6 mars 2012 2 06 /03 /mars /2012 08:44

http://www.csmonitor.com/var/ezflow_site/storage/images/media/content/2012/3-5-12-mitt-romney-in-ohio/11921609-1-eng-US/3-5-12-Mitt-Romney-in-Ohio_full_600.jpg

Mitt Romney fait campagne de façon intensive dans l'Ohio dans le but de mettre fin aux espoirs d'investiture de Rick Santorum (Photo Reuters / Brian Synder)

 

 

Le suspense n'est pas intense à la veille des résultats du Super Tuesday : Mitt Romney va l'emporter. Que ce soit en termes d'Etats remportés, de vote populaire ou de délégués, les adversaires de l'ancien gouverneur du Massachusetts n'ont qu'une chance infime de devancer le favori du GOP (Grand Old Party). Si, du fait du nombre relativement réduit de délégués en jeu aujourd'hui, il est mathématiquement impossible que Romney remporte la nomination, ce Super Tuesday va pourtant être crucial pour souligner les limites de ses rivaux.

 

Pour le Super Tuesday d'aujourd'hui, 437 délégués au travers de 10 Etats seront en jeu ; sera considéré comme grand vainqueur de cette journée spéciale le candidat qui parviendra à réunir au moins cinq Etats et 219 délégués. A l'examen du rapport de forces Etat par Etat, Romney a de bonnes chances de triompher de ses adversaires. Les raisons en sont connues : Romney est le mieux organisé, il possède plus d'argent et surtout, il a le vent dans le dos après sa série de quatre victoires au cours des quatre dernières semaines (Maine, Michigan, Arizona et Washington).

 

Le plus gros Etat, en termes de délégués, qui sera en jeu aujourd'hui est la Géorgie (76 délégués). Pourtant, la compétition est loin d'y faire rage : Newt Gingrich, qui a représenté le "Peach State" pendant une trentaine d'années au Congrès, joue à domicile et possède une avance plus que confortable sur Romney et Santorum.

 

Si le suspense est absent de la primaire de Géorgie, elle est néanmoins très utile pour montrer les limites de Gingrich, tout autant qu'elle révèle au grand jour la stratégie de Romney. En perte de vitesse depuis la mi-janvier, Gingrich a dû se rabattre sur un seul Etat pour assurer la survie de sa campagne... Ce qui le prive néanmoins de tout espoir de remporter l'investiture. Quant à Romney, même sachant ses chances très limitées de remporter le "Peach State", il sait qu'il est capable de remporter une bonne poignée de délégués aux dépens de Gingrich et a placé ses pions sur la riche banlieue sud d'Atlanta.

 

Cette focalisation sur les délégués plutôt que sur les victoires à proprement parler est, au regard du calendrier, assurément la bonne méthode à adopter. La force de Romney réside dans le fait que même si ses adversaires voulaient adopter la même tactique dans d'autres Etats, ils ne le pourraient tout simplement pas, faute de moyens. Ainsi, si Romney perdra sans doute deux ou trois Etats lors du Super Tuesday, il est d'ores et déjà assuré de ne pas perdre de terrain en termes de délégués.

 

Bien qu'il n'accorde que 66 délégués, le gros prix de cette journée sera sans aucun doute l'Ohio. La victoire dans le "Buckeye State" est psychologiquement importante, l'Ohio étant le faiseur de roi des élections américaines depuis plus de quarante ans. Romney et Santorum s'y livrent une lutte acharnée ; une victoire du premier lui assure plus ou moins l'investiture de facto, tandis que le second y voit l'ultime espoir de relancer sa campagne avant les scrutins de mars.

 

Dans l'Ohio, l'avantage va à Romney, qui attire vers sa candidature tous les électeurs indécis soucieux de se rallier derrière l'homme dont ils pensent qu'il va gagner l'investiture. Pour ne rien arranger au déficit de popularité de Santorum, il devra renoncer à remporter 18 des 66 délégués de l'Ohio, son équipe n'ayant pas rempli les conditions d'inscription exigées par les autorités du "Buckeye State".

 

Sa seule chance de ne pas être hors-sujet lors de ce Super Tuesday sera donc de remporter les deux Etats du Sud dans lesquels Romney ne peut que difficilement prétendre à la victoire. Dans le Tennessee (58) et dans l'Oklahoma (43), il occupe la première place dans les sondages mais voit revenir Newt Gingrich à la dernière minute. Si Gingrich devait remporter la Géorgie, le Tennessee et l'Oklahoma, alors Santorum perdrait l'étiquette d'"anti-Romney N°1".

 

Par ailleurs, trois Etats tiennent aujourd'hui des caucus : l'Alaska (27), le Dakota du Nord (28) et l'Idaho (32). Si Romney est favori pour y remporter la victoire, une surprise est toujours possible ; en effet, ces Etats n'ont fait l'objet d'aucun sondage. Ron Paul, qui a montré une force véritable dans les caucus jusqu'à présent, compte tirer son épingle du jeu et remporter sa première victoire dans ces primaires.

 

Deux Etats sont assurés de figurer dans la colonne des victoires de Romney : le Massachusetts (41), son Etat d'attache, et le Vermont (17), un Etat du Nord-Est fort peu susceptible d'adhérer à la rhétorique ultra-conservatrice de Santorum ou Gingrich. La domination de Romney y est telle que, même en dépit de la semi-proportionnelle qui y est en vigueur, il peut espérer y remporter la totalité des délégués mis en jeu.

 

Enfin, la Virginie (46 délégués) est un cas à part puisque seul Ron Paul et Mitt Romney auront leur nom sur les bulletins de vote. Rick Santorum et Newt Gingrich ont en effet failli dans la tâche imposée par les autorités du "Old Dominion" de soumettre au moins 10.000 signatures de militants : un signe de leur organisation très bancale qui pourrait permettre à Romney de remporter la totalité des délégués en jeu en Virginie.

 

Ce dernier exemple montre parfaitement les limites des adversaires de Romney. Le rôle du Super Tuesday 2012 ne sera pas, contrairement à celui de 2008, de couronner définitivement le champion du GOP ; néanmoins, elle sera un nouveau coup sévère infligé aux espoirs de la droite du parti de prendre l'ascendant sur le candidat de l'establishment. La mesure de ce choc reste encore à être déterminée par les résultats de demain matin.

 

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29 février 2012 3 29 /02 /février /2012 06:01
http://images.politico.com/global/2012/02/120228_romney_speech_reuters_328.jpg
Romney annonce sa victoire à ses supporters à Novi (MI), aux côtés de son épouse Ann (Photo Reuters)

Sur le fil, Mitt Romney a remporté hier la primaire du Michigan aux dépens de Rick Santorum, par 41% contre 38%. L'ancien gouverneur du Massachusetts s'est également imposé de plus de vingt points dans l'Arizona (47% contre 26% à 81% du dépouillement effectué) et remporte la totalité des vingt-neuf délégués mis en jeu dans l'Etat. Mitt Romney s'assure ainsi un avantage psychologique à six jours du Super Tuesday, lors duquel 10 Etats et 437 délégués seront en jeu en même temps.

Plus que la bataille des chiffres, Mitt Romney a remporté une bataille psychologique qui pourrait être décisive dans la guerre que les républicains se livrent pour la nomination présidentielle de leur parti. Quelques heures avant le scrutin, tout était joué en Arizona, où Mitt Romney était annoncé largement favori. Mais la lutte faisait rage dans le Michigan, où Rick Santorum et l'ancien homme d'affaires ont massivement investi dans l'espoir d'infliger une défaite symbolique à leur adversaire à la veille du capital Super Tuesday du 6 mars.


Pour Romney, le résultat n'est pas décisif sur le bilan comptable : après tout, il ne s'est imposé que de trois points sur ses propres terres car il avait affaire à forte partie en la personne de Rick Santorum. L'ancien sénateur de Pennsylvanie, avec raison, a tout misé sur son passé de grand défenseur de la cause col-bleu dans un Etat qui comporte une forte minorité de "démocrates reaganiens". Mais encore une fois, le fait que Romney aie si durement bataillé pour l'emporter "à domicile" ne rend sa courte victoire que plus prestigieuse aux yeux des médias, et subséquemment, des électeurs.

Pour ce qui est des délégués, la proportionnelle en vigueur dans le Michigan rend le décompte relativement serré : Romney devrait se voir attribuer 17 délégués, contre 13 à Santorum. Dans l'Arizona, qui attribue ses délégués selon le système "winner takes all" ("tout au vainqueur"), l'avantage de Romney est sans appel : le candidat mormon remporte la totalité des 29 délégués en jeu dans l'Etat. 


Un Etat comptera plus que les autres le 6 mars : l'Ohio, qui au-delà de ses 66 délégués, possède surtout une image de faiseur de roi, à l'échelle du parti comme à l'échelle nationale. Le "Buckeye State" est caractérisé par la fameuse maxime "As goes Ohio, so goes the country/party" ("Le parti/le pays se fie toujours à l'Ohio"). Surtout, l'Ohio possède une identité démographique très semblable au Michigan : le scrutin d'hier est en bon indicateur du rapport des forces en présence.

Avant les échéances de mardi, reste une étape à franchir : l'Etat de Washington (nord-ouest) tient ses caucus ce samedi et attribue 43 délégués à la Convention nationale républicaine du mois d'août. Romney devra confirmer, dans les dix jours à venir, qu'il a la carrure pour éviter un nouveau retour en force de ses adversaires conservateurs pour définitivement s'imposer comme le leader du parti de l'éléphant pour l'élection de novembre.

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27 février 2012 1 27 /02 /février /2012 18:40

http://img.src.ca/2012/02/22/635x357/AFP_120222_852za_santorum-romney-debat_sn635.jpg

Mercredi dernier, lors du débat de Mesa (AZ), Mitt Romney a semblé prendre le dessus sur Rick Santorum ; en sera-t-il de même aujourd'hui dans le Michigan ?

 

 

Aujourd'hui, 59 délégués sont en jeu dans le Michigan et l'Arizona : il s'agit du plus grand nombre de délégués attribués le même jour depuis le début des primaires républicaines. Si Romney part largement favori dans l'Arizona, le suspense plane quant au résultat de la primaire du Michigan. Le "Wolverine State", pour de nombreuses raisons, est d'une importance capitale dans la course à la nomination. Il ouvre aussi un mois de mars lors duquel 823 délégués seront en jeu, au cours de scrutins qui vont s'enchaîner très rapidement les uns après les autres.

 

Les derniers sondages montrent que la situation est très serrée dans le Michigan. Selon la moyenne des derniers sondages établie par le site RealClearPolitics, Romney serait en tête d'un point et demi, soit bien en dedans de la marge d'erreur de toutes les consultations effectuées depuis dix jours. Plus intéressant pour l'ancien gouverneur du Massachusetts : au contraire de Rick Santorum, il semble sur la pente ascendante après sa bonne prestation lors du débat de mercredi dernier.

 

Pour l'ancien sénateur de Pennsylvanie, une victoire sur les terres de Mitt Romney serait assurément un "gros coup". Romney, il y a trois semaines de cela, faisait figure de favori inconstestable dans le Michigan, un Etat dans lequel il a grandi et pour lequel son père, George Romney, a été gouverneur dans les années 1960. Rick Santorum, misant sur ses liens avec la communauté col-bleu très présente dans son Etat d'attache ainsi que dans le Michigan, a décidé de disputer l'Etat à Romney ; les derniers sondages lui donnent amplement raison.

 

La victoire dans le Michigan est capitale car elle lance une série de scrutins importants au mois de mars. Le point culminant, le tournant de cet enchaînement sera sans conteste le Super Tuesday du 6 mars, lors duquel 10 Etats et 437 délégués seront en jeu en même temps. Les deux scrutins de demain - sans oublier l'Etat de Washington ce samedi - font office de rampe de lancement vers le Super Tuesday, d'où la lutte acharnée que se sont livrés Romney et Santorum au cours des derniers jours.

 

Lors du Super Tuesday, un Etat en particulier comptera davantage que les autres : l'Ohio, avec ses 66 délégués, est toujours un très bon indicateur du rapport des forces en présence, à la fois lors des primaires et lors de l'élection générale. Démographiquement, sa composition est relativement similaire à celle du Michigan, d'où le fait que le vainqueur aujourd'hui partira avec un avantage conséquent le 6 mars. Ainsi, si Rick Santorum y est pour le moment leader dans les sondages, une victoire de Romney dans vingt-quatre heures pourrait tout relancer.

 

Après le Super Tuesday, le leader n'aura pas forcément une avance considérable en termes de délégués, en partie parce que ceux-ci sont majoritairement distribués à la proportionnelle avant le 1er avril. Plus que les chiffres donc, c'est le symbole de la victoire qui compte, l'étiquette de leader étant un atout majeur lorsque les primaires s'enchaînent vite les unesaprès les autres. Elle permet notamment de rallier les électeurs indécis qui tendent toujours à voter pour celui dont ils savent qu'il peut gagner.

 

Cet enjeu psychologique en dit long sur l'importance du Michigan pour les candidats : il s'agit de ne pas trébucher en prenant le premier barreau de l'échelle. Mitt Romney et ses comités de soutien ont investi en masse en negative advertising (publicités négatives critiquant les candidats adverses), quoique dans une proportion bien moindre qu'en Floride, un signe que Romney cherche déjà à économiser ses forces. Dans les sept jours à venir, il lui faudra gagner le Michigan et le Super Tuesday pour sortir du statut de favori par défaut.

 

En effet, il ne faut pas s'y tromper : Romney a beaucoup plus à perdre d'une défaite dans le Michigan parce qu'il "joue à domicile" et qu'il a encore clamé hier qu'il croyait en sa victoire. Une défaite dans son Etat de naissance en dirait long sur sa capacité à rassembler le parti, déjà largement menacée au cours des dernières semaines. Mais pour rassembler son parti, il est clair que Romney doit arrêter le negative advertising et proposer une approche plus souveraine, ce qu'il n'a pas été en mesure de faire jusqu'à présent.

 

En sortant du Michigan, l'enjeu sera double pour le vainqueur. Premièrement, il s'agira de se montrer plus rassembleur, changer de style de campagne, pour remporter les primaires. Surtout, deuxièmement, il faudra pour le leader républicain agir de la sorte pour unifier son parti en vue de l'élection générale. En tout état de cause, une primaire longue et destructrice entre les candidats, comme elle l'est actuellement, ne fait pas les affaires du parti de l'éléphant pour novembre.

 

Les sondages indiquent déjà qu'Obama semble prendre l'avantage dans de nombreux swing-states, ces Etats indécis qui décident du nom du président américain lors de l'élection générale. Selon une enquête menée hier par Politico, Barack Obama est avantagé par la tournure de la primaire républicaine, qui en durant, lui permet d'affaiblir les ressources de son futur adversaire tout autant qu'elle lui permet d'économiser les siennes.

 

Tel est l'enjeu, au fond, des résultats du Michigan : donner enfin un favori clair aux républicains, le parti de l'éléphant espérant que celui-ci scelle la nomination, au moins de façon psychologique, grâce à une victoire nette lors du Super Tuesday. Mais le scénario très serré qui s'annonce dans le Michigan, ainsi que le nombre relativement faible de délégués en jeu mardi prochain permettront-ils à Romney ou Santorum de le faire ? 

 

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20 février 2012 1 20 /02 /février /2012 11:12

Les quatre candidats encore en lice pour décrocher l'investiture républicaine en débat, le 24 janvier dernier en Floride (Photo Joe Raedle/Getty Images)


 

Ce soir à Mesa, dans l'Arizona, les quatre candidats républicains se retrouveront pour leur vingtième joute télévisée depuis juin 2011, un mois après leur dernière apparition commune. Les débats ont jusqu'à présent eu une influence considérable sur les résultats des primaires, et à une semaine des scrutins du Michigan et de l'Arizona, l'échéance de ce soir est un virage à ne pas manquer. Ces deux Etats donneront une première indication du rapport de forces à l'orée du Super Tuesday du 6 mars.

 

Le favori par défaut, Mitt Romney, est actuellement rattrapé par son statut alors que la course se précise. Peinant à séduire la base conservatrice du Parti républicain jusqu'à présent, il est sous la menace de Rick Santorum, qui a remporté trois victoires retentissantes dans le Colorado, le Minnesota et le Missouri le 7 février. Santorum a su profiter de l'espacement entre les scrutins et de choix stratégiques judicieux pour se refaire une santé et prendre l'avantage sur Romney et Gingrich.

 

L'enjeu du débat de ce soir est donc de déterminer si, premièrement, Romney peut conserver sa stature de leader, voire la conforter, et, dans un deuxième temps, de voir si Santorum sera capable de menacer directement Romney ou bien si, par défaut, il ne pourra qu'évincer définitivement Newt Gingrich de la place d'"opposant anti-Romney N°1". 

 

Le débat de Mesa est une occasion en or pour Santorum, qui est en mesure de porter un coup sévère à Romney dans le Michigan et l'Arizona. Dans ces deux Etats, l'ancien homme d'affaires était considéré comme favori, mais les derniers sondages montrent qu'ils pourraient lui échapper. En particulier, le Michigan est un Etat que Romney se doit de gagner, puisqu'il y est né. Déjà Gingrich et Santorum ne manquent-ils pas de souligner combien le leader serait affaibli s'il ne parvenait pas à l'emporter sur ses propres terres.

 

En somme, les primaires de mardi prochain sont la dernière occasion pour Santorum de frapper un grand coup avant le Super Tuesday du 6 mars. Ce jour-là, 10 Etats et 437 délégués seront en jeu, ce qui établira sans doute une hiérarchie fixe entre les candidats. En fonction des résultats de mardi prochain, Santorum pourrait émerger en position de leader après le Super Tuesday, tout comme il pourrait être rélégué à la troisième place.

 

L'ancien sénateur de Pennsylvanie, après ses trois victoires du 7 février, se trouve dans la même position que Gingrich après sa victoire en Caroline du Sud, le 21 février : une victoire en Floride assurait à Gingrich d'émerger comme le favori des primaires aux dépens de Romney, tandis qu'une défaite marquait un coup d'arrêt sévère dans sa campagne. Ciblé par 16 millions de dollars de publicités négatives de la part de Romney et de ses comités de soutien, Gingrich a donc fini par perdre sa place d'"anti-Romney" au profit de Santorum.

 

Mais en cas de mauvaise performance de Santorum, Newt Gingrich reste à l'affût. Sa stratégie est très risquée, puisqu'il a décidé de faire l'impasse sur le Michigan, l'Arizona et l'Etat de Washington (Nord-Ouest, qui vote le 3 mars) pour jeter toutes ses forces sur les Etats du Sud qui votent le 6 mars. Parmi eux, la Géorgie, son Etat d'attache, mais aussi le Tennessee et l'Oklahoma, dans lequels les sondages le montrent plutôt favori.

 

Pour autant, Gingrich doit veiller à ne pas laisser Santorum lui prendre trop de terrain dans l'esprit des électeurs conservateurs, car cela pourrait nuire à ses objectifs du 6 mars. L'ancien Speaker misant toutes ses forces ce jour-là, une contre-performance signifierait sans doute la fin de sa campagne. Ce soir, sa cible principale sera donc Rick Santorum ; reste à savoir comment Gingrich pourra s'y prendre pour attaquer Santorum sur sa droite et regagner les coeurs des électeurs conservateurs.

 

Les primaires américaines sont une question d'enchaînement et de momentum : le débat de ce soir inaugure une cascade de rendez-vous très importants qui, tour à tour et de façon très rapprochée, nous permettront d'y voir plus clair dans la hiérarchie des candidats. A Mesa, il sera important de ne pas manquer le premier virage pour éviter la sortie de piste.

 

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8 février 2012 3 08 /02 /février /2012 06:20

http://www.washingtonpost.com/rf/image_606w/WashingtonPost/Content/Blogs/election-2012/Images/2012-02-08T041504Z_01_STL04_RTRIDSP_3_USA-CAMPAIGN-SANTORUM.jpg?uuid=UeL_UFIUEeG9T4p9U_bWwg

A la différence de celle de Mitt Romney, la soirée de Karen et Rick Santorum fut très bonne hier (Photo AP)

 

 

Hier soir, Rick Santorum a créé la surprise en s'imposant dans les trois scrutins dans le Colorado, le Minnesota et le Missouri. L'ancien sénateur de Pennsylvanie totalise maintenant plus de victoires que quiconque dans ces primaires - malgré un déficit toujours important en termes de délégués. Les résultats d'hier soir sont une massive contreperformance pour Mitt Romney, tandis que Newt Gingrich perd son statut de numéro deux. Quelle sera l'influence de ce retournement de situation sur la suite de la course ?

 

Après deux larges victoires en Floride et dans le Nevada, Mitt Romney s'avançait vers les scrutins de février (Colorado et Minnesota hier, Maine samedi, Arizona et Michiagn dans trois semaines) comme le grandissime favori des primaires républicaines. Un statut qu'il possédait déjà après sa victoire dans le New Hampshire, mais qui a été mis à mal par la victoire à l'arrachée de Newt Gingrich, dix jours plus tard en Caroline du Sud.

 

Ici, le scénario est peu ou prou similaire : Mitt Romney n'arrive tout simplement pas à faire la différence de façon décisive. La campagne de Gingrich étant en perdition, les électeurs républicains s'en remettent à Santorum pour incarner l'alternative au "mormon modéré du Massachusetts", Mitt Romney. C'est le principal message des trois scrutins d'hier soir.

 

Les sondages montraient que Rick Santorum avait toutes ses chances dans le Minnesota et dans le Missouri - qui a tenu des primaires simplement consultatives. Se sachant battu en Floride et dans le Nevada, Santorum a fait le choix de laisser Romney crucifier Gingrich et s'est rapidement tourné vers les scrutins d'hier avec pour but de relancer sa campagne. Un choix gagnant pour l'ancien sénateur de Pennsylvanie.

 

En revanche, sa victoire dans le Colorado est beaucoup plus importante, car c'est un Etat qu'il a littéralement arraché des mains de Mitt Romney. L'ancien homme d'affaires s'y était imposé avec 60% des voix il y a quatre ans ; ces derniers jours, il avait concentré ses efforts sur le "Centennial State", misant sur la forte minorité mormone présente dans l'Etat pour de nouveau lui apporter une large victoire. Romney est finalement battu de cinq points par Santorum, 40,2% contre 34,9%.

 

"La cause conservatrice est vivante et semble même se porter très bien dans le Missouri et dans le Minnesota", réagissait hier l'ancien sénateur de Pennsylvanie. "Je suis là pour incarner l'alternative conservatrice à Barack Obama (...) Il me semble que le Minnesota va changer l'optique de la course à l'investiture ce soir".

 

Sa victoire dans le Minnesota apporte à Santorum 17 délégués (6 pour Romney), tandis que celle dans le Colorado lui en apporte 13 (12 pour Romney). Sa victoire dans le Missouri est importante psychologiquement et médiatiquement, mais sur le plan mathématique, elle ne lui apporte aucun délégué. C'est seulement le 17 mars que le Missouri tiendra des caucus qui décideront de l'allocation des représentants de l'Etat à la convention républicaine de la fin août.

 

Battu sèchement hier soir, le camp Romney tentait hier soir de relativiser l'impact des résultats sur la suite de la course, notamment en insistant sur le fait que le Missouri n'était qu'un "concours de beauté". Le grand perdant de la soirée est sans aucun doute Gingrich, qui a très peu fait campagne dans les Etats ayant voté hier soir. Il a passé le plus clair des cinq derniers jours à rassurer les médias sur sa stratégie : frapper fort lors du Super Tuesday (6 mars), lors duquel plusieurs Etats du Sud - son point fort - voteront (Tennessee, Oklahoma, Géorgie). Hier soir, l'ancien Speaker était présent à un meeting dans l'Ohio, qui votera lui aussi le 6 mars.

 

Au regard de la performance de Santorum, il est légitime de dire que les cartes sont aujourd'hui rebattues. Pour autant, la course n'est pas relancée car Romney reste le favori : il possède toujours une soixantaine de délégués d'avance sur Gingrich et Santorum. Les scrutins à la proportionnelle, qui seront les plus courants jusqu'au mois d'avril, rendent l'écart avec Romney beaucoup plus difficile à combler pour ses concurrents.

 

Le scrutin qui aura lieu en Arizona le 28 février prend donc une importance nouvelle. Le gagnant y remportera la totalité des 29 délégués mis en jeu, ainsi qu'un élan médiatique considérable seulement une semaine avant le crucial Super Tuesday. Le 6 mars prochain, plus de 400 délégués seront mis en jeu le même jour aux travers de 10 Etats : impossible de faire campagne partout, d'où l'importance d'arriver avec l'étiquette de favori. L'Arizona sera peut-être donc le théâtre de la sortie de course définitive de Newt Gingrich... Ou encore une fois, de son comeback fracassant.

 

Toujours est-il, si Santorum est maintenant bien positionné pour déloger Newt Gingrich, ses victoires d'hier soir ne lui vaudront que le privilège d'un déferlement massif de spots de publicités négatives de la part des Super PAC au service de Mitt Romney. Ce dernier a levé environ 55 millions de dollars en 2011, tandis que ses comités de soutien ont rassemblé environ 32 millions de dollars. Un trésor de guerre indispensable pour acheter du temps d'antenne à la télévision. 

 

Hier, Stuart Stevens, conseiller spécial de Romney, a réagi aux résultats en esquissant l'angle d'attaque avec lequel le candidat mormon compte s'en prendre à Santorum : "Il est quelqu'un qui a passé beaucoup de temps à Washington, et ce n'est absolument pas la même approche que celle du gouverneur Romney (...) Je ne crois simplement pas qu'il soit temps de demander à des personnes ayant travaillé à Washington de régler les problèmes qu'ils ont eux-mêmes causés à Washington".

 

Cet argument d'"outsider" aux affaires fédérales avait déjà été utilisé pour déboulonner - avec succès - la candidature de Newt Gingrich. De plus, si Santorum profite aujourd'hui du soutien de la frange conservatrice du parti, exprimé avec force hier soir, c'est sans doute parce que son passé n'a pas été l'objet d'un examen poussé par les électeurs. Un manque d'information qui ne tardera pas à être comblé par les équipes de Mitt Romney.

 


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3 février 2012 5 03 /02 /février /2012 21:32

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Mitt Romney, accompagné par son épouse Ann, a reçu hier le soutien du milliardaire Donald Trump à Las Vegas (Photo Ethan Miller / Getty Images)

 

 

La religion de Mitt Romney a souvent été décriée au cours de la campagne des primaires républicaines de 2012. Mais à la veille des caucus du Nevada, qui lancent un mois de février capital en vue du "Super Tuesday" du 6 mars, ce qui a été peint à maintes reprises comme sa plus grande tare pourrait se révéler être un précieux avantage. Voici pourquoi.

 

Si les médias semblent attacher moins d'importance aux caucus du Nevada, en comparaison de l'effervescente primaire de Floride, c'est qu'ils recèlent de bien moins de suspense : sauf séisme, Mitt Romney remportera demain le premier scrutin de l'ouest des Etats-Unis. Les deux derniers sondages en date, livrés par les instituts Cannon Survey Center et Public Policy Polling donnent une avance de 20 à 25% au candidat mormon sur son plus proche rival, l'ancien Speaker Newt Gingrich.

 

L'effet de la victoire en Floride y est pour beaucoup, en cela qu'elle a offert à Romney une première victoire de prestige ainsi qu'un premier écart notable - à défaut d'être encore significatif - dans le décompte des délégués. Surtout, elle lui a permis d'attirer tous les indécis qui, en cas de victoire de Gingrich dans le "Sunshine State" mardi dernier, auraient donné à ces derniers sondages un tout autre aspect.

 

Mais Romney a depuis longtemps compté sur le Nevada comme étant une place sûre pour lui en raison de la proportion importante de mormons dans l'Etat. Selon les chiffres officiels, seulement 5,6% de la population du "Silver State" est mormone. Mais ce chiffre est suffisamment important pour peser sur le scrutin d'aujourd'hui : en 2008, 26% des électeurs ayant participé aux caucus du Nevada étaient mormons.

 

Plus significativement, 95% de ces électeurs mormons avaient opté pour Mitt Romney en 2008, lui offrant une victoire de presque quarante points sur Ron Paul - 51% contre 14%. Comme le notait hier Chris Cillizza, du Washington Post, la moitié du vote Romney dans le Nevada provenait en 2008 d'électeurs mormons - une proportion à elle seule suffisamment importante pour lui permettre de remporter les caucus haut la main.

 

Au delà du Nevada, la combinaison de l'enchaînement des victoires et de "l'effet mormon" pourrait jouer à plein en faveur de Mitt Romney mardi prochain, quand le Colorado tiendra à son tour ses caucus. Le "Centennial State", voisin de l'Utah, l'Etat de référence des mormons aux Etats-Unis, ne comporte que 2,8% d'adhérents à l'"Eglise des Saints des Derniers Jours". Une proportion néanmoins suffisamment importante pour apporter un solide appui à Romney.

 

Preuve en est, en 2008, l'ancien gouverneur du Massachusetts l'a emporté avec 42% d'avance sur l'ultra-favori et futur nominé John McCain (60% contre 18%), faisant sienne la totalité des 43 délégués mis en jeu dans l'Etat. En l'espace de trois jours, Romney a donc la possibilité de remporter coup sur coup deux larges victoires et de creuser un peu plus l'écart avec Gingrich en termes de délégués.

 

Les paramètres seront peu ou prou similaires le 28 février lorsque l'Arizona, conjointement avec le Michigan, tiendra ses primaires. En 2008, lors des primaires de l'Arizona, Etat situé au sud du Nevada et de l'Utah, 11% des électeurs étaient mormons et ceux-ci ont voté pour Romney à 88%. La règle "tout au vainqueur" définissant le scrutin du "Grand Canyon State", l'impact de la victoire y sera déterminant, une semaine seulement avant le crucial "Super Tuesday" du 6 mars.

 

A eux trois uniquement, les Etats à forte minorité mormone que sont le Nevada, le Colorado et l'Arizona attribuent 93 des 187 délégués mis en jeu au cours du mois de février. Une proportion non négligeable qui, au delà des chiffres, compte surtout de par l'avantage psychologique qu'apporte l'enchaînement des victoires. Financièrement, cela signifie aussi que Romney aura moins à investir dans ces Etats et pourra plus aisément concentrer ses forces sur le Super Tuesday.

 

Ce clair avantage pourrait tout aussi bien revenir hanter l'ancien homme d'affaires par la suite. Il serait en effet facile pour Newt Gingrich, voyant Romney prendre une avance irrémédiable, de tenter le tout pour le tout en critiquant systématiquement la religion de son rival. Dans l'élan de populisme qu'il s'efforce de lancer depuis la Caroline du Sud, une attaque en règle contre l'Eglise mormone aurait sans aucun doute le potentiel de déboulonner la trajectoire directe de Romney vers la nomination républicaine.

 

Cela serait largement perçu comme un coup sous la ceinture, mais qu'importe : l'analyse des scrutins à venir montre que Gingrich est en très mauvaise posture. Forcé par le désespoir, il devra faire un choix entre l'arme nucléaire ou la défaite. Sa réaction après sa contreperformance en Floride montre qu'il n'a rien perdu de toute sa détermination : reste à savoir s'il tentera de retourner contre Romney son plus grand avantage pour le mois de février.

 

En décembre 2007, Romney semblait déjà filer vers la nomination avec, cette année-là, une victoire annoncée en Iowa qui lui aurait grand ouvert les portes de l'investiture. A un mois du début des primaires, ses adversaires, Mike Huckabee en tête, s'étaient livrés à une grande offensive de préjugés contre l'Eglise mormone. Avec le résultat que l'on connaît.

 

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30 janvier 2012 1 30 /01 /janvier /2012 19:17

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Lorsque Mitt Romney est arrivé en Floride dimanche dernier, il possédait dix points de retard sur Newt Gingrich. La tendance est toute autre à moins de vingt-quatre heures du scrutin (Photo Charles Dharapak / AP)

 

 

Sauf séisme, Mitt Romney remportera demain la primaire tant convoitée de Floride. Le quatrième Etat à voter attribuera la totalité de ses 50 délégués au vainqueur (winner-takes-all), ce qui pourrait être un tournant dans la course à la nomination républicaine. En gagnant dans le "Sunshine State", Mitt Romney s'assurerait-il définitivement un duel contre le président Barack Obama ?

 

A en croire les derniers sondages, délivrés aujourd'hui par les instituts Suffolk University et Quinnipiac, Mitt Romney disposerait d'une avance de 14 à 20 points sur Newt Gingrich à la veille de la primaire de Floride. A moins d'un miracle, Newt Gingrich est en passe de subir une défaite au moins aussi large que celle qu'il avait infligée à son rival en Caroline du Sud, il y a dix jours de cela.

 

Pourtant, un tel écart dans les résultats ne doit pas faire oublier qu'il y a tout juste une semaine, Mitt Romney abordait de façon très défavorable la primaire de Floride. Grâce à sa victoire en Caroline du Sud, Gingrich s'est, de prime abord, attiré la sympathie de tous les électeurs indécis du "Sunshine State" : lundi dernier, son avance dans les sondages était comprise entre 6 et 10 points.

 

En somme, on assite aujourd'hui à la réalisation inverse du scénario de la primaire de Caroline du Sud. Il y a trois semaines, Romney s'avançait avec beacoup de confiance vers la Caroline du Sud grâce à sa victoire convaincante dans le New Hampshire. Il a été rejoint dans les cinq derniers jours par Gingrich, finalement vainqueur de la primaire du "Palmetto State" par 12 points d'écart.

 

Comme Gingrich il y a dix jours, Romney est parvenu à inverser la tendance grâce à deux performances solides en débat, en milieu de semaine dernière. D'habitude très à l'aise dans cet exercice, Gingrich a plié face à un adversaire déterminé, qui se savait alors au pied du mur. Un avantage financier considérable a fait le reste : Mitt Romney et ses comités de soutien ont dépensé plus de 15 millions de dollars en Floride, lorsque Gingrich n'a pas pu passer la barre des 4 millions de dollars.

 

Grâce à cet argent, Romney a eu l'avantage sur les ondes de Floride : ses spots télévisés ont notamment mis l'accent sur le passé tumultueux de Newt Gingrich à la Chambre des représentants, dont il fut le premier président (Speaker) sanctionné pour violations d'éthique, et ce en plus de 200 ans d'existence de la chambre basse américaine.

 

 

 

Romney a également pu compter sur les renforts apportés par le populaire sénateur républicain de l'Etat, Marco Rubio, ainsi que de l'ancien gouverneur de Floride et frère du 43ème président des Etats-Unis, Jeb Bush. Lorsque Gingrich proposait jeudi dernier de fonder une colonie américaine sur la Lune, c'est John McCain, nominé du parti pour la présidentielle de 2008, qui volait au secours de Mitt Romney : "Je pense que l'on ferait mieux d'envoyer Newt Gingrich sur la Lune et Mitt Romney à la Maison-Blanche".

 

La question qui, au sortir de la Floride, retiendra l'attention des équipes de campagne des quatre candidats encore en course est la suivante : Romney pourra-t-il, contrairement à ce qu'il s'est passé après la primaire du New Hampshire, garder suffisamment d'élan médiatique pour enchaîner les victoires et rapidement clore les débats ? A en croire les observateurs, cela est fort probable.

 

L'Etat qui vote après la Floride est le Nevada. Situé dans l'ouest du pays, le "Silver State" tiendra ses caucus seulement quatre jours après la primaire de demain. Ce laps de temps très réduit laisse peu de marge à Newt Gingrich pour séduire les électeurs indécis, à coup sûr convaincus par ce qu'on annonce déjà comme une écrasante victoire de Romney en Floride.

 

Pour ne rien arranger aux affaires de l'ancien Speaker, le Nevada comporte une portion non-négligeable d'électeurs mormons, susceptible de voter pour le champion de leur Eglise. Surtout, Romney est déjà très connu dans un Etat dans lequel il a déjà fait campagne en 2008 : il y a quatre ans, l'ancien gouverneur du Massachusetts s'est imposé de près de quarante points dans le Nevada.

 

L'effet boule de neige est susceptible de se poursuivre la semaine prochaine, puisque le Missouri, le Colorado, le Minnesota et le Maine tiendront leurs caucus en l'espace de quelques jours. Le format des caucus demande déjà beaucoup plus d'organisation et d'investissement qu'une primaire classique, ce qui est à mettre à l'avantage de Romney. De surcroît, dans ces trois derniers Etats en particulier, Romney s'est déjà imposé en 2008.

 

Au-delà de l'enchaînement rapide des primaires, qui aide grandement le candidat qui a déjà l'ascendant sur les autres, l'absence de débat jusqu'au 22 février prive Newt Gingrich de sa plus grande arme pour renverser la situation. Avant son "comeback" en Caroline du Sud, Gingrich s'était déjà appuyé sur ses qualités de débatteur, à l'automne dernier, pour revenir en force après un été difficile qui avait vu son staff déserter en masse.

 

A supposer que Gingrich surclasse Romney sur la scène télévisée nationale dans trois semaines, trois inconnues subsisteront quant à ses chances de victoire. Premièrement, Romney n'aura-t-il pas enfin rallié tout le parti autour de lui, si bien que la candidature de l'ancien Speaker semblerait désespérée ? Deuxièmement, Gingrich aura-t-il les moyens financiers pour tenir tête à Romney aussi longtemps ? 

 

Surtout, troisièmement, et malgré l'importance cruciale qu'ont eu les débats cette année, Gingrich pourrait-il relancer sa campagne en Arizona et dans le Michigan, le 28 février prochain, deux Etats qui semblent clairement pencher vers Mitt Romney ? 

 

Dans le premier, l'Arizona, Mitt Romney possède le soutien du sénateur John McCain, nominé du Parti républicain en 2008. Comme pour les caucus ayant lieu plus tôt dans le mois, il pourra compter sur la communauté mormone présente dans l'Etat pour lui donner un coup de pouce. 

 

Le même jour que l'Arizona s'exprimera le Michigan, un Etat du Nord dans lequel le représentant de Géorgie (Sud) que fut autrefois Newt Gingrich devra se défendre sur des thèmes économiques, le point fort de Romney. Surtout, Romney est un natif du "Wolverine State" et son père, George Romney, y a été gouverneur de 1963 à 1969.

 

Malgré un écart de deux semaines entre les caucus du Colorado, du Minnesota, du Maine et du Missouri d'une part, et les primaires de l'Arizona et du Michigan d'autre part, Mitt Romney pourrait garder l'avance acquise en Floride suffisamment longtemps pour se projeter vers le Super Mardi du 6 mars. Ce jour-là, une dizaine d'Etats voteront en même temps et distribueront plus de 600 délégués sur les 1144 nécessaires pour remporter l'investiture du parti de l'éléphant.

 

Dans un tel scénario, l'importance d'une victoire en Floride est capitale, puisqu'elle est une rampe de lancement indispensable vers les scrutins du février. Pour autant, de nombreux doutes subsistent encore autour de Romney, tant est si bien que le "Sunshine State" pourrait agir comme un coup de tonnerre plutôt qu'un couronnement annoncé. L'objectif de Mitt Romney sera alors de convaincre définitivement les électeurs d'un parti en plein doute qu'il est le seul candidat capable de battre Barack Obama.

 

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20 janvier 2012 5 20 /01 /janvier /2012 17:00

Mitt Romney, favori de la course à l’investiture républicaine pour l’élection présidentielle américaine, a perdu sa victoire dans le caucus de l’Iowa, acquise aux dépens de Rick Santorum. Le premier de ses rivaux, Newt Gingrich, revient fort et bénéficie désormais du soutien de Rick Perry. Mais l’aile conservatrice du Parti républicain reste divisée.


Dure journée pour Mitt Romney. L’ancien gouverneur du Massachusetts a subi deux coups durs jeudi, à deux jours d’un rendez-vous électoral lourd d’enjeux en Caroline du Sud. A commencer par le retrait de sa victoire dans le caucus de l’Iowa, premier scrutin de la course à l'investiture dont Mitt Romney reste le favori. Le Parti républicain a publié un nouveau décompte des voix. Cette fois, Mitt Romney ne bénéficie plus de la faible marge de huit voix sur Rick Santorum. Ce dernier possède 34 voix d'avance selon le dernier décompte… Mais les résultats de huit circonscriptions restant introuvables, le Parti républicain a préféré proclamer une égalité entre les deux candidats.


Ce retournement vaut surtout pour son influence potentielle dans la suite de la course. "Le caucus de l’Iowa apporte surtout un effet d’entraînement dont Mitt Romney a déjà bien profité après l’annonce de sa victoire", assure Soufian Alsabbagh au JDD.fr. Tout juste cette péripétie apporte-t-elle "un peu de folklore électoral", estime l'auteur d'une biographie sur Mitt Romney. L’Etat ne compte que 28 délégués sur les 2.286 qui désigneront l'adversaire de Barack Obama lors de la convention du 27 août. Et les représentants de l'Iowa seront libres de leur choix au moment de la désignation du candidat républicain. Pour autant, cette nouvelle "complique la situation de Mitt Romney à deux jours de la primaire de Caroline du Sud", explique Tom McGrath au JDD.fr, représentant en France du Parti républicain : "Il n’apparaît plus comme le candidat inévitable présenté après ses deux victoires dans l’Iowa et le New Hampshire."


Perry se retire et soutient Gingrich


Plus que Rick Santorum, le danger pour Mitt Romney est incarné par Newt Gingrich. La candidature du conservateur, auteur de prestations remarquées dans les débats opposant les derniers candidats encore en lice, est désormais renforcée par le retrait de Rick Perry. Le gouverneur du Texas, candidat conservateur du Sud, évoluait sur un créneau similaire à celui de Newt Gingrich. Dépassé dans les sondages, Rick Perry a annoncé jeudi son soutien à l’ancien chef de file des Républicains à la Chambre des représentants, leader de l’opposition pendant les mandats de Bill Clinton.


"La question désormais est de savoir si ce soutien sera suffisamment important pour faire pencher la balance à deux jours de la Caroline du Sud", interroge Soufian Alsabbagh. Plus que les voix qu’il représente (moins de 5% d’intentions de vote pour le scrutin de samedi), le retrait de Rick Perry va désormais libérer l’espace à la droite de Mitt Romney. Pour Tom McGrath, "Newt Gingrich revient à la faveur de ses performances en débat. Maintenant, il va avoir dix minutes de plus pour s’exprimer". "Gingrich a maintenant le momentum. La réponse de Romney passera par un bon débat jeudi soir avec un véritable face à face avec Gingrich", confirme Soufian Alsabbagh.


Gingrich encore limité


Mitt Romney fragilisé, Rick Perry hors du champ, la voie serait-elle libre pour Newt Gingrich? Pas tout à fait. L’aile conservatrice du Parti républicain reste divisée, là où de plus en plus d’électeurs semblent s'accommoder d’une candidature de Mitt Romney. Paradoxalement, la révision des résultats dans l’Iowa serait même "une catastrophe pour Newt Gingrich" aux yeux de Piere Toullec, président de l’association des Amis du Parti républicain, également sollicité par leJDD.fr. "Rick Santorum est renforcé. Il va pouvoir en profiter pour faire les gros titres et dire qu’il fait partie des deux leaders de la course", assure-t-il.


Pour lui, un seul scénario permettrait une victoire de l’aile conservatrice du Parti républicain : "une défaite de Santorum en Caroline du Sud et une large victoire de Gingrich pour forcer à une alliance". Longtemps en tête des intentions de vote pour samedi, Newt Gingrich (26%) a été dépassé par Mitt Romney (33%) après le caucus de l'Iowa. Il lui reste un débat, jeudi soir, pour inverser la tendance. "Avec quelques mauvaises surprises pour Romney et quelques bonnes surprises pour Gingrich, ce qui semblait inévitable – la désignation de Romney – est remis en question", confirme Tom McGrath.


Benoit Vittek - leJDD.fr

jeudi 19 janvier 2012

 

Interview à retrouver sur Internet ici : http://www.lejdd.fr/International/USA/Actualite/La-primaire-republicaine-chamboulee-463057/

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20 janvier 2012 5 20 /01 /janvier /2012 14:28

http://a.abcnews.go.com/images/Politics/gty_newt_gingrich_mad_debate_thg_120119_wg.jpg

Newt Gingrich s'en est violemment pris aux médias lors du débat républicain d'hier soir

en Caroline du Sud (Photo John Moore / Getty Images)

 

 

A moins de vingt-quatre heures de la primaire capitale de Caroline du Sud, il semble qu'il ne reste plus qu'un seul homme qui puisse priver Mitt Romney d'un couronnement que personne n'aurait prévu aussi rapide il y a quelques semaines. Après deux solides performances en débat cette semaine, Newt Gingrich arrive à pleine vitesse sur le "Palmetto State" : l'écart entre Romney et lui ne cesse de faiblir dans les sondages. Laissé pour mort par Romney et Santorum après l'Iowa, l'ancien Speaker peut-il revenir dans la course ?

 

Depuis 1980, l'Etat qui avait déclenché la guerre de Sécession a fait un sans-faute lorsqu'il s'est agi de deviner le nom du futur nominé républicain. En outre, depuis Reagan, tous les futurs présidents se sont imposés en Caroline du Sud lors des primaires de leur parti. La symbolique de la victoire, d'un point de vue historique, sera donc très importante demain. Mais surtout, il s'agit de se détacher aux yeux du public avant une primaire sans doute plus importante encore en Floride, le 31 janvier.

 

Jusqu'au premier débat de la semaine, ce lundi, Mitt Romney était perçu comme le leader intouchable dans le "Palmetto State". L'ancien gouverneur du Massachusetts se faisait fort de ses deux victoires initiales en Iowa et dans le New Hampshire plus tôt dans le mois, ainsi que de ses nombreux soutiens politiques et de sa manne financière : Romney est celui qui a le plus investi dans les spots télévisés en Caroline du Sud. Selon NBC News-Marist, le candidat mormon devançait Gingrich de dix points mardi, 34% contre 24%. Un gouffre à seulement cinq jours de la primaire.

 

Seulement, n'ayant plus rien à perdre lundi dernier, Newt Gingrich a joué son va-tout dans le premier débat de la semaine. Précis, éloquent et parfois charmeur, l'ancien président de la Chambre des représentants s'est acquis les faveurs de l'audience ainsi qu'une seconde chance auprès des électeurs. Sans être mauvais, Rick Santorum et Mitt Romney n'ont rien pu faire pour stopper le début de ce qui allait être la tornade Gingrich.

 

En effet, ce dernier a profité du retrait de course du gouverneur du Texas Rick Perry, qui avait perdu toute crédibilité à l'automne en raison de piètres performances en débat. Perry ayant décidé se soutenir officiellement Gingrich hier, celui-ci pourra profiter samedi d'un report de voix estimé entre 3% et 7%. Malgré le soutien réduit dont jouissait Perry, cela pourrait faire la différence contre Romney en cas de scénario serré. Les derniers sondages sont d'ailleurs sans appel : selon l'institut Public Policy Polling, Gingrich repasserait devant Romney, 35% contre 29%. Loin derrière, Ron Paul et Rick Santorum sont à 15%.

 

Le soutien de Perry était hier contrebalancé par les révélations accablantes de libertinage de l'ex-femme de Newt Gingrich, Marianne Gingrich. Celle-ci a révélé à la presse que l'ancien Speaker la trompait en toute impunité à la fin des années 1990, dans leur appartement de Washington avec une stagiaire nommée Callista Bisek, devenue par la suite Callista Gingrich. Or, en ce temps-là, Newt Gingrich menait la fronde républicaine contre les frasques du président démocrate Clinton, secoué par l'affaire Lewingsky. Un comble, et surtout, une terrible accusation auprès de l'électorat républicain de la Caroline du Sud, dont 69% se décrivent comme "conservateurs".

 

Qu'importe, Gingrich a très habilement fait de cette tare un argument de séduction auprès du public. Hier, John King, le modérateur du débat organisé par CNN, a choisi de débuter la joute en demandant une explication à Gingrich sur les révélations de son ex-femme. L'intéressé a provoqué une "standing ovation" du public par sa réponse : "Je crois que la nature destructrice, vicieuse et négative des médias rendent ce pays plus difficile à gouverner (...) Je suis outragé que vous commenciez un débat présidentiel par un tel sujet".

 

 

 

De son côté, Rick Santorum a été très convaincant tout au long de la soirée d'hier. Mais avec sa réponse musclée d'entrée de jeu, Newt Gingrich a tué tout suspense. Comme le dit si bien ce matin Maggie Haberman, de Politico, "aux points, Santorum a gagné le débat. Malheureusement, un débat ne se gagne pas aux points, mais sur les moments clés". Clairement, ceux-ci ont été pour Gingrich : il n'aura suffi que d'une seule réponse de l'ancien Speaker pour écarter toute attaque de ses concurrents hier soir.

 

Si Gingrich en venait finalement à inverser la tendance demain et battre Mitt Romney, il se placerait dans les meilleures conditions possibles pour aborder la primaire de Floride dans dix jours. Dans le "Sunshine State", qui applique la règle du "winner takes all", seule la victoire compte : celui qui arrive en premier en termes de voix remporte tous les délégués de l'Etat. En dépit de l'avantage significatif de Romney en termes de financement et d'organisation, la course serait complètement relancée si Gingrich gagnait en Caroline du Sud.

 

A l'inverse, si l'ancien homme d'affaires parvient à résister jusqu'au bout, alors son investiture sera quasiment certaine. Avec trois victoires en trois scrutins, ses adversaires n'auraient aucun moyen de faire survivre leur campagne car Romney aura pris trop de vitesse pour être stoppé. Les résultats risquent d'être serrés demain soir, mais il semble que Newt Gingrich a plutôt l'avantage : réussira-t-il son comeback ?

 


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16 janvier 2012 1 16 /01 /janvier /2012 21:05

http://www.washingtonpost.com/rf/image_606w/2010-2019/WashingtonPost/2012/01/17/National-Politics/Images/Republicans_Debate_0d3b1.jpg

Mitt Romney, hier soir, lors du débat organisé par Fox News en Caroline du Sud (Photo AP)

 

 

Après deux victoires dans les deux Etats inauguraux de la course à l’investiture républicaine, Mitt Romney vise la première place dans l’Etat qui s’exprimera ce samedi, la Caroline du Sud. Selon les derniers sondages, il est crédité de 32% des intentions de vote, devançant Newt Gingrich (21%) et Ron Paul (14%). Si la tendance actuelle se confirme en fin de semaine, Mitt Romney ferait sienne l'investiture, et ce après seulement trois Etats sur cinquante s’étant exprimés. Voici pourquoi.

 

Les deux victoires d’affilée de Mitt Romney, dans l’Iowa et le New Hampshire, sont historiques, aucun candidat républicain n’ayant réussi cette prouesse depuis 1980. Mais si la martingale se poursuit, une victoire de Romney en Caroline du Sud lui assurerait la nomination : depuis 1980, tous les candidats républicains s’étant imposés dans le « Palmetto State » ont remporté l’investiture par la suite.

 

Le moins que l'on puisse dire, c’est que tout semble sourire au candidat mormon. Il semble que le scénario de la primaire de 2008 soit tout juste en train de se répéter, le candidat de l’aile modérée du Parti républicain s’imposant à la faveur d’une très nette division sur sa droite. Perry, Gingrich et Santorum jouent ici les Thompson et Huckabee de 2008. Pendant que l’alter ego du modéré John McCain poursuit tranquillement sa route la l’investiture.

 

Newt Gingrich l’a confirmé après le New Hampshire : difficile pour lui de rester en course sans la victoire en Caroline du Sud. Il a déjà laissé entendre qu’en cas de résultat défavorable lors de la primaire de samedi, il jetterait ses forces derrière Rick Santorum pour faire barrage à Mitt Romney.

 

Si les choses devaient se passer ainsi, alors la répétition du scénario de 2008 serait parfaite. Après la Caroline du Sud, les conservateurs seraient de nouveau unis derrière un seul candidat (Santorum en 2012, Huckabee en 2008), mais arriveraient bien trop tard pour stopper le candidat modéré, favori de l'establishment, qui enchaîne les victoires en "surfant" sur la vague d'entraînement des médias (Romney en 2012, McCain en 2008). Avec, toujours en embuscade, le libertarien Ron Paul, déterminé à faire entendre sa voix jusqu'au bout.

 

En effet, l'Etat qui suit la Caroline du Sud, la Floride (31 janvier), ne présente que des avantages pour Romney ; ce dernier pourrait y écarter définitivement toute menace sur la nomination. Le "Sunshine State" est un grand Etat, ce qui nécessite beaucoup d'argent pour y faire entendre son message par le biais de publicités radiophoniques ou télévisuelles, d'envoi de courrier, ou encore d'organisation de grands meetings. Electoralement, la Floride met en avant les points forts de Romney, à savoir les modérés et les seniors, deux groupes avec lesquels il a plus de succès que n'importe lequel de ses concurrents.

 

Par la suite, une rapide analyse des Etats votant en février révèle que trois d'entre eux - et non des moindres - comportent une importante minorité mormone : le Nevada (4 février), le Colorado (7 février) et l'Arizona (28 février) sont donc a priori favorables à l'ancien gouverneur du Massachusetts. Le Nevada, en particulier, a voté pour Romney à plus de 50% en 2008 ; l'ancien homme d'affaires y possède déjà les réseaux hérités de sa première campagne présidentielle.

 

De plus, la majorité des Etats s'exprimant en février le font sous forme de caucus, non de primaires, un format qui demande davantage d'organisation, et donc d'argent : il s'agit pour les candidats de motiver les électeurs à se réunir, pour au moins trois heures, dans une salle de classe ou une église, et ceci pour débattre du nom du champion de leur parti à l'élection générale. En plus des caucus du Nevada et du Colorado sont ainsi au programme les caucus du Minnesota (7 février) et du Maine (11 février). De surcroît, ces quatre Etats ont été remportés par Romney en 2008.

 

Pour ne rien arranger aux affaires de l'opposition républicaine à Romney, le Michigan vote en même temps que l'Arizona, le 28 février. Dans le "Wolverine State", Romney "joue à domicile" puisqu'il est né à Detroit et que son père, George Romney, a été gouverneur de l'Etat de 1963 à 1969.

 

C'est ainsi que Mitt Romney arriverait à pleine vitesse sur le "Super Mardi" (Super Tuesday) du 6 mars, lors duquel plus de 650 délégués, répartis sur 12 Etats, seront attribués le même jour. Si les choses se passent comme le prévoit Romney, alors peut-être n'atteindra-t-il pas le "chiffre magique" de 1144 délégués ce jour-là, mais à tout le moins, la course à la nomination sera définitivement terminée.

 

La chute de dominos semble inéluctable pour Romney s'il parvient à s'imposer samedi. Le débat républicain d'hier soir a montré que Newt Gingrich a encore de l'énergie à revendre, mais tous les instituts de sondages montrent que Romney dispose d'une avance très confortable, à maintenant quatre jours du scrutin. Surtout, les électeurs du parti de l'éléphant ne semblent plus douter de la victoire du candidat mormon : le sentiment d'inévitabilité qui entoure la candidature de Romney depuis des semaines commence à réellement faire sens, et ce au meilleur moment possible.

 

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