14 septembre 2012 5 14 /09 /septembre /2012 09:27

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Barack Obama lors de son discours devant la Convention démocrate, le 6 septembre 2012 (D.Goldman/SIPA)


 

Malgré un discours en demi-teinte du président hier soir, la convention démocrate de Charlotte fut plutôt un succès. A deux mois de l’élection, cette démonstration de force collective n’assure pourtant pas à Barack Obama une réélection confortable. Les chiffres du chômage pour le mois d’août, publiés ce matin, sont venus rappeler aux démocrates la dure réalité que représente la reprise molle de l’économie du pays.

 

Incontestablement, l’entrain était côté démocrate lorsque l’on compare la convention de Charlotte (Caroline du Nord), à celle de Tampa (Floride), une semaine plus tôt. Même si les allocutions données par Ann Romney, Marco Rubio ou Mitt Romney étaient loin d’être mauvaises, elles ont été balayées par le show donné successivement par Michelle Obama, puis Bill Clinton.


En se lançant dans une attaque en règle du projet républicain, l’ancien président a démontré, à 66 ans, qu’il avait rien perdu de sa verve. Après un discours salué par toute la presse américaine, Bill Clinton va poursuivre sa campagne pour Barack Obama puisqu’il sera en Floride et en Ohio, deux Etats-clés de l’élection, la semaine prochaine.

 

Barack Obama n’a pas pu égaler la performance de son prédécesseur dans le Bureau Ovale lors de son discours d’hier soir. Pire, il n’a pas su réinventer la magie de ses allocutions de 2008, lorsque, en tant que jeune sénateur, il incarnait l’espoir et le changement aux yeux des Américains.


Obligé de défendre un bilan mitigé, Obama n’a pas pu pointer du doigt l’obstruction permanente des républicains au Congrès. Dans la seconde partie de son discours, il a exposé une version de l’avenir qui n’avait rien à voir avec celle d’il y a quatre ans. En résumé, Obama n’a pas fait du Obama hier soir parce que, comme il l’a souligné, « les temps ont changé (…) Je ne suis plus simplement un candidat, je suis le président. »


Cette posture réaliste s’explique par la reprise lente de l’économie, qui menace grandement les espoirs de réélection de Barack Obama. Alors que les analystes s’attendaient un chiffre de 130.000 nouveaux emplois en août, le ministère du travail américain a annoncé que seulement 96.000 emplois avaient été créés lors du mois dernier. La baisse du taux de chômage, de 8,3% à 8,1%, s’explique par le fait que les milliers d’Américains ont cessé de chercher activement un travail.


A deux mois de l’élection, ces chiffres décevants mettent de l’eau dans le moulin de Mitt Romney. « Hier soir, c’était la fête, et ce matin, c’est la gueule de bois », a réagi le candidat républicain. En effet, tour à tour, le discours prudent de Barack Obama, puis les mauvais chiffres du chômage sont venus rappeler aux démocrates que l’élection est loin d’être jouée d’avance.


En effet, Obama possède toujours l’avantage dans six des sept swing-states les plus importants, mais Romney refait son retard. Surtout, ce dernier dispose d’un avantage financier considérable sur le président sortant, privé à la fois des grosses donations de Wall Street et des petites contributions des middle-class Americans qui l’avaient porté vers la victoire en 2008.


C’est ainsi que, malgré une convention moins réussie, Romney se retrouve avec le vent dans le dos à l’entame du sprint final. Ce n’est pas un avantage décisif, mais c’est un avantage non négligeable avant les débats télévisés en octobre, qui seront cette année d’une importance capitale dans la course à la Maison-Blanche.

 

Article paru dans Le Plus du Nouvel Observateur le 7 septembre 2012.

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14 septembre 2012 5 14 /09 /septembre /2012 09:04

http://blog.zap2it.com/pop2it/bill-clinton-democratic-national-convention-2012.jpg

Bill Clinton s'adresse aux délégués de la convention démocrate de Charlotte le 5 septembre 2012 (Photo AP)

 

 

Tout au long de ses quarante-huit minutes de discours, Bill Clinton s’est fait le défenseur de la cause du président Barack Obama, qui réclame en novembre sa réélection aux Américains. La veille, c’était l’épouse du président sortant, Michelle Obama, qui était montée sur scène pour défendre son président de mari. Placées en « primetime » sur les télévisions américaines, leurs interventions avaient deux objectifs bien différents.


 

La First Lady mobilise la gauche du parti


 

Michelle Obama a été appelée en renfort par les stratèges démocrates pour rassurer l’électorat populaire que le président, proche des Américains il y a quatre ans, n’avait pas été changé par l’exercice du pouvoir. Son récit de la vie à l’intérieur de la Maison-Blanche avec un homme demeuré simple avait pour but de démontrer qu’Obama ne s’est jamais coupé des Américains les plus démunis, et que ces derniers ne devaient pas l’abandonner à mi-chemin de son action.


L’une des lignes de la Première Dame les plus applaudies, « being President doesn’t change who you are – it reveals who you are » (être président ne change pas qui vous êtes, cela révèle qui vous êtes) avait donc pour but de mobiliser les jeunes et les minorités qui, en 2008, avaient porté Barack Obama vers la Maison-Blanche.


Les démocrates doivent stopper la démobilisation de leur camp avant le passage dans les urnes. Selon un sondage CNN publié hier, 52% des électeurs inscrits penchent pour le duo Obama/Biden (contre 45% pour la paire Romney/Ryan), mais seulement 48% de ceux qui sont sûrs d’aller voter choisiront de reconduire le ticket sortant, le mettant à égalité avec son rival républicain.


A plus forte raison, l’enthousiasme en berne de la gauche du Part démocrate prive le président sortant d’un avantage financier sur Mitt Romney - dont il jouissait contre John McCain. Moteur de sa levée de fonds en 2008, les petites donations sont à l’avantage des républicains cette année.


Motiver la gauche du parti, gommer l’usure du pouvoir et recréer la magie de 2008, telle était la mission de Michelle Obama mardi – une mission exécutée avec brio.


 

Bill Clinton rassure les électeurs centristes tentés par l’alternative


 

Malgré ses soixante-six bougies, soufflées récemment, Bill Clinton n’a rien perdu de son aura et de son énergie. L’ancien président (1993-2001) a souvent versé dans l’improvisation, dépassant son temps de parole de plus de vingt minutes, pour le plus grand bonheur du public de Charlotte.


Clinton, chiffres a l’appui, a passé la plus grande partie de son allocution à démontrer aux Américains que le projet de Mitt Romney n’était pas crédible. En raillant les compétences mathématiques des républicains pour équilibrer un budget, l’ancien président a vivement indiqué aux électeurs centristes ralliés aux démocrates il y a quatre ans la nécessité de poursuivre le projet d’Obama – pour mieux éviter celui de Romney.


Mais plus encore que de s’en prendre directement à ses adversaires, l’intervention de Clinton avait pour but de rappeler aux Américains le bon souvenir de la période de croissance exceptionnelle qu’a connu le pays sous son mandat. L’analogie était évidente : reconduire un président démocrate en 1996 a permis cela, il faut donc en faire de même en 2012.


L’impact de Bill Clinton pourrait être capital, puisque la convention démocrate a été plus suivie que la convention républicaine. Alex Castellanos, ancien conseiller de Mitt Romney lors de sa campagne présidentielle de 2008, a déclaré hier soir sur CNN que Clinton avait peut-être donné la victoire à Obama.


Plutôt que la passion, ranimée par Michelle Obama, Bill Clinton s’est donc chargé hier soir de conserver la raison dans le camp démocrate. Leurs discours, complémentaires et très réussis selon une presse unanime, offrent à Barack Obama une rampe de lancement idéale pour défendre, ce soir, son propre effort de réélection.

 

Article paru dans le Huffington Post le 6 septembre 2012.

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14 septembre 2012 5 14 /09 /septembre /2012 08:43

http://referentiel.nouvelobs.com/wsfile/2481338555906.jpg

 

 

Alors que Julian Castro et Michelle Obama ont, tour à tour, électrisé la convention nationale démocrate hier, les républicains tentent depuis le début de la semaine de détourner l’attention du camp de l’âne en suggérant aux électeurs une analogie entre le président Obama et l’ancien président Jimmy Carter, battu en 1980 par Ronald Reagan. L’équipe de campagne de Mitt Romney est en effet avide de démontrer que tout comme l’unique mandat de Carter, le premier mandat de Barack Obama à la Maison-Blanche est un échec. La comparaison entre les deux hommes est-elle valable ?

 

 

 

 

 

 

Deux mandats plombés par la crise économique

 

 

De façon successive, les deux chocs pétroliers de 1974 et 1979 sont venus mettre fin aux trente années de croissance qui avaient suivi la fin de la deuxième guerre mondiale. Au moment de sa campagne de réélection, en 1980, le président démocrate Jimmy Carter, élu quatre ans plus tôt, devait donc composer avec un bilan économique catastrophique.


 

Plus précisément, Carter a dû faire face à six mois de faiblesse marquée de l’économie qui, arrivée au plus mauvais moment pour lui lors de l’année 1980, a contribué en grande partie à sa défaite contre Ronald Reagan.


En posant la question « Are you better off than you were four years ago ? » (Votre situation est-elle meilleure qu’elle ne l’était il y a quatre ans ?) dans un débat télévisé en octobre 1980, Reagan cherchait à démontrer aux Américains l’évidence des mauvais résultats économiques sous le mandat de son rival.


 

 

 

En cela, la situation d’Obama est très différente de celle de Carter. Le président actuel bénéficie en effet, contrairement à son lointain prédécesseur, d’une reprise – certes lente, mais une reprise tout de même – sur l’ensemble de son mandat. Le PIB, qui perdait 6,7% au premier trimestre de 2009, a progressé de 1,7% au second semestre de 2012.


Problème pour Obama : la croissance n’est pas suffisamment importante pour lui permettre de faire baisser les chiffres du chômage. Pire, malgré 388.000 emplois créés ces quatre derniers mois, le taux de chômage est passé de 8,1% en mai à 8,3% en août 2012.


 

Romney a-t-il la carrure de Ronald Reagan ?

 

Si les chiffres publiés ce vendredi 7 septembre par le ministère du Travail américain sont en hausse, Mitt Romney et les républicains redoubleront d’efforts pour mettre la question « are you better off ? » au centre de la campagne. Pour autant, comme le rappellent Mark Landler et John Harwood dans le New York Times ce matin, « une campagne basée sur la résignation des gens n’est pas suffisante pour gagner ».


Pour que l’analogie entre Obama et Carter prenne vraiment forme, il faut également à Romney incarner la figure de Ronald Reagan, un homme dont la carrure serait suffisamment solide aux yeux des Américains pour risquer de ne pas reconduire un président sortant (sur les treize derniers présidents-candidats, dix l’ont emporté).


S’il ne fait guère de doute que le programme très à droite du Parti républicain offre une alternative claire à l’agenda proposé par Barack Obama, la figure de Romney n’est pas à même de rassurer les Américains. La faute à un passé de girouette politique, et sans doute à une étiquette de businessman millionnaire coupé des préoccupations de la classe moyenne américaine.


Malgré les efforts fournis à la convention républicaine la semaine dernière, Romney a toujours un déficit d’image à combler sur le président. Il lui reste à présent un mois et un jour pour corriger le tir et atteindre le chiffre magique de 270 grands électeurs. La mission n’est pas impossible pour le parti de l’éléphant, mais sans aucun doute, le temps presse. Une fois que Barack Obama aura accepté la nomination de son parti jeudi, la course sera bel et bien lancée.

 

 

Paru dans Le Plus du Nouvel Observateur le 6 septembre 2012.

 


Pour tout savoir sur l'élection présidentielle américaine de 2012
 
 
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L'Amérique de Mitt Romney, la seule biographie en français sur l'adversaire du président Barack Obama. 

La Nouvelle Droite Américaine : La radicalisation du Parti républicain à l'ère du Tea Party, à paraître chez Demopolis le 30 août prochain.

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14 septembre 2012 5 14 /09 /septembre /2012 08:34

 

Soufian Alsabbagh, spécialiste de la politique intérieure des Etats-Unis et auteur de « La nouvelle droite américaine » (éd. Demopolis), répond à nos questions : 

 
- Comment peut-on expliquer la droitisation du Parti républicain ? 
- Le Parti républicain est-il en train de se diviser ? 
- La vitalité démographique des minorités pourrait-elle à terme menacer le Parti républicain ?

 

 

 

Retrouvez la vidéo sur le site Internet de l'IRIS : http://www.affaires-strategiques.info/spip.php?article7061

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6 septembre 2012 4 06 /09 /septembre /2012 02:23

http://images.huffingtonpost.com/2012-08-31-rROMNEYlarge570.jpg

 

Paru dans le Huffington Post, 01-09-2012.

 

 

Toute la semaine, il a été question dans les médias de l’humanisation de Mitt Romney lors de la convention républicaine de Tampa (Floride). Le discours en grande pompe de son épouse Ann, les interviews multiples de ses cinq fils sur les grandes chaînes américaines, les documentaires préparés par son équipe de campagne… Tout a été fait pour remplacer le concret par du superficiel – confirmant que ces rassemblements politiques quadriennaux ne sont plus que pur folklore.


Même dans le discours du colistier de Romney, Paul Ryan, que l’on attendait bourré de spécificités sur son budget controversé, il s’est agi de moquer les goûts musicaux du candidat mormon. Par conséquent, il était inutile d’attendre la moindre annonce dans le discours de ce dernier, qui clôturait la convention. A la place, des anecdotes sur son père, sur sa jeunesse, sur Neil Armstrong… Pour la première fois, aussi, Romney s’est risqué à exposer les effets positifs de sa religion mormone sur sa vie.

 

 

 


Entre quelques piques lancées au président Obama, le nominé républicain s’est donc bien gardé d’avancer les détails de son programme. Tout juste s’est-il contenté de l’exposition de ses cinq points magiques pour relancer l’économie, et d’un maigre aperçu de sa philosophie d’ « exceptionnalisme républicain » en matière de politique étrangère. En tout et pour tout, 260 mots pour décrire ses intentions politiques. Comment expliquer un tel choix de privilégier la forme sur le fond ?


Premièrement, par le fait que le programme du Parti républicain de 2012 est radical. En matière d’économie, le ticket Romney/Ryan promet d’équilibrer les comptes de l’Etat fédéral en augmentant les dépenses militaires, tout en préservant Medicare et le système de retraites – la moitié du budget américain – pour les dix prochaines années. Il ne resterait alors plus que les programmes pour les plus pauvres pour faire des économies (Medicaid, les bons alimentaires, les bourses scolaires, les formations pour les sans-emplois, etc.). Cerise sur le gâteau, le programme fiscal de Paul Ryan garantirait à des millionnaires comme Romney d’être imposé à un taux proche de zéro, grâce à des retours sur investissement en capital provenant de l’étranger.

 

 

 

 

Le programme économique de Romney et Ryan est couplé à une plateforme républicaine plus conservatrice que jamais sur les questions de société. La comparaison permanente des républicains d’aujourd’hui à Ronald Reagan est de ce point de vue injustifiée, puisque le programme de 1980 était bien plus modéré. Pareillement, inutile d’évoquer les positions de Romney en matière de politique étrangère, qui ne rappellent que trop les deux mandats de George W. Bush, toujours fortement impopulaire quatre ans après la fin de sa présidence.


Deuxièmement, l’opacité de Romney lors de son discours et sa volonté de faire usage d’éléments de langage superficiels indiquent que l’ancien gouverneur du Massachusetts a pris le pari qu’il n’a pas besoin d’être spécifique pour l’emporter. Romney compte quasi-exclusivement sur une économie suffisamment mauvaise dans les deux mois à venir pour priver Barack Obama d’un second mandat. Inutile donc d’exciter la base du parti, ou de tenter de diviser plus encore les Américains : selon le calcul du camp républicain, être présentable sera suffisant si le taux de chômage (8,3% en août) ne descend pas d’ici au 6 novembre. Pour cela, Romney doit réussir le tour de force de se forger une image de candidat modéré, ouvert et acceptable avec un programme qui ne l’est absolument pas.


Là était toute l’utilité de la convention républicaine de Tampa. Avec son discours, Mitt Romney a fait le premier pas vers l’acquisition d’une image nécessaire pour atteindre la présidence. Mais si l’économie en décide autrement, cela ne sera peut-être pas suffisant.

 

 

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31 août 2012 5 31 /08 /août /2012 20:00

 

 

 

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28 août 2012 2 28 /08 /août /2012 07:13
Jeudi, lors de la convention républicaine, Mitt Romney sera officiellement introduit auprès du peuple américain. Ce sera l'occasion pour lui de tenter de combler deux lacunes qui pourraient être fatales à la réussite de sa campagne, à savoir sa cote de popularité (likability) et la vision des Américaines sur le programme du Parti républicain.

 

La plongée dans l'univers personnel de Romney vise à combler son manque d'amour face à un président qui, bien que de plus en plus impopulaire, n'en est pas pour autant moins bien aimé. Le déficit de popularité de Mitt Romney face à Barack Obama est sans appel : selon un sondage du Washington Post publié hier, 61% des Américains pensent que le président sortant est plus amical que le nominé du Parti républicain dans la vie de tous les jours. Dans une élection qui s'annonce extrêmement serrée, tous les détails vont compter, et rien ne dit aujourd'hui que les Américains ne choisiront pas leur futur président sur la base du ressenti personnel.

 

Romney, c'est le moins que l'on puisse dire, a donc du pain sur la planche. L'équipe du candidat mormon a fait un travail de fond, pré-convention, pour rémédier au manque d'amour touchant son champion. Documentaire version longue sur CNN dimanche, interview très personnalisée sur Fox News (voir plus haut), l'état-major républicain a laissé rentrer la presse dans le fief familial de Wolfeboro, dans le New Hampshire.

 

On y voit Romney être quelqu'un d'autre qu'un politicien hésitant dans ses interviews, car tentant constamment d'éviter les gaffes. Etre quelqu'un d'autre, aussi, qu'un businessman froid et rigide, image qu'il a dû vendre à outrance aux militants républicains lors des primaires pour les convaincre de sa capacité à remettre le pays sur de bons rails. Le candidat du GOP (Grand Old Party) joue avec ses petits-enfants et fait des pancakes avec son épouse dans un vaste domaine qui ne compte pas de domestiques.

 

Durant la convention en elle-même, il s'agira pour Romney de continuer ce travail de sape pour modifier son image austère. Des documentaires biographiques ont été soigneusement préparés par son équipe. Ses cinq fils multiplient les interviews télévisées pour tenter de faire connaître "l'autre face" du candidat millionnaire. 

 

Comme il l'a fait il y a une semaine en emmenant des journalistes assister à la prière dominicale à l'Eglise mormone de Wolfeboro, le camp républicain prévoit également, pendant la convention, d'aborder de front la question religieuse. Du fait des nombreux préjugés habitant la population américaine à ce sujet, Romney a toujours évité de parler de mormonisme au cours de sa campagne. Il espère à présent dévoiler l'influence positive de sa foi sur sa personnalité pour toucher les Américains.

 

Outre les questions liées à la personnalité de Romney elle-même, l'autre mission du candidat républicain sera de faire remonter les intentions de vote des femmes en sa faveur. Selon le Washington Post, 49% des femmes penchent actuellement pour le duo Obama/Biden, contre 43% seulement pour le ticket Romney/Ryan. 

 

Le scandale provoqué par le représentant républicain du Missouri, Todd Akin, à propos de l'avortement, menace d'éloigner les électeurs modérés des swing-states de la candidature de Romney. Conscient des chiffres le donnant actuellement gagnant chez les indépendants grâce à sa propension à parler des thèmes économiques, le candidat républicain s'est très vite distancé des propos d'Akin en les condamnant fermement.

 

Paul Ryan, co-auteur d'un projet de loi avec Akin à la Chambre des représentants pour resteindre la définition du viol aux Etats-Unis, et par là même, l'accès à l'avortement, a dû abandonner sa position pour coller à celle de Romney, plus modérée. Pour autant, la plateforme du GOP prévoit l'interdiction de l'avortement sans distinction de cas de figure, un gage que Romney a dû concéder à la droite de son parti.

 

Par conséquent, résolu à refaire son image chez les femmes, Romney sort "l'arme lourde" dès ce soir à la convention, puisque sa femme, Ann, y délivrera le discours le plus attendu. Initialement prévu pour lundi soir, le fait que le discours d'Ann Romney ait été déplacé au mardi soir pour coller aux heures d'antennes des chaînes nationales américaines montre son importance pour le camp républicain. A plus forte raison, du fait du décalage de l'ouverture de la convention, le discours de l'épouse de Romney sera la première chose que les téléspectateurs américains verront ce soir.

 

Romney se doit de ne pas manquer son départ cette semaine, étant donné son retard contre le président sortant chez les femmes et sur le plan personnel. Dans une campagne très courte (neuf semaines), les occasions seront rares par la suite pour soigner sa storyline. Bientôt, les débats, les meetings et les levées de fonds reprendront le dessus.

 

 

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L'Amérique de Mitt Romney, la seule biographie en français sur l'adversaire du président Barack Obama. 

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23 août 2012 4 23 /08 /août /2012 17:03

http://thinkprogress.org/wp-content/uploads/2012/08/Romney-campaign-NM.jpg

Hier, dans le Nouveau Mexique, le candidat républicain Mitt Romney a dévoilé son plan pour assurer l'indépendance des Etats-Unis sur le plan énergétique d'ici à 2020 (Photo AP).

 

 

Trois jours avant la convention nationale républicaine de Tampa (Floride), l'adversaire du président Obama, Mitt Romney, gagne du terrain dans les sondages. Tant à l'échelle nationale que dans les Etats-clés de la course à la présidence, Romney refait son retard et maintient ses chances de devancer les démocrates lors de l'élection du 6 novembre. Comme en 2008, la période post-convention, début septembre, pourrait se révéler décisive pour déterminer l'identité du prochain président américain.

 

Les sondages effectués nationalement donnent une bonne idée de l'évolution du rapport de force entre les deux candidats. Sur ce point de vue, pas de doute, Romney est sur la pente ascendante. Il y a trois jours, un sondage AP/GfK montrait qu'Obama ne menait plus Romney que par 47% contre 46%, par rapport à l'écart 47%-44% en faveur du président sortant en juin. Hier, un sondage Fox News indiquait que le ticket Romney-Ryan avait pris la tête sur le duo Obama-Biden (45%-44%, contre 40%-49% le 8 août).

 

La compilation de tous les sondages nationaux par le site Real Clear Politics montre que l'avance d'Obama n'est plus que d'un seul point. Ce dernier conserve l'avantage mais voit son adversaire républicain, jour après jour, lui reprendre du terrain. Une majorité d'Américains (58%) s'attend toujours à ce qu'Obama soit réélu, mais Romney mène à présent 41% contre 30% chez les électeurs indépendants. Ce sont des signaux positifs pour le parti de l'éléphant, à 73 jours de l'élection. 

 

Il convient de noter que l'addition de Paul Ryan au ticket républicain, le 11 août dernier, même si elle contribue à la remontée de Romney, n'a pas eu autant d'effet que les annonces de colistier des années précédentes. On peut l'attribuer au fait que le nominé du GOP (Grand Old Party) a choisi d'annoncer son running mate bien en amont de la convention de Tampa. Le rassemblement républicain, la semaine prochaine, pourrait donc continuer d'influer positivement les sondages du ticket Romney-Ryan, en cas de bonne performance de ce dernier.

 

Pour ce qui est des Etats-clés, un rapprochement similaire est discernable. Celui-ci est plus significatif, aussi, puisque le vote des Etats est celui qui fera celui du Collège électoral, et décidera donc du résultat du scrutin présidentiel. 

 

Comme le montrent les sondages Etat par Etat, Obama est toujours en tête dans six des sept swing-states majeurs. Une performance qui lui offrirait une réélection confortable en novembre. Pour le moment, Romney ne semble avoir pris l'avantage qu'en Caroline du Nord. Mais sa campagne acharnée en Iowa, dans l'Ohio et en Virginie lors des derniers jours montre les battlegrounds sur lesquels l'ancien homme d'affaires compte poser ses pions en priorité.

 

Et pour cause, c'est dans ces Etats que le retard de Romney semble le plus grand (1,8% en Iowa, 1,8% en Ohio et 2% en Virginie). Pareillement, le fait de tenir leur convention en Floride apportera sans doute un petit coup de pouce aux républicains dans cet Etat, où leur retard est quasi-nul (1%). 

 

Néanmoins, l'écart constaté dans les sept Etats-clés de l'élection reste très faible, et il ne cesse de s'amenuiser. Partout l'avance du président diminue, ce qui donne de bons espoirs au GOP de renverser la tendance.

 

Dans le Wisconsin en particulier, les sondages montrent que le choix de Paul Ryan, représentant de cet Etat au Congrès, comme colistier a été judicieux. De six points début août, l'écart entre Romney est Obama est tombé à deux points hier dans le Badger State, selon l'institut Quinnipiac. En 2008, Obama s'y était imposé par une marge de 14 points.

 

Obama se trouve donc toujours en tête de la course à la présidence, mais celle-ci pourrait changer d'orientation très rapidement. Les conventions approchant, les républicains ne manqueront pas de rappeler que celles-ci profitent habituellement au parti du challenger. Dans la foulée des rassemblements de Tampa et de Charlotte, les chiffres du chômage pour août seront publiés le 7 septembre, une donnée capitale deux mois avant l'élection. Après trois rapport négatifs pour le président sortant, le parti de l'âne a un besoin vital d'une hausse sensible des embauches pour contredire le message de Romney sur l'économie.

 

La pression semble ainsi davantage peser sur le camp démocrate que sur le camp républicain. L'équipe de campagne d'Obama a reconnu hier sur Twitter que l'effet d'entraînement médiatique profitait actuellement à Romney. Si ce dernier se doit de ne pas manquer son introduction officielle auprès des Américains, les démocrates devront s'employer tout autant pour éviter de voir leur avance se réduire plus encore au cours des deux prochaines semaines.

 

 

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28 juillet 2012 6 28 /07 /juillet /2012 10:19

http://fitsnews.com/wp-content/uploads/2010/10/televisions.jpg

Une nuée de publicités va s'abattre sur les électeurs américains d'ici au 6 novembre (Photo Reuters)

 

 

Aux Etats-Unis, impossible de mener une bonne campagne présidentielle sans argent. Cet argent sert en effet en premier lieu à financer des spots de publicité, à la télévision ou à la radio, qui ont pour but de promouvoir la campagne d'un candidat ou de critiquer celle de son adversaire. Un outil indispensable pour toucher les électeurs et influencer leur vote.


Ces publicités peuvent être émises soit par les organes de campagne officiels des candidats, soit par des comités de soutien (outside groups) tels que les "SuperPACs".


Régulièrement, retrouvez sur cette page les nouveaux clips des candidats et de leurs alliés. La bataille de la pub fera rage jusqu'au 6 novembre ; elle ne manquera pas d'animer les débats entre Romney et Obama... 

 

Obama for America

Mitt Romney for President

Obama moque les talents de chanteur de Romney tout en le critiquant sur sa carrière à Bain. Romney se venge de l'affront lyrique d'Obama en prenant à partie les classes moyennes.
   
Groupes de soutien démocrates / SuperPACs Groupes de soutien républicains / Super PACs
Les démocrates attaquent Romney sur son passé d'investisseur au sein de la firme Bain Capital. Les républicains critiquent le bilan des démocrates, notamment en matière économique.
 
 
 
 
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21 juillet 2012 6 21 /07 /juillet /2012 16:08

Couv NDA

La Nouvelle Droite Américaine : La radicalisation du Parti républicain à l'ère du Tea Party, sortira le 30 août prochain aux Editions Demopolis.

 


Les Etats-Unis sont plus désunis que jamais. Républicains et démocrates, à l’occasion de l’élection présidentielle de novembre 2012, vont encore se livrer une lutte sans merci pour le contrôle de la Maison-Blanche. Conservateurs fiscaux et traditionalistes religieux contre progressistes économiques et modérés sociaux, la droite et la gauche américaine forment aujourd’hui deux blocs absolument distincts, insécables, irréconciliables. Il n’en fut pas toujours ainsi.


Les Etats-Unis se distinguent de la France, et du régime de la Ve République en particulier, par la volonté originelle de promouvoir le consensus et l’intérêt général plutôt que la dictature d’un parti sur l’autre. Le « fait majoritaire » en vigueur à l’Assemblée nationale n’existe pas au Congrès : là où les règles législatives permettent en France à la majorité d’écraser la minorité cinq ans durant, elles contraignent les partis américains à travailler ensemble, faire des compromis, modérer leurs positions.


Depuis une trentaine d’années, les signes ne manquent pas pour montrer que le Congrès ne fonctionne pas comme les "Pères fondateurs"  George Washington, Thomas Jefferson et consorts  l’ont voulu. Les consensus deviennent de plus en plus rares, l’obstruction parlementaire de plus en plus banalisée. Les partis américains, autrefois idéologiquement et géographiquement divers, deviennent des formations rigides et centralisées à l’européenne. Au sein du régime présidentiel américain, cette « parlementarisation » des partis représente un danger évident.


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Comme le montre leur historique de vote à la Chambre des représentants et au Sénat, jamais les républicains n'ont été aussi conservateurs. Leur éloignement du centre idéologique est responsable du blocage institutionnel du Congrès américain.



Ce livre a pour but de démontrer que si la situation politique contemporaine des Etats-Unis ne fait qu’empirer, cela est en immense partie dû à la radicalisation du Parti républicain. La présidence de Barack Obama, régulièrement qualifié de « communiste » ou de « musulman » par l’opposition, représente un témoignage incontestable du chemin de croix parcouru par la droite américaine modérée, de Dwight Eisenhower jusqu’à Sarah Palin, en passant par Ronald Reagan et George W. Bush.

 

Le Parti républicain est un parti dogmatique, aujourd’hui incompatible avec les vertus d’une Constitution dont les conservateurs se réclament pourtant les plus fervents défenseurs. Le Tea Party, mouvement anciennement indépendant devenu une succursale véritable du « parti de l’éléphant », ne jure que par une idéologie radicale qui n’amènera pas au Congrès le consensus nécessaire pour sortir le pays de la crise politique.


La Nouvelle Droite Américaine revient sur la trentaine d’années qui ont vu le « parti de Lincoln » devenir celui de Michele Bachmann ou Rick Santorum. Cet essai décrypte les développements des quatre années au pouvoir de Barack Obama, et sa lutte contre la coalition du Parti républicain, de la droite chrétienne et du Tea Party.

 

Tous les sujets y sont abordés, de l'avortement à la politique étrangère des Etats-Unis, d'Obamacare à la fiscalité, sans oublier le port d'armes ou l'immigration. C'est un outil indispensable pour comprendre les enjeux de l’élection présidentielle de 2012, et en particulier le programme du nominé républicain Mitt Romney.

 


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