont aucune intention de revivre une présidence Bush. Seulement, Romney ne se pressera pas non plus, car il est conscient que la place de leader actuellement détenue par Perry est un cadeau empoisonné. En un mot : l'ancien gouverneur du Massachusetts, longtemps favori avant l'entrée de son rival texan, est en embuscade.

 

 

Partager cet article

Repost0
22 septembre 2011 4 22 /09 /septembre /2011 13:22

http://www.latimes.com/media/photo/2011-09/64953768.jpg

Scott Audette/Reuters

 

Dans la course à deux têtes qui oppose Mitt Romney à Rick Perry pour la nomination républicaine, le débat d’hier soir à Orlando (FL) possédait une importance particulière. Tout d'abord, il se situe dans le "Sunshine State", qui votera en cinquième position en janvier 2012. De par sa position chronologique, c'est un Etat qu'il faut remporter. De plus, la confrontation d’hier soir arrive juste avant le "Presidency 5 Straw Poll", le "vote pour du beurre" de samedi, mais surtout quelques jours avant la fin du troisième trimestre de levée de fonds. C'était une belle occasion pour les deux favoris de briller et de récolter quelques précieuses donations qui pourront faire la différence.


Donner un vainqueur à un débat n’est jamais une chose aisée. Pour Chris Cilizza, du Washington Post, et Doyle McManus, du Los Angeles Times, Romney émerge comme le gagnant, tandis que le réseau Fox News, qui organisait le débat avec Google, semble pencher du côté de Perry. Cependant, dans le cadre de ce qui était la troisième confrontation en quinze jours entre prétendants républicains, la dynamique est clairement du côté de Romney. Il s’exprime de façon claire, possède le « look présidentiel » que le TIME Magazine lui prête avec raison, et surtout, il esquive avec brio les attaques de ses adversaires. Par exemple, lorsque Perry a tenté, hier soir, d’enclencher une attaque contre les changements de positions de Romney (sur l’avortement, l’immigration, les droits homosexuels, etc.) Romney se contente de répondre : « Bien essayé ». Et l’ancien gouverneur du Massachusetts de lancer une boutade provoquant les éclats de rire de l’audience.


Le retour en force de Romney dans les débats n’a rien d’étonnant, puisque Perry subit toute la pression qui incombe au favori des sondages nationaux, trop souvent érigé par erreur comme faisant la course en tête. C’est une aubaine pour son adversaire mormon, qui n’a pas à retenir ses coups. En tant que favori présumé, Perry n’a pas à signer de performance éclatante, simplement à parer les attaques et se mettre à l’abri. Seulement, il n’en a pas l’occasion, puisque tous les candidats, de Romney à Paul, en passant par Bachmann et Santorum, s’en prennent à lui. Ainsi, le Texan est apparu fragilisé au cours des trois débats, parce que ses positions sont trop peu claires pour être défendables.


Par exemple, après l'évocation par Perry des termes de "chaîne de Ponzi" et de "mensonge monstrueux" pour désigner le système de sécurité sociale américain, ses adversaires ne l’ont pas laissé s’en tirer sans quelques égratignures. En effet, le "Sunshine State" possède le deuxième taux de retraités des Etats-Unis. Par ailleurs, son soutien à un programme universitaire destiné à accorder aux enfants d’immigrés illégaux une exonération de frais de scolarité a été remis en question. Enfin, son décret autorisant la prescription de Gardasil à des mineures texanes a encore été vivement critiqué par Bachmann, qui a perdu beaucoup de terrain depuis août.


Malgré une performance moyenne hier soir, Perry gagnera sans doute la consultation de samedi. Mais d’ores et déjà, le résultat en est biaisé car Mitt Romney et Michele Bachmann n’y participent pas activement. Avant le prochain débat, le 11 octobre dans le New Hampshire, il sera intéressant de comparer les chiffres de Perry et de Romney. Que ce soit dans les sondages ou en termes d’argent récolté, il y a fort à parier que l’écart entre les deux candidats va se resserrer. Le rapport trimestriel montrera sans doute une bonne performance financière de Perry, qui profite de l’enthousiasme des premières semaines de campagne. Quant à Romney, il profitera sans doute d’un rebond dans les sondages grâce à ses bonnes performances des trois dernières semaines.


Partager cet article

Repost0
22 septembre 2011 4 22 /09 /septembre /2011 10:20

http://www.washingtonpost.com/rf/image_606w/2010-2019/WashingtonPost/2011/09/19/National-Politics/Images/2011-09-08T005346Z_01_LOA101_RTRIDSP_3_USA-CAMPAIGN-DEBATE.jpg?uuid=tRu3puKiEeCE9biXr7cWxg

Reuters/Dany Moloshok

 

En jouant la carte de la capacité à battre Barack Obama, Mitt Romney dépend de la performance du président dans les sondages : plus ce dernier sera fort, plus Romney aura de chances de remporter la primaire républicaine.

Contre l’impétueux Rick Perry, Romney a jeté son dévolu sur l’élection générale de novembre 2012 : il essaye de convaincre les républicains que ce qui compte, ce n’est pas de gagner la primaire, mais bien de battre Barack Obama. Plusieurs sondages ont montré, au cours des derniers mois, que les républicains préfèreraient donner l’investiture à quelqu’un qui peut mettre fin à la présidence d’Obama plutôt qu’à quelqu’un dont les idées collent parfaitement avec les leurs.

L’entrée de Perry dans le combat des primaires, à la mi-août, a changé la donne pour Romney. Cependant, depuis un mois et demi, le gouverneur du Texas accumule les gaffes et autres remarques erronées. Et Romney de suggérer en boucle que Rick Perry n’est pas capable de battre le camp démocrate en novembre 2012.

Seulement, cet argument perd de sa valeur aussitôt que les chiffres du président déclinent dans les sondages. Ils confortent Perry en ce sens que, sait-on jamais, n’importe quel républicain pourrait l’emporter contre Obama. Or, la cote de popularité de ce dernier ne cesse de décliner, si bien que dans l’esprit des électeurs républicains, Perry pourrait être le nominé idéal : solidement conservateur, de fortes attaches avec le Tea Party et surtout, la capacité de s’emparer de la Maison-Blanche.

 

De tout cela il n’est pour l’instant rien. Romney est toujours le seul à devancer Obama dans les sondages. Le gouverneur du Texas serait à coup sûr battu par le président, car un sondage Gallup a récemment montré qu’il ne s’approche pas à moins de cinq points du locataire de la Maison-Blanche. Les récentes déclarations de Perry sur Israël s’ajoutent aux preuves de son manque de connaissance de l’actualité. Les électeurs indépendants, qui boudent actuellement le président et entament ses performances dans les sondages, reviendraient très vite dans le giron démocrate de 2008 si Perry était le nominé républicain.

Avec deux discours sur l’emploi en une semaine, Obama montre qu’il est déterminé à soigner sa cote de popularité déclinante. Il s’agit pour lui de récupérer le cœur des hispaniques, des Juifs et des même des noirs, trois fractions de sa coalition de 2008 qui lui tournent le dos depuis plusieurs semaines. Au cours des dix derniers jours, le président a tenu trois meetings consacrés à chacune de ces parts de son l’électorat.

Par conséquent, il y a des raisons de croire que la cote d’Obama va remonter. Son action, ainsi que celle de Perry, commence à résonner dans les oreilles des indépendants. Ce qui fait grandement les affaires de Romney.

Partager cet article

Repost0