5 novembre 2012 1 05 /11 /novembre /2012 08:08

 

A la veille de l'élection, Romney perd du terrain, Obama favori

(Dernière mise à jour : 5 novembre 2012)

 

Même si les sondages à l'échelle nationale sont un bon indicateur de la distribution du vote populaire entre Barack Obama et Mitt Romney (voir la page Sondages nationaux : Obama contre Romney), c'est bien Etat par Etat que l'élection présidentielle de 2012 se jouera.

 

Pour les deux candidats, il s'agit d'obtenir suffisamment d'Etats pour surpasser la barre des 270 Grands Electeurs (majorité absolue des 538 représentants au Collège électoral), qui ouvre les portes de la Maison-Blanche.

 

La carte ci-dessous indique les Etats disputés, dans lesquels tout se jouera (swing-states, violet). En effet, certains Etats sont d'ores et déjà solidement acquis à la cause républicaine, et pareillement pour les démocrates (rouge foncé et bleu foncé). Dans certains autres, la bascule est envisageable, quoique l'un des deux partis y possède un avantage pour le moment (rouge clair et bleu clair).


 

Carte-Vierge-Sondages-Novembre-copie-1.gif

 

 

En fonction des résultats des élections présidentielles précédentes, des sondages actuels et du profil des candidats, sept Etats ont été sélectionnés comme étant les plus susceptibles d'être décisifs lors de l'échéance de novembre. Cette liste est appelée à évoluer au cours des prochains jours, tout comme évidemment la carte ci-dessus.


tab-ss-5-nov.jpg

 

Si les Etats devaient être répartis comme indiqué sur la carte et dans le tableau ci-dessus, voici quel serait le résultat de l'élection présidentielle du 6 novembre


 coll-elec-5-nov.jpg                                                                               

 

 

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5 novembre 2012 1 05 /11 /novembre /2012 07:57

 

Le rapport de force entre le président démocrate sortant Barack Obama et son adversaire républicain Mitt Romney, au 4 novembre 2012 :


 

 

PPP (D)

Rasmussen (R)

WPost/ABC

MOYENNE

 

(4 novembre)

(4 novembre)

(4 novembre)

(4 novembre)

Barack

OBAMA (D)

50%

49%

49%

49%

Mitt

ROMNEY (R)

48%

49%

48%

48%

 

                                                                                                                           snc-4-nov.jpg                                                                                           sn-4-nov.jpg                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                              

Il est utile de comparer divers instituts de sondage pour avoir une estimation plus précise des forces en présence à l'échelle nationale. Public Policy Polling penche côté démocrate, tandis que Rasmussen penche côté républicain. L'association entre le Washington Post et ABC News est neutre. 

 

L'élection présidentielle américaine étant indirecte, les sondages réalisés nationalement sont à prendre avec grande précaution. Bien que ce soit le cas le plus souvent, le vainqueur du vote populaire n'est pas systématiquement élu à la Maison-Blanche. Le nombre de grands électeurs au Collège électoral, in fine, décidera de l'identité du prochain président des Etats-Unis. (Voir la page Sondages Etat par Etat : Obama contre Romney)

 

Cela signifie qu'il convient de surveiller de très près les sondages effectués dans les Etats-clés de l'élection, qui sont une dizaine à pouvoir faire pencher la balance, d'un côté ou de l'autre, le 6 novembre 2012.

 


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29 octobre 2012 1 29 /10 /octobre /2012 06:39

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25 octobre 2012 4 25 /10 /octobre /2012 21:37

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Mitt Romney et Barack Obama, la semaine dernière lors d'un dîner de charité à New York (Photo Reuters)

 

Article paru dans le Huffington Post le 24 octobre 2012.

 

On l'a déjà assez dit : l'élection présidentielle américaine n'est pas une course nationale, mais une course aux Grands Electeurs, formellement des "points" attribués Etat par Etat. Le Wyoming ou l'Alaska par exemple, du fait du faible poids de leur population, délivrent chacun 3 "points" ou Grands Electeurs, tandis que la Californie en délivre 55. Au total, 538 "points" sont sur la table ; le candidat qui parvient à en remporter une majorité, soit 270, devient président des Etats-Unis.

 
Si l'élection ne sera scellée que dans deux semaines, on sait d'ores et déjà que certains Etats voteront démocrate (New York, Illinois, Vermont) ou républicain (Oklahoma, Utah, Texas). Selon les estimations initiales de la course, Obama partirait avec un total de 247 Grands Electeurs à peu près acquis, contre 191 à Romney, répartis sur 43 Etats, plus le district de Columbia.

2012-10-24-romney1.jpg

Source : www.270towin.com

 

Les fondamentaux de l'élection portent donc à croire que la course ne se joue en réalité que dans sept Etats : le Colorado, l'Iowa, le Wisconsin, l'Ohio, la Virginie, la Caroline du Nord et la Floride, qui comptent à eux seuls pour 100 Grands Electeurs. Leur répartition entre les deux candidats, au lendemain de l'élection, déterminera le nom du futur président américain. La raison pour laquelle Obama est depuis le départ considéré comme favori est qu'il a un chemin beaucoup plus court à parcourir que Romney pour atteindre la barre des 270 Grands Electeurs : il ne lui suffit que de 23 Grands Electeurs sur les 100 encore en jeu pour l'emporter.


Sur la base des sondages actuels, dont la moyenne est publiée quotidiennement par le site Real Clear Politics, Romney est largement favori en Caroline du Nord (+5,6%). Le président a officiellement perdu tout espoir de gagner cet Etat puisque le "Tar Heel State" ne figure pas au programme de ses visites cette semaine. Romney semble également en avance de 2 points environ en Floride, soit une marge similaire à celle d'Obama en 2008 à la même époque - qui lui avait suffi pour écarter McCain. Enfin, la dynamique de Romney est positive dans le Colorado ou la Virginie, qui semblent ensuite les plus proches de la bascule.


2012-10-24-romney2.jpg

Source : Le site officiel de Soufian Alsabbagh, www.laquatriemevoie.fr

 

Par conséquent, si l'élection devait avoir lieu aujourd'hui, et les Etats se répartir comme sur le tableau ci-dessus, Obama s'imposerait au Collège Electoral, par 281 Grands Electeurs contre 257 pour Romney. Néanmoins, il suffirait à Romney de rattraper son déficit de 1,9% en Ohio pour renverser l'équilibre des forces au Collège Electoral : 263 Grands Electeurs pour Obama, battu, contre 275 pour Romney, élu.


Voici la raison pour laquelle l'Ohio est l'Etat le plus important de l'élection de 2012. Obama y jette toutes ses forces, avec une double visite du vice-président Biden et de lui-même hier. Romney, lors des deux dernières semaines, s'est rendu dans l'Etat à sept reprises, ce qui en dit long sur l'importance du "Buckeye State" pour le Républicain. Les sondages y ont toujours été plutôt favorables aux démocrates au cours de l'année 2012, mais un resserrement est palpable ces dernières semaines.


Par conséquent, Romney possède deux options pour gagner. La première est très simple : assiéger l'Ohio sans relâche en tentant de conserver ses gains récents dans le Colorado ou la Virginie. La seconde est plus compliquée : en supposant que les démocrates s'accrochent au Graal que représente l'Ohio, les républicains devraient emprunter une autre route pour trouver au moins 13 Grands Electeurs dans un ou plusieurs autres Etats (toujours en supposant que le Colorado et la Virginie tombent dans les mains de Romney).


Cela pourrait se faire avec une combinaison New Hampshire-Wisconsin (14 Grands Electeurs à eux deux) - un Etat gagné par Bush en 2000 et l'Etat d'attache du colistier de Romney, Paul Ryan. Cela pourrait se faire par une combinaison Iowa-Michigan (22 Grands Electeurs à eux deux) - un Etat gagné par Bush en 2000 et l'Etat de naissance de Romney. Troisième solution - mais il en existe de nombreuses autres : Romney pourrait se contenter de retirer la Pennsylvanie de la colonne démocrate (20 Grands Electeurs). Mais ce cas de figure est improbable puisque la Pennsylvanie est légèrement plus démocrate que l'Ohio, et que Romney n'aura visiblement pas le premier Etat sans le second.


2012-10-24-romney3.png

En arrachant le Wisconsin et le New Hampshire aux démocrates, tout en perdant l'Ohio, Romney serait élu avec 271 Grands Electeurs. (Source : www.270towin.com)

 

Toutes ces combinaisons sont relativement improbables puisque Romney apparaît plus en difficulté dans les sondages de ces Etats à l'heure actuelle. Néanmoins, elles ne sont pas impossibles, les chiffres y ayant légèrement fléchi en sa faveur au cours des dernières semaines (notamment dans le Nevada, dans le Wisconsin et en Pennsylvanie). En dépit d'un avantage financier important, grâce notamment au soutien de groupes financiers et autres lobbies extérieurs à sa campagne officielle, Romney aura du mal à combler un retard de trois points en deux semaines dans un Etat. Aussi pourrait-il être tenté par la solution la plus facile numériquement, mais lui laissant le moins de marge d'erreur : tout miser sur l'Ohio.

 

Le temps étant désormais plus que limité pour lui, Romney doit faire un choix très rapidement : jeter toutes ses forces dans le "Buckeye State", ou contourner l'Ohio et le laisser aux démocrates en investissant dans des Etats afférents a priori plus hostiles, mais peut-être un peu plus délaissés par Obama. Si la deuxième solution est préférée à la première, Romney devra affronter l'histoire : depuis 1964, aucun président n'a été élu sans remporter l'Ohio, et de tous les nominés républicains à la présidentielle américaine, pas un seul n'a été élu sans remporter le "Buckeye State".


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24 octobre 2012 3 24 /10 /octobre /2012 09:16

http://referentiel.nouvelobs.com/wsfile/0631350991137.jpg

Obama et Romney lors du dernier débat télévisé, le 22 octobre 2012 (Saul Loeb/AFP)

 


Il est toujours intéressant de regarder comment sont analysées les choses par la presse américaine et par la presse française. A l'issue de ce troisième et dernier débat entre Obama et Romney, le traitement est sensiblement différent. Alors que les médias français titrent sur la victoire d'Obama, les médias américains sont nettement moins formels : ils se montrent très critiques avec Romney, mais ne considèrent pas non plus qu'Obama a triomphé.

 

Même en supposant qu'Obama a dominé le débat de lundi, on peut se demander quel impact cela aura sur les sondages d'intention de vote. En effet, le candidat démocrate a eu beau emporter le deuxième débat, l'effet sur les sondages a été quasi nul.


A l'inverse, lorsque Mitt Romney avait dominé le premier débat, il avait gagné 3 points dans les sondages ! En termes de dynamique électorale, cette confrontation a été cruciale.


http://referentiel.nouvelobs.com/wsfile/8831350990924.jpg

Source : Real Clear Politics, 23 octobre 2012


Par ailleurs, le débat de lundi a probablement été le moins suivi des trois, dans la mesure où il concernait la politique étrangère, qui n'est pas la thématique passionnant le plus les Américains. En outre, il se déroulait en même temps que deux matches importants de football américain.


La question est donc plutôt de savoir si la prestation d'Obama lors du dernier débat peut endiguer la remontée de Romney dans les sondages. Réponse dans deux jours environ, lorsque les nouveaux sondages sur les intentions de vote seront connus.


On voit donc que depuis trois semaines, Mitt Romney remonte dans les sondages. Il parvient enfin à combler le "gender gap", c'est-à-dire à rallier un électorat féminin qui se montrait jusqu'à présent sceptique face à ses arguments belliqueux. Il a poli son discours.


Parallèlement, Barack Obama perd petit à petit les intentions de vote des "blue-collar workers", les ouvriers.


Ces positions respectives ont d'ailleurs trouvé leur illustration dans le débat de lundi : Obama avait l'attitude offensive de celui qui perd du terrain, Romney celle défensive de celui qui a de l'avance.

 

Globalement, les trois débats entre candidats à l'élection présidentielle américaine ont donc servi Mitt  Romney plus que Barack Obama. Deux lectures sont possibles :

 - Le candidat républicain a vraiment fait des prestations incroyables et convaincantes ;

 - C'est un juste retour des choses, un retour à la normale, après un gouffre très important creusé entre les deux candidats en septembre.


La seconde explication semble tout aussi valide que la première. En septembre, le candidat républicain avait énormément de retard dans les sondages, à cause de ses bourdes successives et du bon discours de la convention démocrate d'Obama. D'une certaine façon, il ne pouvait que remonter, son retard était presque mécanique.

 

A présent nous nous trouvons dans une élection très serrée, où les soutiens à l'un et l'autre des candidats sont presque égaux.


Il reste deux semaines de campagne et une chose est sûre : le combat va être acharné. Obama va se rendre dans sept Etats en deux jours. Romney, qui dispose de plus d'argent pour sa campagne, va en jeter là où il faut. La Floride et la Virginie semblent notamment basculer.


Trois Etats sont clés pour les démocrates et Mitt Romney ne manquera pas de s'y rendre pour tenter d'y faire la différence : l'Iowa, le Nevada et l'Ohio. 

 

Propos recueuillis par Hélène Decommer, du Plus du Nouvel Observateur. Article paru le 23 octobre 2012.


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21 octobre 2012 7 21 /10 /octobre /2012 17:07

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Mitt Romney et Barack Obama lors du deuxième débat présidentiel, le 16 octobre à Long Island (New York) (Photo A. Behar/SIPA)

 

 

Barack Obama a été meilleur dans le deuxième débat que lors du premier. Il a gagné ce débat d’une très courte tête, selon les premiers sondages, mais le candidat républicain s’était démarqué de manière plus exceptionnelle au cours de la première joute.

 

En décomposant ces échanges face à une audience de 82 Américains « indécis », on distingue clairement trois parties :

 

 

1. Avantage à Romney, le modéré


Mitt Romney a remis ses habits de « modéré » qu’il avait adoptés lors du premier débat, il s’en est plutôt bien sorti au départ. Il a réitéré le fait qu’il ne diminuerait pas les impôts pour les plus riches contrairement à ce que Barack Obama disait. Il a grandement insisté sur l’égalité hommes-femmes dans les salaires : aucun hasard, il sait qu’il a un important déficit chez les femmes et que c’est grâce à elles qu’il peut rattraper son retard. Mais en s’exprimant contre une contraception financée par des fonds fédéraux mais pour une contraception pour tous, c’est difficile de séduire une majorité de femmes. Il aura, cela dit, le soutien de femmes mariées sur ce point, qui forment une grande part de l’électorat féminin. Ensuite, lorsqu’a été évoqué George W. Bush, il a réussi à démontrer et surligner deux ou trois points qui le distanceraient du précédent président républicain, notamment concernant le déficit, les guerres et l’immigration.

 

 

2. Obama – Romney : égalité


Dans une deuxième partie, les candidats ont été plutôt à égalité : Barack Obama a fait quelques erreurs et Mitt Romney aussi. Concernant l’immigration, il n’a pas réussi à proposer un plan viable et il est tombé dans le piège d’Obama à propos du « DREAM Act » - un projet de loi proposé par les républicains en 2000 – et que Romney a prévu de ne pas adopter s’il obtenait la présidence, contrairement à Barack Obama qui a fait campagne sur ce point. 

 

A propos du « gun control », ni le président, ni Romney n’ont fourni une réponse adéquate : les deux candidats ont émis leur volonté de travailler de manière bipartisane.

 

Enfin, à propos de la Libye, nous avons assisté à un tournant du débat. Le candidat républicain a essayé de défier le président en affirmant « Monsieur le président, vous n’avez pas identifié les attaques de Benghazi comme étant terroristes, ou seulement 14 jours après les attentats et les assassinats de l’ambassadeur américain. » La journaliste l’a alors coupé en précisant que le président l’avait dit dès le lendemain lors d’une conférence de presse.

 

 

Cela restera un moment clé du débat. Et, dans l’opinion publique, ces 20 secondes de débat vont faire que l’on retiendra que Barack Obama a gagné.

 

 

3. Faute de Romney, avantage Barack Obama


Mitt Romney a ensuite eu beaucoup plus de difficultés, laissant Obama prendre l’avantage à la fin du débat. Le président a notamment attaqué sur la Chine, précisant que la carrière de businessman de Mitt Romney l’empêcherait de freiner la délocalisation des emplois dans ce pays. Enfin, sa plus grosse victoire s’est faite sur la dernière question d’un des électeurs qui leur a demandé quel était le plus important préjugé qu’on émettait à leur égard : le candidat républicain anticipe l’attaque à propos de cette vidéo où il parle des « 47% d’assistés qui votent pour Obama ». Or Barack Obama avait la parole pour clore le débat, il a donc assuré une très bonne prestation en deux minutes et clamé haut et fort que Mitt Romney n’a pas du tout l’intention de mener des politiques centristes comme le candidat républicain pouvait le défendre dans la première partie du débat. Finir le débat avec un tel argument en demandant quatre années de plus, c’était un vrai moment fort.

 

 

Plus généralement, après la crise de 2008, l’économie reste un thème crucial de la campagne et a été évoqué mardi soir. Barack Obama a essayé de souligner qu’ils avaient tous deux des propositions assez similaires. Mitt Romney a cependant de nouveau insisté sur le fait que 12 millions d’emplois seraient créés en quatre ans s’il était élu. Le bureau du budget au Congrès, le très sérieux CBO, avait en effet annoncé dans ses projections un taux de chômage à 5.6% d’ici 2016. Mitt  Romney a donc promis ces 5,6% de chômage (http://www.cbo.gov/sites/default/files/cbofiles/attachments/01-31-2012_Outlook.pdf). C’est un chiffre très officiel dont il se sert tout en faisant remarquer que les politiques de Barack Obama ne favoriseront pas la croissance nécessaire à cette diminution du chômage, notamment à cause des impôts supplémentaires sur les sociétés et les plus fortunés. Un moye de rappeler qu’il fallait remplacer la « stagnation » d’Obama par une « Romney recovery », une reprise à la Romney.

 

 

Le sprint final


Désormais, c’est le sprint final, il reste trois semaines, les candidats ne doivent plus réfléchir trop longuement et investir de l’argent dans les spots télé et radio – comme Romney l’a fait – dans l’Ohio, en Floride, dans le Colorado, dans l’Iowa, etc. Il y a sept Etats-clés, pas plus : Mitt Romney a réussi, grâce au premier débat, à remonter dans les sondages dans ces « swing states ». Il a perdu d’une courte tête ce deuxième débat et il faut qu’il investisse encore plus pour compenser sa performance. La victoire est encore jouable pour lui, mais ce sera plus difficile que s’il n’y avait pas eu de deuxième débat.

 

 

Il y en a un troisième, qui a lieu lundi prochain, au cours duquel  les candidats vont aborder les questions de politique étrangère. Le cadre sera très particulier puisque cela se passe en Floride, un Etat-clé capital. Mitt Romney s’est trompé sur la Libye lors de ce deuxième débat, les choses peuvent encore bouger, peut-être que Barack Obama se trompera lui aussi. Cela dit, les républicains ont plus d’argent à mettre dans les pubs électorales et ça pourrait les aider. Le troisième débat sera au moins aussi serré que celui-ci, sans changer forcément la donne, l’élection va donc se jouer sur le fil du rasoir.


 

Propos recueuillis par Melissa Bounoua, du Plus du Nouvel Observateur. Article paru le 17 octobre 2012.


 

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19 octobre 2012 5 19 /10 /octobre /2012 12:49
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14 octobre 2012 7 14 /10 /octobre /2012 11:07

 

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5 octobre 2012 5 05 /10 /octobre /2012 10:05

http://referentiel.nouvelobs.com/wsfile/8471349345311.jpg

Pendant que Romney lui parlait, Obama a passé le plus clair de son temps à regarder ses notes. Erreur majeure du président sortant. (Photo AP)

 

 

La presse américaine et française sont assez formelles sur ce point : c'est Mitt Romney, le candidat républicain, qui a dominé le premier débat de la campagne électorale américaine, alors même qu'Obama bénéficie d'une large avance dans les sondages. L'avis des téléspectateurs américains est lui aussi tranché : 67% jugent que Romney a gagné cet échange.


Par quels biais le républicain a-t-il pris le dessus ? Trois points peuvent être mis en évidence.

 

1-  Une domination physique


La forme est toujours importante dans un débat en face à face. Cette nuit, la confrontation physique entre les deux hommes fut assez marquée.


Mitt Romney a particulièrement réussi son entrée en matière, à savoir la première demi-heure du débat. Cela lui a d'emblée conféré l'avantage. Il savait qu'il devait attaquer fort et y est parvenu.


Puis les postures physiques ont beaucoup joué sur l'aspect visuel du débat. D'un côté, un Barack Obama très (trop ?) présidentiel, droit dans ses bottes, qui regardait la caméra ou le modérateur et prenait des notes lorsque son adversaire s'exprimait. De l'autre, un Romney tout feu tout flammes, physiquement animé, qui regardait Obama dès qu'il s'exprimait et se tournait également vers lui lorsqu'il exposait quelque chose.


Enfin, Mitt Romney a largement marché sur les platebandes du modérateur – d'ailleurs beaucoup critiqué aujourd'hui par ses confrères journalistes américains -, en empiètant sur le temps de parole de son adversaire. Le modérateur du débat s'est laissé déborder et ne l'a pas coupé. C'est ainsi que seulement cinq thèmes économiques sur six ont été abordés


 2-      Une meilleure préparation chez Romney


La primaire républicaine comprenait 20 débats, qui ont permis à Romney de se faire la main. Par ailleurs, lorsque les démocrates tenaient leur convention à Charlotte il y a un mois, Mitt Romney était déjà en train de se préparer au débat d'hier soir. Il a passé quatre jours reclus chez lui, avec son équipe rapprochée, à s'entraîner. Cela s'est nettement vu dans l'échange d'hier.


En face, Barack Obama n'avait consacré qu'une semaine à la préparation du débat. Trop court. En guise de riposte, il a fait preuve de suffisance et a pris son adversaire un peu de haut. Mais Romney étant très entraîné sur le fond comme sur la forme, il a conservé son avantage.


Le candidat républicain avait préparé bon nombre de petites phrases et astuces qui font l'histoire des débats politiques. Lorsqu'Obama lui a fait valoir que son bilan aurait pu être bien pire, Romney a répondu : "Je suis père de cinq fils et habitué aux gens qui savent que ce qu'ils disent est faux, mais continuent à le répéter".


Romney s'est surtout attaché à parler des classes moyennes, se détachant de son image de millionnaire coupé du peuple. Il n'a cessé de les défendre, de prendre des exemples, de relater ses rencontres sur le terrain. Au total, il a consacré au moins dix occurrences aux classes moyennes.


D'autres petites phrases cinglantes sur les impôts et la réforme du médicare semblaient préparées à l'avance et ont été bien envoyées.


Au final, Mitt Romney n'a jamais été pris au dépourvu, il est toujours parvenu à répliquer quelque chose à son adversaire.


 3-      Un fact-checking astucieux


Mitt Romney s'est livré à un fact-checking assez intéressant, en présentant les chiffres du chômage, de la dette, de la croissance, etc., qui ne sont pas à l'avantage de Barack Obama. Il a démontré avec succès que le bilan de son adversaire n'est pas satisfaisant.


Les propos du candidat républicain auraient eux-aussi mérité vérification, voire démontage en règle, mais Obama ne s'est pas plié à cet exercice en direct. De même, le candidat démocrate aurait pu relever la filiation entre Romney et Bush junior, que le premier tente de masquer depuis le début de la campagne. Là encore, une bonne occasion de reprendre le dessus a été manquée par Obama.

 

La victoire de Romney dans ce débat est donc indéniable. Va-t-elle se concrétiser dans les sondages, qui étaient jusqu'à hier largement à l'avantage d'Obama ? De nouveaux chiffres devraient bientôt tomber. Le candidat républicain s'est en tout cas donné les moyens d'un retour en force, qui lui permet maintenant d'espérer un come-back dans la course à la présidentielle.


 

Propos recueillis par Hélène Decommer, du Plus du Nouvel Observateur. Article paru le 4 octobre 2012.

 


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