23 novembre 2011 3 23 /11 /novembre /2011 08:22

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Hier soir, en débat à Washington, Newt Gingrich s'est fait remarquer par sa prise de position modérée sur l'immigration (Photo AP)

 

 

L'économie et, plus largement, la politique intérieure des Etats-Unis seront au coeur de l'élection de 2012. Cependant, pour procéder au choix du chef des armées américaines (Commander-In-Chief), il convient d'évaluer les candidats à la présidence sur leurs positions en matière de politique étrangère. Alors que les huit principaux prétendants à la Maison-Blanche peinent à se différencier dans leur critique unanime du président Obama, les affaires internationales les font diverger significativement, et pourraient ainsi venir les départager.

 

Depuis de longs mois, il ne fait guère de doute que l'économie sera la préoccupation principale des Américains à l'automne 2012. La prévision de croissance pour l'an prochain a été révisée à la baisse avant-hier par le gouvernement américain. Plus important encore, le taux de chômage reste de 9% en octobre, après un pic à 10,1% en novembre 2010. Pourtant, Barack Obama avait promis, en février 2009, que son plan de relance de 787 milliards de dollars le garderait en dessous des 8%.

 

En matière d'économie, il est donc difficile de dresser des différences entre les candidats républicains, unanimement convaincus de l'échec de Barack Obama. Le président, en mal de résultats sur le front économique, possède néanmoins un bilan plutôt favorable en politique étrangère, avec notamment des opérations victorieuses en Libye ainsi qu'au Pakistan, qui a vu s'éteindre la menace Ben Laden s'éteindre au printemps dernier. Malheureusement pour Obama, il pourra difficilement s'appuyer sur ces bons résultats l'an prochain, la priorité des Américains étant de retrouver un emploi et/ou de remettre les finances de leur pays à l'équilibre.

 

Les spécialistes s'attendaient hier à ce que, une nouvelle fois, l'action de Barack Obama soit vivement critiquée par les candidats républicains lors du débat. Dans l'après-midi, le premier spot télévisé lancé par Mitt Romney dans le New Hampshire laissait présager d'une féroce charge contre le bilan du président démocrate. Mais en réalité, les débats se sont très peu concentrés sur Barack Obama. Plus surprenant encore, les candidats ont su se distinguer les uns des autres sans avoir recours à des attaques personnelles, un fait plutôt rare au vu des dix premières joutes qui les ont opposés cette année.

 

Selon Roger Simon, analyste conservateur du journal Politico, "c'était le débat le plus extraordinaire de la saison : un candidat républicain à la présidence a dit : 'Soyons humains dans la façon de faire appliquer la loi' et il ne s'est pas fait hué". La phrase a été lancée par Newt Gingrich, nouvelle coqueluche des médias, qui a expliqué sa position en matière d'immigration illégale au public de Washington : "Je suis prêt à prendre un coup de chaud en disant cela, mais (...) si vous êtes là depuis 25 ans, que vous avez trois enfants et deux petits-enfants, que vous avez payé vos impôts et obéi à la loi et que vous appartenez à une église locale, je ne pense pas que l'on devrait vous séparer de votre famille, vous déraciner de force et vous jeter dehors".

 

Michael Shear, du New York Times, réagit ce matin en faisant valoir que la modération de Gingrich, tout frais arrivé en tête des sondages, en matière d'immigration pourrait revenir le hanter, tout comme ce fut le cas pour Rick Perry il y deux mois. Mitt Romney et Michele Bachmann ont tous deux signifié à Gingrich qu'ils n'étaient pas d'accord avec lui, "l'amnistie" ne pouvant que conduire à de nouvelles arrivées illégales selon eux.

 

Une des plus grandes divergences de la soirée a opposé Jon Huntsman, ancien gouverneur de l'Utah, à Mitt Romney, ancien gouverneur du Massachusetts, sur la question du retrait des troupes d'Afghanistan. En pleine lutte pour l'électorat modéré de l'Etat-clé du New Hampshire, Romney s'est prononcé contre le plan présidentiel de retrait rapide des troupes, tandis que Huntsman y est favorable.

 

Rick Perry, Herman Cain et Ron Paul se sont montrés trop en retrait dans le débat, que ce soit faute d'entrain, de connaissances solides, ou bien de vues trop extrême. Le libertarien Ron Paul, notamment, s'est distingué de tous les autres candidats en prenant position contre le Patriot Act de George W. Bush (2001), avide de ne pas sacrifier la liberté au profit de la sécurité. Tout à l'opposé, Rick Santorum a proposé "de suivre à la trace" les musulmans présents dans les aéroports : selon l'ancien sénateur de Pennsylvanie, "ce sont les personnes qui ont les plus fortes probabilités de commettre un attentat".

 

Le principal enseignement du débat d'hier soir repose sur le fait que, bien que qu'elles n'ont que peu de chances de peser sur l'issue de l'élection, les questions internationales sont un bon moyen de jauger le positionnement idéologique de chaque candidat. L'orthodoxie démontrée par le parti de l'éléphant en matière fiscale, cela a été prouvé hier soir, ne s'applique pas à la politique étrangère. Il en est de même pour l'esprit de compétition qui, à maintenant moins de six semaines des premiers scrutins, ne tardera pas à reprendre ses droits.

 


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21 novembre 2011 1 21 /11 /novembre /2011 08:14

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Newt Gingrich (cravate rouge), partage sa vision de la politique étrangère des Etats-Unis lors d'un débat en Caroline du Sud, le 12 novembre dernier (Photo AP)

 

 

Depuis maintenant deux semaines, la campagne de Newt Gingrich connaît un regain d'attention de la part des électeurs. C'est en tout cas ce que nous confient les instituts de sondages, qui ont délaissé Herman Cain au profit de l'ancien président de la Chambre des représentants pour jouer le rôle de "candidat anti-Romney N°1". Un statut controversé qui pourrait bientôt plonger Gingrich dans la même léthargie que connaissent aujourd'hui Bachmann ou Perry.

 

Les sondages sont unanimes : Gingrich est dans une bonne période car il récupère directement les électeurs qui quittent Herman Cain, accusé de harcèlement sexuel il y a trois semaines. Au niveau national, un sondage conduit par Fox News le 16 novembre donne Gingrich à 23% et Cain à 15%, contre 12% et 24% respectivement le 26 octobre dernier. Plus significatif encore, dans l'Etat-clé de l'Iowa, Gingrich devance maintenant Cain de 19%, 32% contre 13%. Le 19 octobre, les chiffres étaient de 9% pour Gingrich et 28% pour Cain.

 

Ces chiffres, loin d'être les seuls indices dont nous disposons aujourd'hui, montrent l'entendue des dommages que les témoignages accablants de plusieurs femmes ont fait à la candidature d'Herman Cain. Hissé au sommet des sondages à la mi-octobre, Cain avait pris le relais de Rick Perry pour personnifier la frange conservatrice du parti. Son déclin fait donc de Gingrich la nouvelle alternative à l'establishment modéré largement acquis à la cause de l'ancien gouverneur du Massachusetts Mitt Romney.

 

Gingrich est un des gourous les plus respectés au sein du GOP (Grand Old Party). Historien de formation, il a passé quasiment 25 ans à défendre la cause républicaine au Congrès américain. Il y a maintenant 17 ans, Gingrich était à la tête de la "révolution républicaine" qui ramenait la Chambre des représentants, démocrate depuis 1955, dans le camp de l'éléphant. En 1999, Gingrich a dû abandonner son poste de président de la Chambre (Speaker) après des soupçons de scandale et des résultats decevants lors de élections de mi-mandat de 1998.

 

En dépit de sa longue carrière au parti républicain, il est permis de s'interroger sur le bien-fondé de la nouvelle étiquette de Gingrich, désigné champion du Tea Party. En effet, pendant que Clinton était au bord de la destitution, Gingrich entretenait une relation extra-conjugale avec une asssitante nommée Callista, depuis devenue son épouse. La droite chrétienne qui désigne Gingrich comme son favori par défaut ne manquera pas de lui reprocher ses trois mariages ; il est étonnant de voir que l'Etat de l'Iowa, composé à 60% de chrétiens évangéliques, semble aujourd'hui pencher en faveur de Gingrich.

 

Par ailleurs, Gingrich Group, la société fondée par l'ancien Speaker dans les années 2000, aurait perçu 1,8 million de dollars pour des services de consulting rendus à l'agence de notation Freddie Mac, rendue très impopulaire par la crise. Enfin, alors que la réforme de la santé du président Obama est la hantise du Tea Party, le think tank de Gingrich aurait perçu 37 millions de dollars de la part de multiples compagnies pharmaceutiques pour peser sur des décisions politiques. Gingrich défendait notamment, jusqu'à mai 2011, le mandat individuel prôné par Obama et Hillary Clinton, avec qui il avait passé une alliance dans les années 1990.

 

Pour résumer, le pedigree de Gingrich n'est pas tout à fait celui d'un républicain des années 2000. Il reste désormais à savoir si le Tea Party, symbole de la "palinisation" du GOP, va se décider à troquer, dans maintenant 40 jours, un bilan visiblement modéré contre des talents oratoires que l'on dit de taille à rivaliser avec ceux du président Obama. Gingrich a en effet fondé son "comeback" sur des performances convaincantes en débat, tout comme John McCain l'avait fait il y a quatre ans.

 

Mais à la lumière de ce court retour en arrière, il apparaît que la folle remontée de Gingrich est promise au même destin que celle de Perry et de Cain si l'ancien président de la Chambre des représentants continue de courtiser les chrétiens évangéliques de l'Iowa. Sa stratégie prévoit de gagner dans le "Hawkeye State" pour ensuite frapper fort en Caroline du Sud, un autre Etat conservateur. Mais sans un bilan clairement orienté à droite, la victoire est très difficile à imaginer en Iowa.

 

Ainsi, il semble que si Gingrich veut remporter la nomination, il lui faudra récupérer les électeurs acquis à Romney, non ceux acquis à Cain. L'ancien gouverneur du Massachusetts étant actuellement à 40% d'intentions de votes dans le New Hampshire, qui vote en deuxième position, ce ne sera pas chose aisée. Au delà de cela, Gingrich manque d'une organisation solide dans les premiers Etats à voter, ainsi que d'un trésor de guerre conséquent, deux paramètres vitaux pour espérer bien figurer dans la course à l'investiture.

 


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12 novembre 2011 6 12 /11 /novembre /2011 09:41

http://media.syracuse.com/news/photo/2011-09-12-ap-gop-debatejpg-867cef000cc7a76c.jpg

Les huit principaux candidats républicains à Simi Valley (CA), le 7 septembre 2011 (Photo AP)

 

 

Deux semaines après les accusations de harcèlement sexuel émises contre Herman Cain, le soutien à l'ancien PDG de Godfather's Pizza commence à s'effriter. La nouvelle donne profite à Newt Gingrich, qui se hisse désormais à la hauteur de Cain, pendant que Perry lutte pour ne pas couler et que Mitt Romney peine à passer le cap des 25% d'intentions de vote.

 

Jusqu'à hier, la résistance de Cain dans les sondages était surprenante, étant donné le scandale dans lequel il est plongé. Mais plusieurs indicateurs montrent à présent que sa base de supporters est en train de se réduire. Selon CBS, les intentions de vote sont désormais de 18% pour Cain, contre 25% il y a quinze jours, juste avant que sa tourmente ne démarre. Dans plusieurs Etats-clés, notamment l'Iowa et la Caroline du Sud, le baromètre de Cain est à la baisse, un signe certain de la désaffection généralisée du public.

 

La fuite des électeurs jusqu'alors acquis à Herman Cain profite directement à Newt Gingrich. L'ancien président de la Chambre des représentants voit les intentions de vote en sa faveur augmenter nationalement et dans les Etats-clés dans la même proportion que se réduit le soutien à Cain. En Caroline du Sud, Gingrich passe de 8% à 19%, soit plus qu'un doublement. Ce rebond dans les sondages est plein de promesses pour Gingrich, car il a des effets collatéraux très intéressants : dans une interview, il confie avoir levé plus de fonds "ce mercredi que pendant tout le mois de juillet".

 

Jusqu'à présent, la course à la nomination a été dirigée par la lutte des militants contre l'establishment du parti, dont la figure de proue est le favori Mitt Romney. Plusieurs candidats ont incarné la passion des proches du Tea Party contre l'évidence que réprésente Romney, Herman Cain étant le dernier en date. Les chiffres de celui-ci pâlissant dans les sondages, tout le soutien se reporte sur Gingrich, très solide en débat, sans que Mitt Romney ne puisse étendre sa propre base de supporters.

 

Rick Perry, qui de par son importante réserve de fonds, semble être le candidat le plus solide pour empêcher le modéré Romney de fuir avec la nomination, enchaîne les gaffes. Le débat de mercredi, dans le Michigan, nous a offert le spectacle de l'un des plus grands ratés de toute l'histoire politique américaine à la télévision. Certains commentateurs n'ont pas hésité à parler de fin de campagne pour Perry. Hier soir, l'animateur du Daily Show, Jon Stewart, a fait passer un sale quart d'heure au gouverneur du Texas, comme il sait si bien le faire.

 

Pour tenter de se rattraper, Perry joue sur l'humour : il en a rajouté chez l'animateur David Letterman, jeudi soir, en énonçant une liste de dix excuses pour expliquer sa bourde dans le Michigan. Mais surtout, il joue sur les finances : son équipe a annoncé hier avoir acheté des publicités sur le réseau Fox News moyennant la somme d'un million de dollars. Avec la signature, hier encore, d'un contrat similaire en Caroline du Sud, il est le seul candidat à diffuser de la publicité dans les trois premiers Etats à voter, qui ont un poids immense dans la course à l'investiture.

 

Si on imagine que Perry, par miracle, arrive à remonter dans les sondages avant que son compte en banque ne soit dans le rouge, alors on pourrait avoir les trois candidats de la droite du parti, Cain, Gingrich et Perry, en position de force en Iowa. Cet Etat très conservateur s'exprimera le premier, le 3 janvier prochain. C'est le plus grand espoir de Romney, qui, stable à 25%, pourrait diviser les votes sur sa droite et remporter le "Hawkeye State" avant de faire la décision une semaine plus tard dans le New Hampshire, où il est le grandissime favori.

 

Le candidat mormon, en visite cette semaine dans l'Iowa, y a tourné lui aussi un clip de campagne. Ainsi, Romney est prêt, en cas de scénario serré ou d'attaque personnelle, à concurrencer ses adversaires sur les ondes de l'Etat. Preuve de l'hostilité de la droite du parti à son égard, un groupe ultraconservateur à lancé jeudi le site Internet NotMittRomney.com, destiné spécifiquement à barrer la route de l'ancien gouverneur du Massachusetts vers la Maison-Blanche.

 

Alors que les candidats se réunissent ce soir en Caroline du Sud pour débattre à la télévision nationale, Romney aura fort à faire pour contenir les attaques de ses adversaires. Cain, Gingrich et Perry doivent tous se montrer entreprenants, pour des raisons différentes, sous peine de laisser Romney, d'habitude impérial en débat, filer sans encombre vers la nomination du parti et un duel au sommet contre Barack Obama.

 


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10 novembre 2011 4 10 /11 /novembre /2011 06:08

http://images.politico.com/global/news/111109_gop_debate_1_reuters_328.jpg

Perry serre les poings pour marquer un argument à Rochester (MI), le 9 novembre 2011 (Photo Reuters)

 

 

De toute évidence, ce sera la seule et unique chose dont on se souviendra, dans quelques semaines, lorsque l'on évoquera le débat de novembre dans le Michigan. L'impressionnant trou de mémoire de Rick Perry, incapable de se souvenir du nom d'un programme fédéral, est venu confirmer aux électeurs la capacité du gouverneur du Texas à enchaîner les gaffes. Pendant ce temps-là, Herman Cain passe entre les gouttes et Mitt Romney se frotte les mains.

 

Les amateurs de débats virulents ont été déçus hier soir. Ce débat ressemblait beaucoup à ceux qui marquent habituellement le début de la campagne des primaires, qu'elles soient démocrates ou républicaines : consensuel et acerbe envers le parti qui tient la Maison-Blanche. Aucun candidat n'a tenté de profiter de l'affaire Cain, encore largement à éclaircir. Hier, il s'agissait plutôt de prendre la température avant d'aborder la dernière ligne droite.

 

Comme prévu, Herman Cain n'a pas échappé aux questions chaudes. L'occasion pour lui de se défendre avec vigueur, comme il l'a fait ces derniers jours, en niant toute accusation de harcèlement sexuel contre lui : "Le peuple américain mérite mieux que quelqu'un que l'on traîne devant la justice de l'opinion publique. Je tiens à mes convictions et à mon intégrité plus qu'à tout autre chose, et pour chaque personne qui émettra une fausse accusation, il y en a des milliers qui diront : 'Aucune activité de cette sorte n'a pu provenir d'Herman Cain'".

 

Ainsi, après 21 minutes de débat, Herman Cain s'était acquis les faveurs du public, qui a vivement applaudi sa réponse. Par la suite, il s'est contenté de jouer sur la défensive. Tout juste s'est-il aventuré à parler de Nancy Pelosi, la chef de la minorité démocrate à la Chambre des représentants, comme de la "Princesse Nancy". Des termes assez peu réfléchis pour quelqu'un qui est accusé de harcèlement sexuel, et sur lesquels il est publiquement revenu une fois le débat terminé.

 

Si le public était bien derrière un candidat, hier soir, c'était le local Mitt Romney. L'ancien homme d'affaires est né dans le Michigan et son père fut gouverneur de l'Etat de 1963 à 1969. A la manière des quelques mèches qu'il a laissé dépasser de sa coiffure habituellement impeccable, Romney s'est montré plus relâché lors de la joute répulicaine d'hier soir, la dixième de l'année. Encore une fois sérieux et calme, il a livré des réponses très convaincantes lorsqu'interrogé sur la crise italienne ou le plan de relance d'Obama. 

 

Pour ce qui est du reste de l'opposition aux candidats les mieux placés, seul Newt Gingrich s'est montré en bonne forme, toujours très critique à l'égard du président et des médias. Chose qui n'a pas plus à la modératrice de CNBC, avec laquelle il s'est engagé verbalement et de façon fort peu courtoise. Un sondage Rasmussen conduit hier en Floride le montre en troisième position, ce qui le place en embuscade au cas où Cain devait tomber sous les accusations, dans les jours à venir.

 

On retiendra peut-être le débat d'hier soir comme celui qui a formellement mis fin à la candidature de Rick Perry. Le Texan espérait confirmer son regain de forme et relancer sa campagne dans le Michigan. Son staff se plaisait à répéter qu'il avait un plan anti-Romney, contre lequel de vigoureuses attaques étaient prévues. De cela, il ne fut rien d'autre que la léthargie à laquelle Perry nous a habitués depuis maintenant six débats.

 

Le seul moment marquant de sa performance d'hier fut un vide complet de 43 secondes lors desquelles, en direct à la télévision nationale, Rick Perry a lutté pour se souvenir du nom d'une agence fédérale. "Je vais vous dire : il y a trois agences qui disparaîtront aussitôt que j'arrive [à la Maison-Blanche] : Commerce, Eduaction et... C'est laquelle, la troisième ? Voyons cela. [...] La troisième agence dont je me débarasserais serait l'Education, le... Commerce, et, voyons un peu... Je ne peux pas. La trosième, je ne peux pas se souvenir. Désolé. Oups."

 

Les frasques de Rick Perry et de Gingrich en débat, ainsi que celles de Cain en dehors, nous offrent de précieux enseignements sur l'état de la course, à défaut de nous fournir des luttes rhétoriques intenses. Romney est peut-être en train, débat après débat, d'annihiler tous les défauts que les électeurs républicains voient en lui depuis maintenant cinq ans. Comme le rapelle ce matin Roger Simon, du journal Politico : "Les républicains tombent sous le sens et les démocrates tombent amoureux". En 2008, les démocrates sont tombés amoureux de Barack Obama. Et à défaut d'une opposition crédible, dans deux ou trois mois, la nomination de Mitt Romney pourrait bien finir par faire sens pour les républicains.

 


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7 novembre 2011 1 07 /11 /novembre /2011 20:36

http://actualite.portail.free.fr/monde/05-09-2011/mitt-romney-a-la-rencontre-du-tea-party-en-vue-de-2012/mitt-romney-a-la-rencontre-du-tea-party.jpg

Mitt Romney s'exprime lors du Tea Party Express Tour à Concord (NH), le 4 septembre 2011 (Image Reuters)

 

 

Dans l'Etat-clé du New Hampshire, qui votera en deuxième position le 10 janvier prochain, Mitt Romney profite d'une avance écrasante dans les sondages. A maintenant deux mois du scrutin, la partie est-elle gagnée d'avance ?

 

Toute l'année, Mitt Romney a profité d'au moins 30% des intentions de vote dans le "Granite State". Selon un récent sondage CNN, l'ancien homme d'affaires y devançerait largement Herman Cain, par 40% contre 13%. Toujours selon CNN, le New Hampshire possèderait le nombre d'indécis le plus réduit des quatre premiers Etat à voter (Iowa, New Hampshire, Caroline du Sud et Floride), ce qui rend d'autant plus difficile tout retour des adversaires de l'ancien gouverneur du Massachusetts.

 

Ainsi, contrairement à l'Iowa, qui semble toujours hésiter sur le choix de son candidat préféré, le New Hampshire paraît dénué de tout suspense. Selon Mike Dennehy, un stratégiste qui mené les campagnes présidentielles de John McCain en 2000 et 2008 dans le "Granite State", Romney y fait toujours figure de "gorille de 400 kilos".

 

Le New Hampshire est un Etat capital dans la course à la nomination, car en arrivant en deuxième position, il contribue à fonder une dynamique médiatique qui, par le passé, a souvent écourté les primaires républicaines. En effet, si un favori émerge clairement après trois ou quatre Etats, les électeurs indécis des Etats suivants ont tendance à se rallier derrière lui. Ainsi, même si une infime minorité d'Etats ont voté, l'investiture est pour ainsi dire acquise.

 

Romney ne s'attend pas à gagner en Iowa, le 3 janvier prochain, et compte sur le New Hampshire pour mettre sa candidature sur de bons rails. Et pour le moment, aucun signe de semble montrer qu'il y soit en danger. Jon Huntsman, un autre candidat mormon et modéré, a jeté toutes ses forces dans le "Granite State" mais il ne parvient pas à y depasser les 10% d'intentions de vote.

 

Pourtant, toujours selon Mike Dennehy, la prudence est de mise car le New Hampshire "a rarement, si jamais, offert la victoire au candidat qui y est le favori". Selon de nombreux spécialistes, il est encore possible de priver Romney de la victoire en l'attaquant de front sur les thèmes qui sont chers à cet Etat du Nord-Est : l'économie et la réforme de la santé. Mais personne ne semble vouloir s'en prendre personnellement à l'ancien homme d'affaires sur ces sujets.

 

Outre les milliers de dollars, Romney aligne les soutiens dans le New Hamsphire. La semaine dernière, le populaire John Sununu, ancien gouverneur de l'Etat, a apporté publiquement son appui à la candidature de l'ancien gouverneur du Massachusetts. Mercredi, le charismatique gouverneur du New Jersey, Chris Christie, a organisé un meeting pour récolter des fonds au profit de la campagne de Romney.

 

Déjà candidat en 2008, Romney est connu des électeurs du New Hampshire depuis maintenant cinq ans qu'il visite très régulièrement l'Etat. Selon le New York Times, une telle accumulation de soutiens, à tous les niveaux du parti républicain du "Granite State", vaut désormais à Romney le sobriquet de "troisième sénateur de l'Etat".

 

La méticuleuse campagne de l'ancien homme d'affaires, loin de s'étendre au New Hampshire uniquement, est une méthode qui fait souvent recette lors des primaires présidentielles du parti républicain. Le fait d'être le seul candidat à avoir déjà connu une campagne présidentielle pourrait ainsi s'avérer décisif pour Mitt Romney. George W. Bush mis à part, tous les nominés du parti républicain depuis 1968 en étaient au moins à leur seconde campagne au niveau national. La tendance se confirmera-t-elle en 2012 ?

 


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7 novembre 2011 1 07 /11 /novembre /2011 19:17

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Mercredi soir, les candidats républicains prendront part à leur sixième joute en deux mois (Hanover, NH, 11 octobre 2011)

 

 

Les trois dernières semaines de campagne, bien que privées de débat, ont été bien chargées. La confrontation de ce soir, à Rochester (Michigan), inaugure une série de cinq rencontres qui mènera les prétendants républicains à la Maison-Blanche jusqu'aux caucus de l'Iowa qui, le 3 janvier, marqueront le début des primaires. Quels sont les enjeux auxquels les candidats devront faire face ?

 

Cela fait maintenant dix jours que les accusations d'harcèlement sexuel s'enchaînent contre Herman Cain, qui a pris la tête de nombreux sondages au cours du mois d'octobre. Pour le moment, même si son indice de favorabilité pâlit, ses chiffres ne s'érodent pas dans les consultations. Lundi, un sondage Washington Post/ABC News a même montré que la majorité des électeurs républicains ne croyaient pas que les allégations à l'égard de Cain étaient sérieuses.

 

Toutefois, il est d'ores et déjà acquis qu'Herman Cain ne pourra pas éviter les questions gênantes du modérateur du débat organisé par la chaîne CNBC. Cette dernière, bien qu'ayant prévu de privilégier les questions économiques, a déclaré via son porte-parole qu'il n'y aurait "aucune restriction". Reste à savoir si les adversaires de Cain aborderont le sujet pour tenter de mettre l'ancien PDG de Godfather's Pizza encore un peu plus en difficulté. 

 

Alors que les militants sont de plus en plus nombreux à attendre un mea culpa de la part de Cain, ses concurrents restent très prudents quant à la tactique à adopter. En fin de semaine dernière, Jon Huntsman et Newt Gingrich avaient déjà appelé Herman Cain à s'expliquer sur les faits qui lui sont maintenant reprochés par cinq femmes différentes. Hier, Mitt Romney est allé un petit peu plus loin en soulignant "l'importance de reconnaître qu'un certain nombre de femmes ont fait part d'un problème". "Les charges émises par ces femmes sont particulièrement dérangeantes, et elles sont sérieuses", a-t-il ajouté sur ABC News. 

 

Le scandale qui touche Herman Cain est une occasion pour Romney de montrer, lors du débat de ce soir, qu'il est bel et bien le favori des primaires. Pourtant, ses changements de positions, son passé de gouverneur d'un Etat progressiste, ainsi que sa religion mormone le rendent très impopulaire au sein de la droite chrétienne. Samedi dernier, l'organisation du Tea Party de Floride a déclaré la guerre à ce candidat "que l'establishment veut nous forcer à sélectionner".  

 

Selon Alex Castellanos, le manager de la campagne présidentielle de Romney en 2008, "son plus grand problème n'est pas la flexibilité de ses opinions, mais son actuel manque de passion". Ce soir, à défaut de passionner le public, l'objectif de Romney sera de montrer une fois de plus son assurance en débat. Comme les médias américains le soulignent depuis septembre, cette caractéristique fait de lui le candidat le plus présidentiable au milieu de candidats médiocres.

 

Ainsi, tout en jouant de la période trouble dans laquelle Herman Cain se trouve, Romney devra veiller à contenir les ardeurs de ses concurrents, qui savent qu'à moins de deux mois de l'Iowa, le temps est compté pour occuper le devant de la scène. Newt Gingrich aura à coeur de montrer ses talents d'orateur, déjà démontrés en septembre et en octobre. L'ancien président de la Chambre des représentants s'essaye à la même tactique que celle de John McCain en 2007, qui consiste à faire son comeback via de solides performances en débat.

 

Par ailleurs, Rick Perry doit à tout prix se faire remarquer pour stopper la fuite des électeurs qui le touche depuis maintenant un mois. Si cela passe par une attaque sommaire contre Mitt Romney, comme ce fut déjà le cas il y a trois semaines, le gouverneur du Texas n'hésitera pas à se lancer. Il lui faut impérativement remonter dans les sondages pour espérer bien figurer en Iowa et en Caroline du Sud, des scrutins qui lui étaient très favorables avant l'arrivée au sommet de Cain.

 

L'économie sera au centre des deux heures de débat ; a priori, cela avantage Mitt Romney, perçu comme très solide en la matière. Néanmoins, ce dernier n'aura pas la partie facile, car au fur et à mesure que les primaires s'approchent, ses adversaires vont se faire de plus en plus agressifs.

 


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5 novembre 2011 6 05 /11 /novembre /2011 06:32

http://www.washingtonpost.com/rf/image_606w/2010-2019/WashingtonPost/2011/11/03/National-Politics/Images/130195300.jpg

Mitt Romney signe le formulaire de l'Etat du New Hampshire pour officiellement s'y inscrire comme candidat à la présidence (Darren McCollester / Getty Images)


Alors que la plupart de ses concurrents sont en campagne dans l'Etat crucial de l'Iowa - ou bloqué(s) à Washington par un scandale - Mitt Romney reste focalisé sur l'économie, le thème central de la campagne de 2012. Jeudi soir, dans le New Hampshire, il présentait ses idées en matière de fiscalité lors d'un discours d'une vingtaine de minutes.

 

A ceux qui l'accusent d'être une "girouette" (flip-flopper) du fait des idées progressistes qu'il a défendues dans le passé, Mitt Romney a voulu envoyer un message : fiscalement, son bona fides conservateur n'a jamais était démenti. Son plan fiscal, basé sur des coupes budgétaires, a pour but d'"économiser, de simplifier, et de repenser le mode de gouvernement"

 

Avec une dette clossale qui est sur le point d'atteindre 15.000 milliards de dollars, Romney propose de commencer par couper 500 milliards dans le budget américain d'ici 2016. Sa cible privilégiée est le plan santé du président Obama, qu'il veut purement et simplement abolir, dès son premier jour à la Maison-Blanche.

 

Par ailleurs, les plans Medicare et Medicaid (respectivement pour les personnes âgées et pour les plus pauvres) ne sont pas en reste dans les projets de Romney. L'ancien gouverneur du Massachusetts compte transformer le premier en un système de coupons, à la manière des tickets de rationnement alimentaire, tandis qu'il compte rendre aux Etats la responsabilité de financer le second, de telle sorte que Washington n'en porte plus le poids.

 

Selon Romney, "Il y en a qui disent que vous n'avez pas de coeur quand vous proposez de réduire les fonds alloués à un programme. (...) Mais nous avons une responsabilité morale de ne pas dépenser plus que nous n'avons." En tant qu'ancien PDG, Romney est très crédible en matière économique auprès des Américains. Aux côtés de son épouse Ann, Romney s'exprime sans téléprompteur, s'appuyant simplement sur quelques notes "gribouillées dans la voiture en venant". Il a choisi de présenter son plan dans le New Hampshire, un Etat sur lequel il mise beaucoup pour le propulser vers la nomination républcaine.

 

Selon un récent sondage Washington Post/ABC News, Romney est en tête des intentions de vote avec 24%, Cain le talonnant à 23%. Hier, un sondage Reuters Ipsos révélait que Romney est le seul républicain capable de battre Barack Obama dans un an ; face au président, Herman Cain s'inclinerait de 5 points, et Rick Perry de 7.

 

Dans le New Hampshire, Romney est très largement en tête des sondages et y a récolté de très nombreux soutiens politiques. Le dernier en date est venu de l'ancien gouverneur républicain de l'Etat, John Sununu, présent hier aux côtés de Romney. Sununu a confié à l'audience : "Voilà un homme qui comprend qu'il ne s'agit pas juste de dire : 'Bon, il faudrait faire des économies'. Il sait que les décisions sont difficiles à prendre, et il sait comment les prendre".

 

La plus grande force de Romney apparaît ainsi être son expérience en matière économique. En effet, Michele Bachmann propose de fondamentalement modifier le code fiscal en vigueur, tandis que la méthode Perry pourrait quelque peu manquer de clairvoyance aux yeux des Américains : "Je vais aller à Washington avec une masse pour broyer ce système".

 

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4 novembre 2011 5 04 /11 /novembre /2011 05:47

http://www.washingtonpost.com/rf/image_606w/2010-2019/WashingtonPost/2011/11/02/Others/Images/2011-11-02/cain%2011_1320262561.jpg

Le candidat républicain Herman Cain à Washington, DC, le 2 novembre 2011  (Melina Mara/The Washington Post)

 

 

Malgré tous ses dénis depuis lundi, Herman Cain voit les révélations s'accumuler contre lui dans la presse. Si bientôt, il était avéré qu'il est effectivement coupable, dans l'affaire de harcèlement sexuel dans laquelle il est empétré, cela signifierait la fin des ses espoirs d'entrer à la Maison-Blanche. Au contraire, en cas de non-lieu, voire de coup monté, alors la popularité de Cain ne pourra que s'accroître.

 

Hier soir, le journal Politico dévoilait deux nouveaux éléments de l'affaire. Tout d'abord, la deuxième employée concernée aurait touché 45.000 dollars d'indemnité de départ, en l'échange de son silence sur les faits. Soit bien d'avantage que les "deux ou trois mois de salaire" dont Cain avait accepté de reconnaître le versement lundi après-midi.

 

Surtout, Politico révèle que six sources s'accordent à dire que Herman Cain aurait fait des "propositions à caractère ouvertement sexuel" à l'une des employées, alors âgée de trente ans au moment des faits. Celle-ci aurait confié à l'une des sources : "Elle a comme perçu que son emploi serait en danger si elle ne le faisait pas". L'employée serait allée se plaindre directement à l'équipe dirigeante de la National Restaurants Association, dont le chef n'était alors nul autre que le PDG Herman Cain lui-même.

 

Ce vendredi, les avocats de l'ancienne employée, victime présumée de harcèlement sexuel, annonceront si, oui ou non, la plaignante émettra un communiqué à la presse pour clarifier sa version des faits. En attendant, la défense de Cain continue d'accuser Rick Perry d'avoir porté l'affaire à l'attention de Politico afin de nuire à sa campagne. Depuis fin septembre, Cain a ravi à Perry le statut de favori des sondages que le gouverneur du Texas détenait depuis août.

 

Pour le moment, les électeurs semblent accorder le bénéfice du doute à Herman Cain. L'équipe dirigeante de sa campagne présidentielle a annoncé avoir récolté 1,2 million de dollars depuis dimanche dernier, date à laquelle Politico a dévoilé l'affaire. Surtout, les chiffres de Cain dans les sondages ne vacillent pas. Selon l'institut Rasmussen, il est toujours en tête, avec 26% des intentions de vote, contre 23% à Mitt Romney et 8% à Perry. Newt Gingrich s'intercale à 14%, confirmant son regain de forme actuel.

 

Si la pluie de révélations, depuis quatre jours, pourrait encourager Cain à penser à mettre fin à son effort présidentiel, le soutien constant de ses électeurs potentiels le pousse à garder un cap fixe. Son porte-parole J.D. Gordon déclarait hier, en toute confiance : "Je crois que cela va passer". Ses supporters, sur les blogs affiliés au parti républicain, confient ne pas croire en l'affaire de Politico, qui selon eux n'a pour le moment apporté aucun élément concret.

 

Les accusations sont un véritable tournant pour la candidature d'Herman Cain. A moins de deux mois des premiers scrutins en Iowa, sa campagne peut être balayée tout comme, dans le cas inverse, elle peut ressortir renforcée de la toumente qui s'abat sur elle. Comme Krissah Thompson et Sandhya Somashekhar, du Washington Post, le font valoir, les groupes de soutien à Cain attirent l'attention comme jamais, et notamment dans les Etats-clés s'exprimant les premiers dans le processus des primaires.

 

Pour l'heure, Cain ne semble pas vouloir modifier son programme d'apparitions dans les médias, même si de hauts cadres du parti de l'éléphant l'encouragent fortement à se mettre en retrait pendant quelques jours. Cet acharnement à se surexposer aux médias révèle-t-il que Cain n'a rien à se reprocher, ou bien est-il le signe que l'ancien homme d'affaires a l'intention de se défendre contre des accusations qu'il sait fondées ?

 


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1 novembre 2011 2 01 /11 /novembre /2011 20:46

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Herman Cain à Washington, DC, le 31 octobre 2011 (Photo AP)

 

 

En concédant aux médias, heure après heure, de nouvelles révélations sur les faits de harcèlement sexuel qui lui sont reprochés, le candidat républicain à la présidentielle de 2012 joue avec le feu. En tête des sondages depuis quelques jours, Cain pourrait voir sa cote de popularité dégringoler d'un coup d'un seul, et avec elle, l'espoir naissant que ce novice suscitait de remporter la nomination du parti de l'éléphant.

 

Le journal Politico, dimanche soir, annonçait le comportement déplacé qu'aurait eu Cain envers deux de ses employées à l'Association Nationale des Restaurants (National Restaurants Association, NRA) dans les années 1990. Alors PDG du groupe, Herman Cain aurait négocié avec les deux femmes un départ à l'amiable, moyennant finances, en l'échange de quoi personne n'évoquerait les faits à l'avenir.


Seulement, Politico affirme aujourd'hui être en possession du nom des deux femmes, confirmé par une petite dizaine de sources souhaitant rester dans l'anonymat. Le journal affirmait hier qu'il détenait les informations depuis dix jours ; après avoir pressé l'équipe de campagne de Cain de s'expliquer sur l'affaire, en vain, Politico a décidé de dévoiler les faits au public (voir article précédent).

 

Répondant aux questions des médias, de show en show, lundi et mardi, Herman Cain a changé sa version des faits à de nombreuses reprises. Lundi, il martelait qu'il ne s'était rien passé à la NRA en 1996 ; mardi, il a confié à Fox News "vaguement se souvenir" d'avoir simplement comparé la taille d'une employée à celle de son épouse Gloria, qui lui arrive "en dessous du menton", ainsi que "deux ou trois autres choses". Hier, il affirmait de pas être au courant d'un arrangement financier avec les deux employées, quand aujourd'hui, il avouait l'existence d'un accord se chiffrant en "milliers de dollars".

 

Sans évoquer la France, les Etats-Unis ont eu leur lot de scandales politiques relatifs aux bonnes moeurs en 2011. L'hiver dernier, le sénateur du Nevada John Ensign, un républicain, avait dû démissionner après qu'il fut découvert qu'il entretenait une relation extra-conjugale. En juin 2011, le représentant Anthony Weiner (D-NY) avait dû renoncer à son poste suite à la publication de photos très suggestives de lui sur son compte Twitter.

 

L'affaire Cain n'est pas sans rappeler celle de Bill Clinton qui, déjà en 1992, avait paniqué lorsqu'il lui avait été reproché d'avoir esquivé son service militaire dans les années 1960. A l'époque, Clinton avait présenté trois versions différentes au public américain pour expliquer son refus de remplir son service aux forces armées de la nation.

 

Après avoir envoyé son porte-parole au front, puis s'être expliqué lui-même devant les médias, Herman Cain a laissé entendre que sa femme Gloria pourrait s'exprimer sur l'affaire sur Fox News, en fin de semaine. Sa référence à la classique "chasse aux sorcières" pour critiquer le comportement des médias montre que l'ancien PDG de Godfather's Pizza est dépassé par les événements.

 

Cela arrive au plus mauvais moment pour Cain, puisqu'il était parvenu à se hisser en tête des intentions de vote au niveau national en seulement quelques semaines. Avec Romney qui reste impassible, Perry qui revient lentement dans la course et Newt Gingrich qui promet qu'"il s'imposera par une marge plus qu'impressionnante", Herman Cain a décidement tout à perdre dans l'affaire de la NRA.

 


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1 novembre 2011 2 01 /11 /novembre /2011 06:51

http://www.washingtonpost.com/rf/image_606w/WashingtonPost/Content/Production/Blogs/the-fix/Images/Gingrich_2012_0e53c.jpg?uuid=-jDRvP88EeCx1QVDo8y5Ag

Newt Gingrich à Dallas (TX), le 20 octobre 2011. (AP Photo/Tony Gutierrez)


 

L'ancien président de la Chambre des représentants (Speaker) a vu sa campagne exploser à l'été 2011 parce que sa femme s'est servi des fonds récoltés pour s'acheter des bijoux. Après cinq performances solides en débat, Gingrich commence lentement à sortir la tête de l'eau.

 

Callista Gingrich, l'épouse de l'ancien speaker, a non seulement disposé des fonds de campagne de son mari à hauteur de 500.000$ en mai-juin 2011, mais elle a durablement contribué à la léthargie de son effort présidentiel. Après avoir très tôt acquis le statut de nominé potentiel, en mars 2011, Gingrich a vu sa campagne plonger dans la dette et son staff le quitter en masse en juillet dernier.

 

Toujours dans l'ombre de Romney, impérial en débat en ce début d'automne, Gingrich a profité des perfomances très moyennes de Perry et de Bachmann pour se refaire une santé. Cette stratégie de l'"adulte-dans-la-pièce", telle qu'elle est surnommé par les journaux américains, lui a permis de lever un million de dollars pour le mois d'octobre seulement.

 

L'argent étant le nerf de la guerre, les effets se sont rapidement fait sentir dans les sondages. Selon la dernière consultation du New York Times et CBS News, Gingrich serait placé en troisième position au niveau national si les primaires commençaient demain. Avec 10% des intentions de votes, il reste derrière Cain (25%) et Romney (21%), mais devance Perry (6%) et Bachmann (2%).

 

Une telle trajectoire n'est pas sans rappeler celle de John McCain, vainqueur des primaires républicaines de 2008 et candidat malheureux à la Maison-Blanche quelques mois plus tard. Lui aussi a dû affronter la désertion de son équipe de campagne à l'été 2007, avant de progressivement remonter la pente lors des débats de l'automne. Sa victoire dans le New Hampshire, où il s'était déjà imposé en 2000, l'a ensuite propulsé vers l'investiture du parti de l'éléphant en moins de deux mois.

 

La campagne présidentielle de 2012 étant la première de Gingrich, il ne pourra pas compter sur les mêmes armes que McCain. Cependant, son statut d'ancien Speaker et son attache dans les Etats du Sud - il a représenté la Géorgie à la Chambre pendant deux décennies - pourraient lui être utiles pour freiner un candidat comme Perry, qui vient du Texas, ou comme Cain, qui y jouit d'une popularité très importante. 

 

Surtout, l'"affaire Cain" qui vient d'éclater ravive ses espoirs de prendre la place de l'ancien PDG de Godfather's Pizza comme le "candidat anti-Romney N°1". Si les supporters conservateurs de Cain devaient changer d'avis et passer outre les trois mariages de Gingrich, alors l'ancien Speaker pourrait profiter d'une dynamique très prometteuse à deux mois des premiers scrutins. Un scénario déjà connu en 2008, semble-t-il.

 


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