7 novembre 2011 1 07 /11 /novembre /2011 19:17

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Mercredi soir, les candidats républicains prendront part à leur sixième joute en deux mois (Hanover, NH, 11 octobre 2011)

 

 

Les trois dernières semaines de campagne, bien que privées de débat, ont été bien chargées. La confrontation de ce soir, à Rochester (Michigan), inaugure une série de cinq rencontres qui mènera les prétendants républicains à la Maison-Blanche jusqu'aux caucus de l'Iowa qui, le 3 janvier, marqueront le début des primaires. Quels sont les enjeux auxquels les candidats devront faire face ?

 

Cela fait maintenant dix jours que les accusations d'harcèlement sexuel s'enchaînent contre Herman Cain, qui a pris la tête de nombreux sondages au cours du mois d'octobre. Pour le moment, même si son indice de favorabilité pâlit, ses chiffres ne s'érodent pas dans les consultations. Lundi, un sondage Washington Post/ABC News a même montré que la majorité des électeurs républicains ne croyaient pas que les allégations à l'égard de Cain étaient sérieuses.

 

Toutefois, il est d'ores et déjà acquis qu'Herman Cain ne pourra pas éviter les questions gênantes du modérateur du débat organisé par la chaîne CNBC. Cette dernière, bien qu'ayant prévu de privilégier les questions économiques, a déclaré via son porte-parole qu'il n'y aurait "aucune restriction". Reste à savoir si les adversaires de Cain aborderont le sujet pour tenter de mettre l'ancien PDG de Godfather's Pizza encore un peu plus en difficulté. 

 

Alors que les militants sont de plus en plus nombreux à attendre un mea culpa de la part de Cain, ses concurrents restent très prudents quant à la tactique à adopter. En fin de semaine dernière, Jon Huntsman et Newt Gingrich avaient déjà appelé Herman Cain à s'expliquer sur les faits qui lui sont maintenant reprochés par cinq femmes différentes. Hier, Mitt Romney est allé un petit peu plus loin en soulignant "l'importance de reconnaître qu'un certain nombre de femmes ont fait part d'un problème". "Les charges émises par ces femmes sont particulièrement dérangeantes, et elles sont sérieuses", a-t-il ajouté sur ABC News. 

 

Le scandale qui touche Herman Cain est une occasion pour Romney de montrer, lors du débat de ce soir, qu'il est bel et bien le favori des primaires. Pourtant, ses changements de positions, son passé de gouverneur d'un Etat progressiste, ainsi que sa religion mormone le rendent très impopulaire au sein de la droite chrétienne. Samedi dernier, l'organisation du Tea Party de Floride a déclaré la guerre à ce candidat "que l'establishment veut nous forcer à sélectionner".  

 

Selon Alex Castellanos, le manager de la campagne présidentielle de Romney en 2008, "son plus grand problème n'est pas la flexibilité de ses opinions, mais son actuel manque de passion". Ce soir, à défaut de passionner le public, l'objectif de Romney sera de montrer une fois de plus son assurance en débat. Comme les médias américains le soulignent depuis septembre, cette caractéristique fait de lui le candidat le plus présidentiable au milieu de candidats médiocres.

 

Ainsi, tout en jouant de la période trouble dans laquelle Herman Cain se trouve, Romney devra veiller à contenir les ardeurs de ses concurrents, qui savent qu'à moins de deux mois de l'Iowa, le temps est compté pour occuper le devant de la scène. Newt Gingrich aura à coeur de montrer ses talents d'orateur, déjà démontrés en septembre et en octobre. L'ancien président de la Chambre des représentants s'essaye à la même tactique que celle de John McCain en 2007, qui consiste à faire son comeback via de solides performances en débat.

 

Par ailleurs, Rick Perry doit à tout prix se faire remarquer pour stopper la fuite des électeurs qui le touche depuis maintenant un mois. Si cela passe par une attaque sommaire contre Mitt Romney, comme ce fut déjà le cas il y a trois semaines, le gouverneur du Texas n'hésitera pas à se lancer. Il lui faut impérativement remonter dans les sondages pour espérer bien figurer en Iowa et en Caroline du Sud, des scrutins qui lui étaient très favorables avant l'arrivée au sommet de Cain.

 

L'économie sera au centre des deux heures de débat ; a priori, cela avantage Mitt Romney, perçu comme très solide en la matière. Néanmoins, ce dernier n'aura pas la partie facile, car au fur et à mesure que les primaires s'approchent, ses adversaires vont se faire de plus en plus agressifs.

 


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6 novembre 2011 7 06 /11 /novembre /2011 09:46

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 Il y a trois ans, Barack Obama était élu président des Etats-Unis dans la liesse populaire... Une image que l'on reverra l'an prochain ? Pour le moment, rien n'est moins sûr. (Grant Park de Chicago, 4 novembre 2008 / AFP)

 

 

Le 6 novembre 2012, le nom de Barack Obama sera sans aucun doute sur les bulletins de vote, à l'heure où le président réclamera un deuxième mandat de quatre ans aux Américains. Le mystère plane encore sur l'identité de son adversaire, une interrogation à laquelle les primaires républicaines du printemps prochain ne tarderont pas à répondre.

 

Malgré tous les avantages dont peut jouir un président sortant, Obama n'a pas l'élection gagnée d'avance. Le pays, qui ne parvient pas à sortir d'une grave récession, est au bord de la crise existentielle : le fossé entre ses deux principaux partis est tel que les institutions américaines sont aujourd'hui largement défaillantes, à commencer par le Congrès. La campagne de 2012 sera rythmée non par les slogans d'espoir et de changement qu'Obama a utilisés en 2008, mais par les spots télévisés les plus vicieux et médisants qui sont habituellement partie prenante des campagnes de réélection.

 

Trois ans après le "phénomène Obama", les Américains pourraient être tentés de redonner l'avantage aux républicains. Ils l'ont fait lors des élections de mi-mandat, dans un contexte de crise qui sera toujours d'actualité en novembre 2012. Mais alors que l'influence du Tea Party se fait toujours plus pressante, l'autre terme de l'alternative sera-t-il envisageable ?

 

 

L'Amérique manque de confiance en l'économie et en ses dirigeants


 

Plus que tout autre indice, le taux de chômage, dans un an, aura un poids considérable sur l'issue de l'élection. En janvier 2009, alors qu'Obama était intronisé président, 7,7% des Américains n'avaient pas d'emploi. Ce taux est aujourd'hui de 9,0%, alors que le président avait prédit que son plan de relance de février 2009 le garderait au-dessous de la barre des 8%.


Depuis 1980, l'histoire a prouvé qu'il était difficile pour un président d'être réélu avec utaux de chômage supérieur à 7%. Seul Ronald Reagan, en 1984, a réussi cette prouesse, avec alors 7,2% des Américains à la recherche d'un emploi. Or, les spécialistes ne s'attendent pas à ce que le taux de chômage descende en-dessous de 7,7% en novembre 2012. 


Pourtant, Barack Obama profitera toujours des avantages non négligeables dont disposent les présidents sortants, que ce soit en termes d'organisation électorale, de soutiens ou de financement. Ainsi, sur les treize derniers présidents ayant fait campagne pour être réélus, dix ont trouvé le chemin du succès. Cependant, comme le taux de chômage, la cote de popularité d'Obama, actuellement de 43%, est annonciatrice de défaite. Depuis 1952, aucun président avec une cote de popularité de moins de 49% à un an de l'élection générale n'a été réélu.

 

La popularité d'Obama, comme le signalait la semaine dernière l'animateur Jay Leno, est toujours plus importante que celle du Congrès. Le mois dernier, seulement 13% des Américains approuvaient l'action du Congrès, selon Gallup. La branche législative, à commencer par sa chambre haute (le Sénat), est minée par deux partis qui refusent tout accord majeur en commun. Or, la rigidité institutionnelle qu'induit un régime présidentiel nécessite un consensus de tous les instants pour fonctionner correctement.

 

Le parti républicain semble plus que jamais décidé à entraver la marche du président Obama vers la réélection. Le Tea Party, en particulier, reflète le pouvoir grandissant de la droite la plus conservatrice en son sein. Depuis sa victoire lors des élections de mi-mandat, le "parti de l'éléphant" n'a qu'un seul credo : mettre son champion pour la présidentielle de 2012 dans les meilleures conditions pour battre le président sortant. Selon les mots de Mitch McConnell, président de la minorité républicaine au Sénat : "La seule et unique chose qui importe pour nous, c'est qu'Obama ne fasse qu'un mandat".


 

Obama doit défendre son bilan en 2012


 

En conséquence, quand Obama a perdu sa majorité à la Chambre des représentants en novembre 2010, sa tâche s'est considérablement compliquée. Le président est conscient qu'il doit faire redescendre le taux de chômage dans les douze mois à venir, c'est pourquoi il ne cesse de parcourir le pays pour promouvoir son plan national pour l'emploi. Mais depuis son annonce en septembre dernier, l'American Jobs Act a été démonté pièce par pièce par la flibuste républicaine au Sénat.

 

Les républicains reprochent à Obama son manque de leadership en matière économique entre janvier 2009 et janvier 2011, losqu'il avait le contrôle des deux chambres du Congrès. Les démocrates, avec maintenant un peu de recul, réalisent qu'en consacrant une immense partie de son capital politique au passage de son plan pour la santé, le président n'a pas pu être efficace sur le front de l'économie. Dans son dernier livre, Bill Clinton lui-même confie ses doutes sur la politique économique et fiscale de son collègue démocrate, en invoquant notamment l'épisode de la hausse du plafond de la dette.

 

Les Américains n'en feront sans doute que peu de cas l'an prochain, mais la politique étrangère d'Obama a été largement couronnée de succès. Les morts d'Oussama Ben Laden en mai 2011, puis de Mouammar Kadhafi en octobre dernier, lui ont apporté un petit coup de pouce dans les sondages. Seule ombre au tableau : le processus de paix israélo-palestinien, dressé comme une priorité absolue par Obama au début de son mandat. Celui-ci demeure aujourd'hui au point mort, et les tentatives de relance d'Obama, à l'automne 2010, n'y ont décidément rien changé.

 

Cela fait maintenant plus de sept mois que le président sortant est officiellement candidat à sa propre succession. Très vite, il lui a été reproché de faire passer la politique avant le sort de l'Amérique, notamment en annonçant viser le milliard de dollars de fonds pour sa campagne de 2012. Les mots-clés "Hope" et "Change"ont été remplacés par le "We can't wait" de son plan pour l'emploi, qui a formellement lancé sa campagne de 2012 il y deux mois.

 

Comme lors de nombreuses de campagnes de réélection, la peur prendra l'an prochain le pas sur l'espoir. Le démocrate va tenter de convaincre les Américains qu'il ne faut pas retourner à l'époque de Bush, tandis que le républicain menacera l'Amérique d'une catastrophe si elle reconduit le président actuel. La campagne de 2012 sera sans aucun doute très négative, comme ce fut le cas en 2004, par exemple. Le duel Kerry-Bush avait été marqué par les insinuations les plus mesquines qui soient, clips télévisés à l'appui.

 

Par rapport à 2008, Obama a 354 grands électeurs et 28 Etats à défendre pour, de nouveau, atteindre le "chiffre magique" de 270 grands électeurs. Neuf Etats-clés, ravis aux républicains en 2008, seront au centre de l'attention l'an prochain : il s'agit du Colorado, de l'Indiana, de la Floride, de l'Ohio, de la Caroline du Nord, de l'Iowa, du Nevada, de la Virginie et du Nouveau-Mexique. L'Indiana, par exemple, est d'ores et déjà perdu pour le président. En fonction de l'identité du nominé républicain, d'autre Etats plus solidement démocrates pourraient être remis en jeu, notamment la Pennsylvanie, le New Hampshire ou le Michigan.


 

Une primaire républicaine très incertaine


 

La campagne des primaires qui, contrairement à 2008, ne concerne que le parti républicain, est jusqu'à présent caractérisée par sa lenteur et son manque d'enthousiasme. Alors qu'au printemps 2007, le champ des candidats républicains et démocrates était fixé, il a fallu attendre l'automne 2011 pour connaître le panel complet des prétendants du parti de l'éléphant à la Maison-Blanche.

 

En juin, moins de la moitié des républicains étaient satisfaits par le choix des candidats qui leur était proposé. L'annonce de candidature de Rick Perry, en août, a relancé l'intérêt des Américains pour la primaire, avant que le gouverneur du Texas ne plombe sa campagne par des performances très médiocres en débat. Début octobre, le dernier espoir des républicains pour faire entrer en course Chris Christie, le charismatique gouverneur du New Jersey, a été éteint.

 

Les militants du parti de l'éléphant n'ont donc d'autre choix que de composer avec un manque d'entrain caractérisé par son favori le plus stable depuis le début de l'année : l'ancien gouverneur du Massachusetts Mitt Romney. Ce dernier, ancien homme d'affaires à succès, est perçu comme très crédible sur les questions économiques. Cependant, sa religion mormone et son passé de gouverneur d'un Etat très modéré, à contre-courant de la vague du Tea Party, ne jouent pas en sa faveur.

 

Ainsi, tout au long de 2011, les républicains ont cherché à éviter la nomination de Romney en propulsant, tour à tour, un nouveau candidat au sommet des sondages. Newt Gingrich, Tim Pawlenty, Michele Bachmann, Rick Perry, et maintenant Herman Cain... Tous ont incarné l'alternative à un homme dont seulement un quart de militants souhaitent l'investiture, mais qui pourrait bien finir par être sacré champion par défaut. Le scandale Cain laisse les républicains sans altervative à Romney, à moins de deux mois des primaires, même si Gingrich semble préparer activement son retour sur le devant de la scène.

 

L'ancien gouverneur du Massachusetts, selon CNN, possède l'avantage dans tous les Etats-clés des primaires, à savoir ceux qui s'expriment les premiers. Sa capacité à lever des fonds et sa fortune personnelle, estimée à 260 millions de dollars, sont une arme considérable en cas de primaires de longue durée. Surtout, il est le seul républicain à régulièrement devancer Barack Obama dans les sondages, ce qui lui offre un argument de poids pour convaincre les militants de le sélectionner.

 

 

De par son statut de président sortant, Barack Obama est le favori par défaut d'une élection l'opposant à un républicain proche du Tea Party, comme Perry ou Cain. Pareillement, Romney est le favori par défaut d'une primaire qui se cherche avant tout un candidat apte à reprendre le contrôle de la Maison-Blanche aux démocrates. Mais si Obama et Romney devaient se retrouver en duel en novembre 2012, alors tous les indicateurs semblent pencher en faveur du parti républicain.

 

Avec une économie stagnante, il serait facile à Romney d'en incomber la faute au président, tout en jouant de sa propre crédibilité d'homme d'affaires à succès. Mais auparavant, il faudra passer l'obstacle des primaires d'un parti imbu d'extrémisme, ce qui s'annonce comme la marche la plus haute à gravir pour le modéré Mitt Romney.

 


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5 novembre 2011 6 05 /11 /novembre /2011 06:32

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Mitt Romney signe le formulaire de l'Etat du New Hampshire pour officiellement s'y inscrire comme candidat à la présidence (Darren McCollester / Getty Images)


Alors que la plupart de ses concurrents sont en campagne dans l'Etat crucial de l'Iowa - ou bloqué(s) à Washington par un scandale - Mitt Romney reste focalisé sur l'économie, le thème central de la campagne de 2012. Jeudi soir, dans le New Hampshire, il présentait ses idées en matière de fiscalité lors d'un discours d'une vingtaine de minutes.

 

A ceux qui l'accusent d'être une "girouette" (flip-flopper) du fait des idées progressistes qu'il a défendues dans le passé, Mitt Romney a voulu envoyer un message : fiscalement, son bona fides conservateur n'a jamais était démenti. Son plan fiscal, basé sur des coupes budgétaires, a pour but d'"économiser, de simplifier, et de repenser le mode de gouvernement"

 

Avec une dette clossale qui est sur le point d'atteindre 15.000 milliards de dollars, Romney propose de commencer par couper 500 milliards dans le budget américain d'ici 2016. Sa cible privilégiée est le plan santé du président Obama, qu'il veut purement et simplement abolir, dès son premier jour à la Maison-Blanche.

 

Par ailleurs, les plans Medicare et Medicaid (respectivement pour les personnes âgées et pour les plus pauvres) ne sont pas en reste dans les projets de Romney. L'ancien gouverneur du Massachusetts compte transformer le premier en un système de coupons, à la manière des tickets de rationnement alimentaire, tandis qu'il compte rendre aux Etats la responsabilité de financer le second, de telle sorte que Washington n'en porte plus le poids.

 

Selon Romney, "Il y en a qui disent que vous n'avez pas de coeur quand vous proposez de réduire les fonds alloués à un programme. (...) Mais nous avons une responsabilité morale de ne pas dépenser plus que nous n'avons." En tant qu'ancien PDG, Romney est très crédible en matière économique auprès des Américains. Aux côtés de son épouse Ann, Romney s'exprime sans téléprompteur, s'appuyant simplement sur quelques notes "gribouillées dans la voiture en venant". Il a choisi de présenter son plan dans le New Hampshire, un Etat sur lequel il mise beaucoup pour le propulser vers la nomination républcaine.

 

Selon un récent sondage Washington Post/ABC News, Romney est en tête des intentions de vote avec 24%, Cain le talonnant à 23%. Hier, un sondage Reuters Ipsos révélait que Romney est le seul républicain capable de battre Barack Obama dans un an ; face au président, Herman Cain s'inclinerait de 5 points, et Rick Perry de 7.

 

Dans le New Hampshire, Romney est très largement en tête des sondages et y a récolté de très nombreux soutiens politiques. Le dernier en date est venu de l'ancien gouverneur républicain de l'Etat, John Sununu, présent hier aux côtés de Romney. Sununu a confié à l'audience : "Voilà un homme qui comprend qu'il ne s'agit pas juste de dire : 'Bon, il faudrait faire des économies'. Il sait que les décisions sont difficiles à prendre, et il sait comment les prendre".

 

La plus grande force de Romney apparaît ainsi être son expérience en matière économique. En effet, Michele Bachmann propose de fondamentalement modifier le code fiscal en vigueur, tandis que la méthode Perry pourrait quelque peu manquer de clairvoyance aux yeux des Américains : "Je vais aller à Washington avec une masse pour broyer ce système".

 

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4 novembre 2011 5 04 /11 /novembre /2011 05:47

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Le candidat républicain Herman Cain à Washington, DC, le 2 novembre 2011  (Melina Mara/The Washington Post)

 

 

Malgré tous ses dénis depuis lundi, Herman Cain voit les révélations s'accumuler contre lui dans la presse. Si bientôt, il était avéré qu'il est effectivement coupable, dans l'affaire de harcèlement sexuel dans laquelle il est empétré, cela signifierait la fin des ses espoirs d'entrer à la Maison-Blanche. Au contraire, en cas de non-lieu, voire de coup monté, alors la popularité de Cain ne pourra que s'accroître.

 

Hier soir, le journal Politico dévoilait deux nouveaux éléments de l'affaire. Tout d'abord, la deuxième employée concernée aurait touché 45.000 dollars d'indemnité de départ, en l'échange de son silence sur les faits. Soit bien d'avantage que les "deux ou trois mois de salaire" dont Cain avait accepté de reconnaître le versement lundi après-midi.

 

Surtout, Politico révèle que six sources s'accordent à dire que Herman Cain aurait fait des "propositions à caractère ouvertement sexuel" à l'une des employées, alors âgée de trente ans au moment des faits. Celle-ci aurait confié à l'une des sources : "Elle a comme perçu que son emploi serait en danger si elle ne le faisait pas". L'employée serait allée se plaindre directement à l'équipe dirigeante de la National Restaurants Association, dont le chef n'était alors nul autre que le PDG Herman Cain lui-même.

 

Ce vendredi, les avocats de l'ancienne employée, victime présumée de harcèlement sexuel, annonceront si, oui ou non, la plaignante émettra un communiqué à la presse pour clarifier sa version des faits. En attendant, la défense de Cain continue d'accuser Rick Perry d'avoir porté l'affaire à l'attention de Politico afin de nuire à sa campagne. Depuis fin septembre, Cain a ravi à Perry le statut de favori des sondages que le gouverneur du Texas détenait depuis août.

 

Pour le moment, les électeurs semblent accorder le bénéfice du doute à Herman Cain. L'équipe dirigeante de sa campagne présidentielle a annoncé avoir récolté 1,2 million de dollars depuis dimanche dernier, date à laquelle Politico a dévoilé l'affaire. Surtout, les chiffres de Cain dans les sondages ne vacillent pas. Selon l'institut Rasmussen, il est toujours en tête, avec 26% des intentions de vote, contre 23% à Mitt Romney et 8% à Perry. Newt Gingrich s'intercale à 14%, confirmant son regain de forme actuel.

 

Si la pluie de révélations, depuis quatre jours, pourrait encourager Cain à penser à mettre fin à son effort présidentiel, le soutien constant de ses électeurs potentiels le pousse à garder un cap fixe. Son porte-parole J.D. Gordon déclarait hier, en toute confiance : "Je crois que cela va passer". Ses supporters, sur les blogs affiliés au parti républicain, confient ne pas croire en l'affaire de Politico, qui selon eux n'a pour le moment apporté aucun élément concret.

 

Les accusations sont un véritable tournant pour la candidature d'Herman Cain. A moins de deux mois des premiers scrutins en Iowa, sa campagne peut être balayée tout comme, dans le cas inverse, elle peut ressortir renforcée de la toumente qui s'abat sur elle. Comme Krissah Thompson et Sandhya Somashekhar, du Washington Post, le font valoir, les groupes de soutien à Cain attirent l'attention comme jamais, et notamment dans les Etats-clés s'exprimant les premiers dans le processus des primaires.

 

Pour l'heure, Cain ne semble pas vouloir modifier son programme d'apparitions dans les médias, même si de hauts cadres du parti de l'éléphant l'encouragent fortement à se mettre en retrait pendant quelques jours. Cet acharnement à se surexposer aux médias révèle-t-il que Cain n'a rien à se reprocher, ou bien est-il le signe que l'ancien homme d'affaires a l'intention de se défendre contre des accusations qu'il sait fondées ?

 


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1 novembre 2011 2 01 /11 /novembre /2011 20:46

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Herman Cain à Washington, DC, le 31 octobre 2011 (Photo AP)

 

 

En concédant aux médias, heure après heure, de nouvelles révélations sur les faits de harcèlement sexuel qui lui sont reprochés, le candidat républicain à la présidentielle de 2012 joue avec le feu. En tête des sondages depuis quelques jours, Cain pourrait voir sa cote de popularité dégringoler d'un coup d'un seul, et avec elle, l'espoir naissant que ce novice suscitait de remporter la nomination du parti de l'éléphant.

 

Le journal Politico, dimanche soir, annonçait le comportement déplacé qu'aurait eu Cain envers deux de ses employées à l'Association Nationale des Restaurants (National Restaurants Association, NRA) dans les années 1990. Alors PDG du groupe, Herman Cain aurait négocié avec les deux femmes un départ à l'amiable, moyennant finances, en l'échange de quoi personne n'évoquerait les faits à l'avenir.


Seulement, Politico affirme aujourd'hui être en possession du nom des deux femmes, confirmé par une petite dizaine de sources souhaitant rester dans l'anonymat. Le journal affirmait hier qu'il détenait les informations depuis dix jours ; après avoir pressé l'équipe de campagne de Cain de s'expliquer sur l'affaire, en vain, Politico a décidé de dévoiler les faits au public (voir article précédent).

 

Répondant aux questions des médias, de show en show, lundi et mardi, Herman Cain a changé sa version des faits à de nombreuses reprises. Lundi, il martelait qu'il ne s'était rien passé à la NRA en 1996 ; mardi, il a confié à Fox News "vaguement se souvenir" d'avoir simplement comparé la taille d'une employée à celle de son épouse Gloria, qui lui arrive "en dessous du menton", ainsi que "deux ou trois autres choses". Hier, il affirmait de pas être au courant d'un arrangement financier avec les deux employées, quand aujourd'hui, il avouait l'existence d'un accord se chiffrant en "milliers de dollars".

 

Sans évoquer la France, les Etats-Unis ont eu leur lot de scandales politiques relatifs aux bonnes moeurs en 2011. L'hiver dernier, le sénateur du Nevada John Ensign, un républicain, avait dû démissionner après qu'il fut découvert qu'il entretenait une relation extra-conjugale. En juin 2011, le représentant Anthony Weiner (D-NY) avait dû renoncer à son poste suite à la publication de photos très suggestives de lui sur son compte Twitter.

 

L'affaire Cain n'est pas sans rappeler celle de Bill Clinton qui, déjà en 1992, avait paniqué lorsqu'il lui avait été reproché d'avoir esquivé son service militaire dans les années 1960. A l'époque, Clinton avait présenté trois versions différentes au public américain pour expliquer son refus de remplir son service aux forces armées de la nation.

 

Après avoir envoyé son porte-parole au front, puis s'être expliqué lui-même devant les médias, Herman Cain a laissé entendre que sa femme Gloria pourrait s'exprimer sur l'affaire sur Fox News, en fin de semaine. Sa référence à la classique "chasse aux sorcières" pour critiquer le comportement des médias montre que l'ancien PDG de Godfather's Pizza est dépassé par les événements.

 

Cela arrive au plus mauvais moment pour Cain, puisqu'il était parvenu à se hisser en tête des intentions de vote au niveau national en seulement quelques semaines. Avec Romney qui reste impassible, Perry qui revient lentement dans la course et Newt Gingrich qui promet qu'"il s'imposera par une marge plus qu'impressionnante", Herman Cain a décidement tout à perdre dans l'affaire de la NRA.

 


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1 novembre 2011 2 01 /11 /novembre /2011 06:51

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Newt Gingrich à Dallas (TX), le 20 octobre 2011. (AP Photo/Tony Gutierrez)


 

L'ancien président de la Chambre des représentants (Speaker) a vu sa campagne exploser à l'été 2011 parce que sa femme s'est servi des fonds récoltés pour s'acheter des bijoux. Après cinq performances solides en débat, Gingrich commence lentement à sortir la tête de l'eau.

 

Callista Gingrich, l'épouse de l'ancien speaker, a non seulement disposé des fonds de campagne de son mari à hauteur de 500.000$ en mai-juin 2011, mais elle a durablement contribué à la léthargie de son effort présidentiel. Après avoir très tôt acquis le statut de nominé potentiel, en mars 2011, Gingrich a vu sa campagne plonger dans la dette et son staff le quitter en masse en juillet dernier.

 

Toujours dans l'ombre de Romney, impérial en débat en ce début d'automne, Gingrich a profité des perfomances très moyennes de Perry et de Bachmann pour se refaire une santé. Cette stratégie de l'"adulte-dans-la-pièce", telle qu'elle est surnommé par les journaux américains, lui a permis de lever un million de dollars pour le mois d'octobre seulement.

 

L'argent étant le nerf de la guerre, les effets se sont rapidement fait sentir dans les sondages. Selon la dernière consultation du New York Times et CBS News, Gingrich serait placé en troisième position au niveau national si les primaires commençaient demain. Avec 10% des intentions de votes, il reste derrière Cain (25%) et Romney (21%), mais devance Perry (6%) et Bachmann (2%).

 

Une telle trajectoire n'est pas sans rappeler celle de John McCain, vainqueur des primaires républicaines de 2008 et candidat malheureux à la Maison-Blanche quelques mois plus tard. Lui aussi a dû affronter la désertion de son équipe de campagne à l'été 2007, avant de progressivement remonter la pente lors des débats de l'automne. Sa victoire dans le New Hampshire, où il s'était déjà imposé en 2000, l'a ensuite propulsé vers l'investiture du parti de l'éléphant en moins de deux mois.

 

La campagne présidentielle de 2012 étant la première de Gingrich, il ne pourra pas compter sur les mêmes armes que McCain. Cependant, son statut d'ancien Speaker et son attache dans les Etats du Sud - il a représenté la Géorgie à la Chambre pendant deux décennies - pourraient lui être utiles pour freiner un candidat comme Perry, qui vient du Texas, ou comme Cain, qui y jouit d'une popularité très importante. 

 

Surtout, l'"affaire Cain" qui vient d'éclater ravive ses espoirs de prendre la place de l'ancien PDG de Godfather's Pizza comme le "candidat anti-Romney N°1". Si les supporters conservateurs de Cain devaient changer d'avis et passer outre les trois mariages de Gingrich, alors l'ancien Speaker pourrait profiter d'une dynamique très prometteuse à deux mois des premiers scrutins. Un scénario déjà connu en 2008, semble-t-il.

 


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31 octobre 2011 1 31 /10 /octobre /2011 09:34

http://images.politico.com/global/news/111030_herman_cain_605_ap.jpg

 

Dimanche soir, le journal américain Politico dévoilait que deux femmes se seraient plaintes auprès de leurs collègues, dans les années 1990, d'une attitude "sexuellement suggestive" de la part d'Herman Cain, alors à la tête de l'Association des restaurants américains. Le favori actuel des médias pourrait rapidement subir les contrecoups politiques de cette affaire, à bientôt deux mois du début des primaires républicaines.

 

Selon Politico, "les deux femmes se seraient plaintes d'une attitude "sexuellement suggestive" qui les aurait mises en colère et dans l'embarras. (...) Elles auraient signé des accords avec le groupe de restauration, celui-ci leur versant des indemnités pour quitter l'association. Les accords incluraient des clauses qui auraient empêché les deux femmes de parler de leur départ."

 

Plus précisément, Politico rapporte que "les incidents porteraient sur des questions sexuellement suggestives dans des hôtels accueillant des conférences, dans les bureaux de l'association présidée par Cain, ainsi que lors d'événements sponsorisés par cette même association". Les sources auraient décrit "des comportements qui ne seraient pas ouvertement sexuels, mais qui auraient mis les employées dans l'embarras dans le cadre d'une relation professionnelle".

 

Pour laisser à Cain la possibilité de s'expliquer, le journal révèle qu'il a attendu 10 jours avant de dévoiler l'affaire au public. Chose que son équipe a refusé de faire. Tout juste le porte-parole de Cain a-t-il annoncé qu'il était "vaguement familier" avec ces accusations. Politico déclare aujourd'hui être en possession du nom des deux femmes, mais que pour des motifs de confidentialité, ceux-ci seraient gardés secrets.

 

En réaction à la publication de l'affaire, le porte parole de Cain a tenté de contre-attaquer : "Puisque les critiques de Cain n'ont pas eu beaucoup de succès en attaquent ses idées, ils s'essayent désormais à l'attaque personnelle. (...) La seule chose que je peux vous dire maintenant, c'est que c'est une affaire par la biais de laquelle l'establishment essaye de s'attaquer à Cain".

 

Le favori des sondages, aujourd'hui en déplacement à Washington pour délivrer un discours au prestigieux National Press Club, ne pourra sans doute pas échapper aux questions de la presse. L'affaire tombe au moment où l'ascension de l'ancien PDG de Godfather's Pizza dans l'opinion en faisait un candidat de plus en plus crédible pour affronter Barack Obama en novembre 2012. Par exemple, il a obtenu, ce mercredi, une rencontre avec les membres républicains du Congrès, ce qui était une bonne occasion de conquérir des soutiens haut-placés. Désormais, ces derniers seront sans doute moins enclins à appuyer la candidature de Cain.

 

L'heure des premiers votes se rapproche dangeureusement : l'Iowa, le premier Etat à voter, se rend aux urnes le 3 janvier prochain. Les jours à venir, marqués par un débat dans l'Illinois le 9 novembre, nous donneront l'occasion de voir si Cain pourra continuer sur sa lancée, en dépit des révélations de Politico.

 

 


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27 octobre 2011 4 27 /10 /octobre /2011 13:06

http://talkingpointsmemo.com/assets_c/2011/10/cain-romney-perry-split-cropped-proto-custom_28.jpg

De gauche à droite : Mitt Romney, Herman Cain et Rick Perry

 

 

En visite dans l'Ohio cette semaine, Mitt Romney a semblé hésiter sur le soutien aux lois anti-syndicats du gouverneur Kasich. L'occasion pour ses adversaires de lui reprocher, une fois encore, d'être une "girouette". Mais il semble que Perry et Cain font eux aussi face, à maintenant deux mois des premiers scrutins, à leur lot d'incertitudes.

 

Il y quelques mois, Mitt Romney a déclaré soutenir les lois anti-syndicats du gouverneur Kasich (R-OH), au moment des contestations ouvrières dans l'Etat industriel voisin du Wisconsin. De retour dans le "Buckeye State" ce mardi, Romney a déclaré qu'il resterait neutre dans le référendum lancé par Kasich à propos des droits des syndicats. Et le lendemain, il s'est excusé d'avoir semé la "confusion" et déclaré qu'il soutenait l'initiative de Kasich "à 110%".

 

Ces changements de positions, effectués le "doigt dans le vent" selon un membre de l'équipe de Perry, sont une habitude de l'ancien gouverneur du Massachusetts, qui est en campagne pour la Maison-Blanche depuis cinq ans, quasiment sans interruption. Avortement, droits des homosexuels, port d'armes... Romney a changé d'avis sur à peu près tous les sujets possibles depuis le début de sa carrière politique, en 1994.

 

Les accusations de "girouette" ("flip-flopper") n'ont pas tardé à fuser de la part de ses adversaires. Hier, Rick Perry invitait ses partisans à poster toutes les déclarations contradictoires de Romney sur Twitter, accompagnées du "hashtag" #flipflopmitt. Outre les républicains, les démocrates ne se sont pas privés d'attaquer Romney, un rival potentiellement dangereux s'il devait obtenir la nomination du parti de l'éléphant. Le parti démocrate de l'Ohio est même allé jusqu'à qualifier l'ancien homme d'affaires de "serial flip-flopper".

 

Si Perry se dresse comme le critique-en-chef de Romney, il a lui aussi fait preuve d'indécision au cours de la semaine. Au début de la semaine, il a rejoint le mouvement des "birthers", qui pensent qu'Obama n'est pas Américain. La veille, le gouverneur du Texas avait en effet déjeuné avec Donald Trump, qui en est depuis le printemps dernier le fer de lance. Puis, en milieu de semaine, Perry s'est retracté, sachant que la publication du certificat de naissance d'Obama, en mai 2011, a mis fin aux aspirations présidentielles de Trump.

 

Herman Cain, toujours dans le même registre, y est allé de sa petite gaffe. Ses revirements de position, depuis dix jours, sur le sujet de l'avortement, le mettent en position délicate alors que son avance dans le sondages, au niveau national, commence lentement à s'effriter.

 

Tous les sujets sont aujourd'hui abordés très fébrilement par tous les candidats républicains. Ceux-ci, voyant les primaires s'approcher rapidement, ne veulent contrarier aucune portion de leur très volatile électorat. En l'absence d'un leader incontestable, la moindre erreur rhétorique peut se transformer en une perte rapide de soutiens.

 

Ainsi, en jouant tous au jeu de la "girouette", les candidats s'assurent de ne pas subir de trop dommages, leurs adversaires en faisant de même. Cela montre que le plateau républicain pour 2012 est beaucoup plus faible que lors des années précédentes. Gagner du temps de la sorte leur assure de brouiller les pistes jusqu'à l'hiver, rendant l'issue de la course aussi incertaine que les valeurs en lesquelles ils croient vraiment.

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25 octobre 2011 2 25 /10 /octobre /2011 14:34

http://images.politico.com/global/news/110917_rick_perry_ap_605.jpg

 

 

Son sursaut d'orgueil est encore dans toutes les têtes. A Las Vegas, il y a une semaine précisément, Rick Perry s'en prenait directement à son adversaire Mitt Romney, parvenant à faire sortir l'inébranlable homme d'affaires de ses gonds. En difficulté dans les sondages depuis un mois, Perry entend s'appuyer sur cet épisode marquant pour remettre sa campagne sur de bons rails. A 70 jours des premiers scrutins, le gouverneur du Texas a engagé une véritable refondation de son effort présidentiel.

 

Entré en campagne en grande pompe le 13 août dernier, Rick Perry a vu ses chiffres décoller dans les sondages - jusqu'à 38% - laissant loin derrière lui le favori de l'establishment républicain Mitt Romney. Mais miné par des performances très médiocres lors des quatre premiers débats, il a dû laisser filer l'étiquette de "candidat anti-Romney N°1" à Herman Cain. Aujourd'hui, dans le dernier sondage national de CBS et du New York Times, Perry pointe seulement à 6% des intentions de vote.

 

Mais plusieurs signes montrent, depuis quelques jours, que sa candidature est loin d'être terminée. Tout d'abord, les finances du gouverneur du Texas sont au beau fixe. Il y a dix jours, la Comission électorale fédérale dévoilait que Perry, avec 15 millions de dollars, avait levé plus de fonds que Romney. Or, en matière d'élections aux Etats-Unis, l'argent est le nerf de la guerre.

 

Avide de transformer ce capital monétaire en un redécollage efficace dans les sondages, Perry a annoncé avoir investi 200.000 dollars en publicités dans l'Etat de l'Iowa. Le 3 janvier prochain, le "Hawkeye State" s'exprimera en premier dans la course à la nomination républicaine ; il possède donc une importance considérable. Dès demain, les habitants de l'Iowa pourront sans aucun doute voir défiler des spots télévisés de Perry dirigés directement contre l'ancien gouverneur du Massachusetts.

 

Perry n'aura de cesse, au cours des 70 prochains jours, de déboulonner la campagne de Romney, jusqu'ici remarquable de stabilité. Pour ce faire, le Texan a fait le ménage parmi son équipe de hauts conseillers pour faire appel à des poids lourds du parti de l'éléphant. Par exemple, le gouverneur de Floride Rick Scott a mis à la disposition de Perry quelques uns de ses émissaires spécialistes en matière de provocation.

 

Pour illustrer le ton agressif de l'équipe de Perry, une source proche de Perry a confié ce matin au journal Politico : "Mitt Romney est sur le point de découvrir ce que c'est que de ramener un couteau pour un combat de rue". Aujourd'hui, dans une interview avec CNBC, Perry lui-même a déclaré qu'il "considérait que Romney est un gros minet", en référence à la fortune de l'ancien homme d'affaires, récemment estimée à plus de 250 millions de dollars.

 

Ce nouveau départ de Rick Perry intervient juste au moment où Cain, perdu par des déclarations maladroites sur l'avortement, est en perte de vitesse. Quant à Romney, il fait toujours la course en tête, mais sans parvenir à se détacher clairement de ses adversaires. Malgré des sondages au plus bas, les conseillers de Perry ont choisi le bon tempo pour rappeler que leur poulain est loin d'être mort et enterré.

 


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22 octobre 2011 6 22 /10 /octobre /2011 22:48

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La chef du parti républicain du Nevada, Amy Tarkanian (en bleu), a plié sous la pression du New Hampshire

 

 

En acceptant de reculer sa consultation du 14 janvier au 4 février 2012, le Nevada a troqué son statut de "numéro 3" dans la course à la nomination contre celui de "numéro 5". En votant plus tard, le "Silver State" perd en importance dans le processus d'investiture du challenger de Barack Obama, lequel sera connu au printemps 2012. A qui la nouvelle donne profite-t-elle ?

 

Au coeur de la controverse menant à l'imboglio du calendrier des primaires républicaines se trouve une intense lutte d'influence. En résumé, quatre Etats se sont vus accordés par le "parti de l'éléphant" le droit de tenir leurs primaires plus tôt dans l'année 2012. Il s'agit, dans cet ordre, de l'Iowa (caucus), du New Hampshire (primaire), du Nevada (caucus) et de la Caroline du Sud (primaire).


Tandis que l'Iowa organisera ses caucus le 3 janvier, le Nevada a décidé, le 5 octobre dernier, de tenir ses élections le samedi 14 février. Seulement, coincé entre les deux, le New Hampshire menaçait de "sauter" l'Iowa et de tenir ses primaires en décembre. La raison en est simple : la fenêtre de onze jours séparant Iowa et Nevada n'est pas conforme à la loi du New Hampshire, qui en réclame au moins quatorze.


Depuis bientôt trois semaines, la lutte de pouvoir faisait donc rage entre Nevada et New Hampshire. Ne pouvant tenir ses caucus un mardi - pour des raisons d'organisation - le Nevada a été contraint de reculer jusqu'au samedi 4 février, ce qui le place après la Floride, qui votera le 31 janvier.


S'exprimer tôt, comme l'ont montré les confrontations des années précédentes, permet d'attirer l'attention des médias et donc de donner une importance exacerbée à son Etat. Ainsi, même en ayant un poids politique limité, les premiers Etats qui votent profitent d'un élan médiatique considérable. C'est le cas du Nevada, du New Hampshire et de l'Iowa, qui sont tous trois de petits Etats.


Le précédant schéma était censé, en théorie, avantager Mitt Romney. Tout est une question d'enchaînement. Romney comptait sur ses victoires dans le New Hampshire et au Nevada pour tenter de forcer la décision en Floride, fin janvier. Or, avec le recul du Nevada dans le calendrier, c'est un maillon majeur de sa chaîne qui vient de sauter.


En pratique, Romney n'est pas favori en Iowa et en Caroline du Sud ; perdre dans ces deux Etats le mettrait en mauvaise position pour aborder la Floride. Mais dans le camp Romney, on ne semble pas s'alarmer du bouleversement hiérarchique. Hier, l'équipe de l'ancien gouverneur du Massachusetts a même demandé aux instances républicaines du Nevada de reculer ses caucus.


En effet, en dépit de trois défaites potentielles sur quatre en janvier, Romney compte à présent sur un sans-faute en février. Le Nevada, le Maine, le Minnesota, le Colorado, l'Arizona et le Michigan, qui s'exprimeront du 4 au 28 février 2012, lui sont a priori tous favorables.


Cependant, comme ce fut le cas lors des années précédentes, celui qui sort vainqueur des premiers affrontements est largement perçu par les électeurs des Etats suivants comme le favori, ce qui oriente leur vote. En 2008, par exemple, on peut dire que McCain a remporté la nomination dès la primaire de Caroline du Sud, qui s'exprimait alors en cinquième position.


A première vue, le recul des caucus du Nevada est une bonne nouvelle pour Rick Perry et Herman Cain. Mais il leur faudra faire la différence très tôt en janvier, sous peine de voir Mitt Romney refaire son retard en février et empocher la nomination.


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