29 novembre 2011 2 29 /11 /novembre /2011 08:31

http://www.admiroutes.asso.fr/larevue/2011/121/occupy-wall-street.jpg

Le mouvement Occupy Wall Street ne semble pas perdre sa vigueur (Photo Getty Images)

 

 

Comme le montrent les protestations actuelles, le symbole de la puissance financière des Etats-Unis est fortement impopulaire... Mais pas auprès des candidats à la présidence américaine, qui ont besoin de ses fonds pour mener à bien leurs coûteuses campagnes. En 2012 encore, l'argent sera le nerf de la guerre ; mais cette fois, puiser dans le formidable réservoir qu'est Wall Street comporte d'importants risques politiques.

 

En raison de la crise persistante, Wall Street est l'objet de la colère des "Indignés" américains, unis sous la bannière du mouvement Occupy Wall Street. Les protestestions contre le temple de la finance mondiale rassemblent surtout des jeunes, novices en politique ou supporters démocrates déçus par l'action d'Obama, mais aussi quelques uns des Américains les plus conservateurs, appartenant à la frange républicaine du Tea Party. D'un bout à l'autre de l'échiquier politique américain, le symbole du capitalisme tremble au pays où il est pourtant roi depuis toujours.

 

Cela ne rebute pas les candidats républicains à la présidence, qui ont besoin d'argent pour se défendre dans des primaires que certains spécialistes annoncent plus longues que de coutume, au printemps prochain. Il en est de même pour Obama, qui ambitionne de franchir la barre mythique du milliard de dollars pour sa campagne de réélection. Le président ne pourra sans doute pas composer sans la généreuse contribution des démocrates de Wall Street s'il veut atteindre son objectif financier.

 

Jusqu'à récemment, les contributions étaient plafonnées à 2000 dollars par donneur et par campagne, tandis que les "political action committee" (PAC), organisations au service d'un candidat, ne pouvaient recevoir plus de 5000 dollars de la part d'un donneur. Mais depuis la décision United Citizens vs. FEC, prise en 2010 par la Cour suprême américaine, les candidats - pour n'importe quel poste électif que ce soit - peuvent profiter d'une "Super PAC". Celle-ci consiste en un organisme autorisé à collecter des fonds de façon illimitée, notamment auprès des grandes entreprises, et de l'industrie financière plus largement.

 

Sans surprise, c'est l'ancien homme d'affaires Mitt Romney qui mène la danse à Wall Street, avec 3,6 millions récoltés à New York durant les trois mois de juillet, août et septembre. Hier, le favori du parti de l'éléphant a enregistré le soutien de Steve Schwarzman, 64 ans, considéré comme l'un des meilleurs à Wall Street en matière de levée de fonds. Restore Our Future, la "Super PAC" de Romney, a également apporté, selon les chiffres les plus récents, au moins 12 millions de dollars à l'ancien gouverneur du Massachusetts.

 

Pour couronner le tout, son passé à la tête de Bain Capital, un juteux fonds d'investissement, a permis à Romney d'amasser une fortune estimée cet été à environ 260 millions de dollars. En 2008, Romney avait investi au moins 33 millions de dollars de son propre compte en banque pour financer son premier effort présidentiel. Le candidat mormon fait figure d'épouvantail dans le champ des candidats républicains, qui peinent tous à maintenir une base stable de supporters et de contributeurs.

 

Côté démocrate, l'appui financier proposé par Wall Street est loin d'être négligé par les équipes du président Obama. Pour l'instant, les efforts de ce dernier ne sont pas couronnés de succès, mais ce n'est pas faute d'essayer. Obama n'a récolté "que" 1,6 millions de dollars à Wall Street, contre plus de 18 millions lors de sa campagne victorieuse de 2008.

 

Barack Obama multiplie les attaques contre Romney et sa fortune depuis plusieurs semaines maintenant, dans l'espoir d'attirer les manifestants d'Occupy Wall Street dans les urnes. Un piège qui pourrait se retourner contre le président, dont l'adversaire, quel qu'il soit, ne manquera pas de souligner qu'il dispose lui aussi d'une "Super PAC", Priorities USA Action, et de l'appui de tout le parti démocrate.

 

Barack Obama dispose à l'heure actuelle d'au moins 160 millions de dollars pour mener à bien sa réélection. Bien que l'immense majorité de cet argent provienne directement des électeurs, il devra veiller à ne pas s'aliéner les plus généreux donateurs de Wall Street, qui, s'il fallait mettre la main à la poche en faveur da la "Super PAC" du candidat républicain, ne se gêneraient pas pour contribuer de façon illimitée.

 

Le président tente aujourd'hui de jouer sur les deux tableaux. Mais le discours anti-régulation des prétendants du parti de l'éléphant à la Maison-Blanche est propre à retourner contre Obama la puissance financière dont il avait profité en 2008. Le fait qu'Obama garde aujourd'hui ses distances avec les protestations n'a donc rien d'un hasard : pour gagner la guerre en 2012, il faudra remporter la bataille de Wall Street, qui se jouera à la fois dans les urnes et dans les portes-monnaies.

 

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15 novembre 2011 2 15 /11 /novembre /2011 05:30

http://i.cdn.turner.com/cnn/2011/POLITICS/09/04/jobs.plans/t1larg.obama.romney.gi.jpg

Obama contre Romney, le duel de l'année 2012 ? (Montage Getty Images pour CNN)

 

 

Même si son trésor de guerre est au moins deux fois supérieur à celui de tous les prétendants républicains réunis, Barack Obama semble l'utiliser contre l'un d'entre eux uniquement : Mitt Romney. Depuis quelques semaines, l'équipe de campagne du président et le parti démocrate enchaînent les clips dévastateurs sur Internet, et bientôt à la télévision, dans le but de décrédibiliser la candidature de l'ancien gouverneur du Massachusetts. Le choix de la cible d'Obama ne relève d'aucun hasard.

 

Hier, l'équipe de campagne de Romney mettait d'intéressantes informations à la disposition du public, via un mail dont l'objet tient en un mot : "Obsédé". Twitter, Facebook et vidéos sur Youtube : partout et tout le temps depuis plus d'un mois, Obama attaque Romney sans relâche. Toujours selon le mail du staff de Romney, "la machine politique d'Obama préfère consacrer son temps et son énergie à attaquer le gouverneur Romney, plutôt que de s'occuper de l'économie".

 

Plus précisément, les offensives du président sont concentrées sur le pedigree modéré de l'ancien homme d'affaires. La vidéo lancée par Priorities USA Action, le comité d'action politique d'Obama, le 1er novembre est un modèle du genre. Aliéner définitivement le soutien des conservateurs à Romney, déjà fort peu enclins à en accepter la suprématie, est pour Obama essentiel s'il veut barrer le chemin de l'investiture au candidat mormon.

 

Le président se fera l'âme généreuse de n'importe quel candidat de la droite du parti républicain qui pourra s'imposer comme une alternative solide à Romney. Cependant, c'est là que le bât blesse pour le locataire actuel de la Maison-Blanche, puisque ni Rick Perry, ni désormais Herman Cain ne se sont révélés assez solides pour défier Mitt Romney. Newt Gingrich, le nouveau chouchou des médias, a un long passé de controverses prêt à être analysé par les électeurs et qui pourrait déboucher sur un chancèlement similaire à celui de ses rivaux Cain et Perry.

 

Par ailleurs, le débat de samedi, en Caroline du Sud, l'a encore montré : Gingrich comme les autres prétendants républicains se refusent à attaquer Romney, qui sort toujours des débats sans une égratignure. Cette attitude est très symptomatique du champ des candidats dans son ensemble, qui, à force d'attendre l'auto-destruction de l'ancien gouverneur du "Bay State", pourrait bien finir par le laisser filer vers l'élection générale de novembre.

 

Cela, le président Obama ne le veut à aucun prix, c'est pourquoi il se charge du travail de sape dont les candidats républicains devraient normalement s'occuper. Le plan d'Obama est d'attaquer Romney pour disposer du candidat le plus faible possible (Perry, Cain, Gingrich ou un autre) pour l'élection de novembre 2012. Mais surtout, il s'agit pour le président sortant d'éviter le candidat le plus fort, un statut que l'on peut difficilement refuser à Romney au vu des dernières semaines.

 

Romney serait de loin le candidat le plus dangereux pour Obama puisque, situé sur la gauche du parti républicain, il pourrait disputer au président l'électorat indépendant qui lui a donné la victoire dans les Etats-clés de l'élection de 2008. Tenter de stopper la marche en avant du candidat mormon, riche à millions, est assurément un bon moyen pour Obama d'augmenter ses chances de rélection.

 

On peut bel et bien parler de marche en avant, car après la chute de Perry et de Cain dans les sondages, Romney donne de plus en plus impression qu'il sera le dernier homme debout. L'inévitabilité de l'investiture de Romney est depuis hier plus clairement ressentie par les journalistes américains. Début novembre, un sondage Gallup révélait que, peu importe leur propre vote, 45% des électeurs républicains avaient le sentiment que Mitt Romney l'allait l'emporter.

 

Cependant, il reste encore sept semaines de campagne avant les caucus de l'Iowa, le 3 janvier 2012. Et en dépit de tous les sondages, de toutes les prédictions des analystes, une seule conclusion est pour l'instant de mise : la campagne des primaires républicaines a été jusqu'à présent absolument imprévisible, et bien plus mouvante que lors des années précédentes. En s'attaquant uniquement à Romney, Obama a-t-il misé sur le bon cheval ?

 


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6 novembre 2011 7 06 /11 /novembre /2011 09:46

http://blauesauser.free.fr/usa/wp-content/2008/11/barack-obama-president-des-usa.jpg

 Il y a trois ans, Barack Obama était élu président des Etats-Unis dans la liesse populaire... Une image que l'on reverra l'an prochain ? Pour le moment, rien n'est moins sûr. (Grant Park de Chicago, 4 novembre 2008 / AFP)

 

 

Le 6 novembre 2012, le nom de Barack Obama sera sans aucun doute sur les bulletins de vote, à l'heure où le président réclamera un deuxième mandat de quatre ans aux Américains. Le mystère plane encore sur l'identité de son adversaire, une interrogation à laquelle les primaires républicaines du printemps prochain ne tarderont pas à répondre.

 

Malgré tous les avantages dont peut jouir un président sortant, Obama n'a pas l'élection gagnée d'avance. Le pays, qui ne parvient pas à sortir d'une grave récession, est au bord de la crise existentielle : le fossé entre ses deux principaux partis est tel que les institutions américaines sont aujourd'hui largement défaillantes, à commencer par le Congrès. La campagne de 2012 sera rythmée non par les slogans d'espoir et de changement qu'Obama a utilisés en 2008, mais par les spots télévisés les plus vicieux et médisants qui sont habituellement partie prenante des campagnes de réélection.

 

Trois ans après le "phénomène Obama", les Américains pourraient être tentés de redonner l'avantage aux républicains. Ils l'ont fait lors des élections de mi-mandat, dans un contexte de crise qui sera toujours d'actualité en novembre 2012. Mais alors que l'influence du Tea Party se fait toujours plus pressante, l'autre terme de l'alternative sera-t-il envisageable ?

 

 

L'Amérique manque de confiance en l'économie et en ses dirigeants


 

Plus que tout autre indice, le taux de chômage, dans un an, aura un poids considérable sur l'issue de l'élection. En janvier 2009, alors qu'Obama était intronisé président, 7,7% des Américains n'avaient pas d'emploi. Ce taux est aujourd'hui de 9,0%, alors que le président avait prédit que son plan de relance de février 2009 le garderait au-dessous de la barre des 8%.


Depuis 1980, l'histoire a prouvé qu'il était difficile pour un président d'être réélu avec utaux de chômage supérieur à 7%. Seul Ronald Reagan, en 1984, a réussi cette prouesse, avec alors 7,2% des Américains à la recherche d'un emploi. Or, les spécialistes ne s'attendent pas à ce que le taux de chômage descende en-dessous de 7,7% en novembre 2012. 


Pourtant, Barack Obama profitera toujours des avantages non négligeables dont disposent les présidents sortants, que ce soit en termes d'organisation électorale, de soutiens ou de financement. Ainsi, sur les treize derniers présidents ayant fait campagne pour être réélus, dix ont trouvé le chemin du succès. Cependant, comme le taux de chômage, la cote de popularité d'Obama, actuellement de 43%, est annonciatrice de défaite. Depuis 1952, aucun président avec une cote de popularité de moins de 49% à un an de l'élection générale n'a été réélu.

 

La popularité d'Obama, comme le signalait la semaine dernière l'animateur Jay Leno, est toujours plus importante que celle du Congrès. Le mois dernier, seulement 13% des Américains approuvaient l'action du Congrès, selon Gallup. La branche législative, à commencer par sa chambre haute (le Sénat), est minée par deux partis qui refusent tout accord majeur en commun. Or, la rigidité institutionnelle qu'induit un régime présidentiel nécessite un consensus de tous les instants pour fonctionner correctement.

 

Le parti républicain semble plus que jamais décidé à entraver la marche du président Obama vers la réélection. Le Tea Party, en particulier, reflète le pouvoir grandissant de la droite la plus conservatrice en son sein. Depuis sa victoire lors des élections de mi-mandat, le "parti de l'éléphant" n'a qu'un seul credo : mettre son champion pour la présidentielle de 2012 dans les meilleures conditions pour battre le président sortant. Selon les mots de Mitch McConnell, président de la minorité républicaine au Sénat : "La seule et unique chose qui importe pour nous, c'est qu'Obama ne fasse qu'un mandat".


 

Obama doit défendre son bilan en 2012


 

En conséquence, quand Obama a perdu sa majorité à la Chambre des représentants en novembre 2010, sa tâche s'est considérablement compliquée. Le président est conscient qu'il doit faire redescendre le taux de chômage dans les douze mois à venir, c'est pourquoi il ne cesse de parcourir le pays pour promouvoir son plan national pour l'emploi. Mais depuis son annonce en septembre dernier, l'American Jobs Act a été démonté pièce par pièce par la flibuste républicaine au Sénat.

 

Les républicains reprochent à Obama son manque de leadership en matière économique entre janvier 2009 et janvier 2011, losqu'il avait le contrôle des deux chambres du Congrès. Les démocrates, avec maintenant un peu de recul, réalisent qu'en consacrant une immense partie de son capital politique au passage de son plan pour la santé, le président n'a pas pu être efficace sur le front de l'économie. Dans son dernier livre, Bill Clinton lui-même confie ses doutes sur la politique économique et fiscale de son collègue démocrate, en invoquant notamment l'épisode de la hausse du plafond de la dette.

 

Les Américains n'en feront sans doute que peu de cas l'an prochain, mais la politique étrangère d'Obama a été largement couronnée de succès. Les morts d'Oussama Ben Laden en mai 2011, puis de Mouammar Kadhafi en octobre dernier, lui ont apporté un petit coup de pouce dans les sondages. Seule ombre au tableau : le processus de paix israélo-palestinien, dressé comme une priorité absolue par Obama au début de son mandat. Celui-ci demeure aujourd'hui au point mort, et les tentatives de relance d'Obama, à l'automne 2010, n'y ont décidément rien changé.

 

Cela fait maintenant plus de sept mois que le président sortant est officiellement candidat à sa propre succession. Très vite, il lui a été reproché de faire passer la politique avant le sort de l'Amérique, notamment en annonçant viser le milliard de dollars de fonds pour sa campagne de 2012. Les mots-clés "Hope" et "Change"ont été remplacés par le "We can't wait" de son plan pour l'emploi, qui a formellement lancé sa campagne de 2012 il y deux mois.

 

Comme lors de nombreuses de campagnes de réélection, la peur prendra l'an prochain le pas sur l'espoir. Le démocrate va tenter de convaincre les Américains qu'il ne faut pas retourner à l'époque de Bush, tandis que le républicain menacera l'Amérique d'une catastrophe si elle reconduit le président actuel. La campagne de 2012 sera sans aucun doute très négative, comme ce fut le cas en 2004, par exemple. Le duel Kerry-Bush avait été marqué par les insinuations les plus mesquines qui soient, clips télévisés à l'appui.

 

Par rapport à 2008, Obama a 354 grands électeurs et 28 Etats à défendre pour, de nouveau, atteindre le "chiffre magique" de 270 grands électeurs. Neuf Etats-clés, ravis aux républicains en 2008, seront au centre de l'attention l'an prochain : il s'agit du Colorado, de l'Indiana, de la Floride, de l'Ohio, de la Caroline du Nord, de l'Iowa, du Nevada, de la Virginie et du Nouveau-Mexique. L'Indiana, par exemple, est d'ores et déjà perdu pour le président. En fonction de l'identité du nominé républicain, d'autre Etats plus solidement démocrates pourraient être remis en jeu, notamment la Pennsylvanie, le New Hampshire ou le Michigan.


 

Une primaire républicaine très incertaine


 

La campagne des primaires qui, contrairement à 2008, ne concerne que le parti républicain, est jusqu'à présent caractérisée par sa lenteur et son manque d'enthousiasme. Alors qu'au printemps 2007, le champ des candidats républicains et démocrates était fixé, il a fallu attendre l'automne 2011 pour connaître le panel complet des prétendants du parti de l'éléphant à la Maison-Blanche.

 

En juin, moins de la moitié des républicains étaient satisfaits par le choix des candidats qui leur était proposé. L'annonce de candidature de Rick Perry, en août, a relancé l'intérêt des Américains pour la primaire, avant que le gouverneur du Texas ne plombe sa campagne par des performances très médiocres en débat. Début octobre, le dernier espoir des républicains pour faire entrer en course Chris Christie, le charismatique gouverneur du New Jersey, a été éteint.

 

Les militants du parti de l'éléphant n'ont donc d'autre choix que de composer avec un manque d'entrain caractérisé par son favori le plus stable depuis le début de l'année : l'ancien gouverneur du Massachusetts Mitt Romney. Ce dernier, ancien homme d'affaires à succès, est perçu comme très crédible sur les questions économiques. Cependant, sa religion mormone et son passé de gouverneur d'un Etat très modéré, à contre-courant de la vague du Tea Party, ne jouent pas en sa faveur.

 

Ainsi, tout au long de 2011, les républicains ont cherché à éviter la nomination de Romney en propulsant, tour à tour, un nouveau candidat au sommet des sondages. Newt Gingrich, Tim Pawlenty, Michele Bachmann, Rick Perry, et maintenant Herman Cain... Tous ont incarné l'alternative à un homme dont seulement un quart de militants souhaitent l'investiture, mais qui pourrait bien finir par être sacré champion par défaut. Le scandale Cain laisse les républicains sans altervative à Romney, à moins de deux mois des primaires, même si Gingrich semble préparer activement son retour sur le devant de la scène.

 

L'ancien gouverneur du Massachusetts, selon CNN, possède l'avantage dans tous les Etats-clés des primaires, à savoir ceux qui s'expriment les premiers. Sa capacité à lever des fonds et sa fortune personnelle, estimée à 260 millions de dollars, sont une arme considérable en cas de primaires de longue durée. Surtout, il est le seul républicain à régulièrement devancer Barack Obama dans les sondages, ce qui lui offre un argument de poids pour convaincre les militants de le sélectionner.

 

 

De par son statut de président sortant, Barack Obama est le favori par défaut d'une élection l'opposant à un républicain proche du Tea Party, comme Perry ou Cain. Pareillement, Romney est le favori par défaut d'une primaire qui se cherche avant tout un candidat apte à reprendre le contrôle de la Maison-Blanche aux démocrates. Mais si Obama et Romney devaient se retrouver en duel en novembre 2012, alors tous les indicateurs semblent pencher en faveur du parti républicain.

 

Avec une économie stagnante, il serait facile à Romney d'en incomber la faute au président, tout en jouant de sa propre crédibilité d'homme d'affaires à succès. Mais auparavant, il faudra passer l'obstacle des primaires d'un parti imbu d'extrémisme, ce qui s'annonce comme la marche la plus haute à gravir pour le modéré Mitt Romney.

 


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