29 novembre 2011 2 29 /11 /novembre /2011 08:31

http://www.admiroutes.asso.fr/larevue/2011/121/occupy-wall-street.jpg

Le mouvement Occupy Wall Street ne semble pas perdre sa vigueur (Photo Getty Images)

 

 

Comme le montrent les protestations actuelles, le symbole de la puissance financière des Etats-Unis est fortement impopulaire... Mais pas auprès des candidats à la présidence américaine, qui ont besoin de ses fonds pour mener à bien leurs coûteuses campagnes. En 2012 encore, l'argent sera le nerf de la guerre ; mais cette fois, puiser dans le formidable réservoir qu'est Wall Street comporte d'importants risques politiques.

 

En raison de la crise persistante, Wall Street est l'objet de la colère des "Indignés" américains, unis sous la bannière du mouvement Occupy Wall Street. Les protestestions contre le temple de la finance mondiale rassemblent surtout des jeunes, novices en politique ou supporters démocrates déçus par l'action d'Obama, mais aussi quelques uns des Américains les plus conservateurs, appartenant à la frange républicaine du Tea Party. D'un bout à l'autre de l'échiquier politique américain, le symbole du capitalisme tremble au pays où il est pourtant roi depuis toujours.

 

Cela ne rebute pas les candidats républicains à la présidence, qui ont besoin d'argent pour se défendre dans des primaires que certains spécialistes annoncent plus longues que de coutume, au printemps prochain. Il en est de même pour Obama, qui ambitionne de franchir la barre mythique du milliard de dollars pour sa campagne de réélection. Le président ne pourra sans doute pas composer sans la généreuse contribution des démocrates de Wall Street s'il veut atteindre son objectif financier.

 

Jusqu'à récemment, les contributions étaient plafonnées à 2000 dollars par donneur et par campagne, tandis que les "political action committee" (PAC), organisations au service d'un candidat, ne pouvaient recevoir plus de 5000 dollars de la part d'un donneur. Mais depuis la décision United Citizens vs. FEC, prise en 2010 par la Cour suprême américaine, les candidats - pour n'importe quel poste électif que ce soit - peuvent profiter d'une "Super PAC". Celle-ci consiste en un organisme autorisé à collecter des fonds de façon illimitée, notamment auprès des grandes entreprises, et de l'industrie financière plus largement.

 

Sans surprise, c'est l'ancien homme d'affaires Mitt Romney qui mène la danse à Wall Street, avec 3,6 millions récoltés à New York durant les trois mois de juillet, août et septembre. Hier, le favori du parti de l'éléphant a enregistré le soutien de Steve Schwarzman, 64 ans, considéré comme l'un des meilleurs à Wall Street en matière de levée de fonds. Restore Our Future, la "Super PAC" de Romney, a également apporté, selon les chiffres les plus récents, au moins 12 millions de dollars à l'ancien gouverneur du Massachusetts.

 

Pour couronner le tout, son passé à la tête de Bain Capital, un juteux fonds d'investissement, a permis à Romney d'amasser une fortune estimée cet été à environ 260 millions de dollars. En 2008, Romney avait investi au moins 33 millions de dollars de son propre compte en banque pour financer son premier effort présidentiel. Le candidat mormon fait figure d'épouvantail dans le champ des candidats républicains, qui peinent tous à maintenir une base stable de supporters et de contributeurs.

 

Côté démocrate, l'appui financier proposé par Wall Street est loin d'être négligé par les équipes du président Obama. Pour l'instant, les efforts de ce dernier ne sont pas couronnés de succès, mais ce n'est pas faute d'essayer. Obama n'a récolté "que" 1,6 millions de dollars à Wall Street, contre plus de 18 millions lors de sa campagne victorieuse de 2008.

 

Barack Obama multiplie les attaques contre Romney et sa fortune depuis plusieurs semaines maintenant, dans l'espoir d'attirer les manifestants d'Occupy Wall Street dans les urnes. Un piège qui pourrait se retourner contre le président, dont l'adversaire, quel qu'il soit, ne manquera pas de souligner qu'il dispose lui aussi d'une "Super PAC", Priorities USA Action, et de l'appui de tout le parti démocrate.

 

Barack Obama dispose à l'heure actuelle d'au moins 160 millions de dollars pour mener à bien sa réélection. Bien que l'immense majorité de cet argent provienne directement des électeurs, il devra veiller à ne pas s'aliéner les plus généreux donateurs de Wall Street, qui, s'il fallait mettre la main à la poche en faveur da la "Super PAC" du candidat républicain, ne se gêneraient pas pour contribuer de façon illimitée.

 

Le président tente aujourd'hui de jouer sur les deux tableaux. Mais le discours anti-régulation des prétendants du parti de l'éléphant à la Maison-Blanche est propre à retourner contre Obama la puissance financière dont il avait profité en 2008. Le fait qu'Obama garde aujourd'hui ses distances avec les protestations n'a donc rien d'un hasard : pour gagner la guerre en 2012, il faudra remporter la bataille de Wall Street, qui se jouera à la fois dans les urnes et dans les portes-monnaies.

 

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27 novembre 2011 7 27 /11 /novembre /2011 20:52

http://static6.businessinsider.com/image/4ed246d569bedd125a000002/new-hampshire-union-leader.jpg

Le journal New Hampshire Union Leader, une importante force conservatrice du "Granite State", a officiellement apporté son soutien à Newt Gingrich dimanche matin.

 

 

C'est sans doute le soutien le plus important qui a été délivré jusqu'à présent dans la course à la nomination républicaine. En soutenant officiellement l'effort présidentiel lancé par Newt Gingrich, l'Union Leader tacle sévèrement le favori Mitt Romney, très populaire dans l'Etat de New Hampshire. Le point sur les causes et les conséquences de ce choix d'importance à moins de quarante jours du début des primaires. 

 

La nouvelle est venue agiter, hier matin, une course à l'investiture mise entre parenthèses pendant les fêtes de Thanksgiving. Les spécialistes n'avaient guère de doutes sur l'identité du candidat soutenu par l'Union Leader. Le journal, d'essence conservatrice, recherche depuis trente ans des outsiders à la fibre plutôt modérée. Mitt Romney était éliminé d'office, car il fait pour le moment figure d'épouvantail dans le New Hampshire. Au milieu d'autres candidats courtisant tous le Tea Party, il ne restait que Gingrich.

 

Selon Joseph McQuaid, le patron de l'Union Leader, "nous cherchons des conservateurs qui ont un esprit indépendant, convaincus du bien-fondé des croyances de cette nation et de son peuple, et les mieux préparés pour la tâche de président. (...) Dans cette élection d'une importance capitale, le candidat qui répond à toutes ces caractérisques est Newt Gingrich. Il a l'expérience, les qualités de leadership, et la vision des choses qu'il convient pour mener ce pays en ces temps difficiles".

 

Son profil était idéal pour Joseph McQuaid, car Gingrich est sur une pente ascendante et s'impose depuis trois semaines comme l'alternative la plus crédible à Romney. En 2000, le journal avait ainsi opté pour Steve Forbes contre Bush et McCain, tandis qu'en décembre 2007, il avait choisi McCain au dépens de... Mitt Romney. A un mois du début des primaires, le soutien de l'Union Leader avait apporté un coup de pouce considérable au "comeback" dont le sénateur de l'Arizona fut l'auteur, et qui le propulsa jusqu'à l'élection générale de novembre 2008.

 

Le journal n'a pas toujours eu la main heureuse lorsqu'il s'est agi de sélectionner son champion républicain pour la présidentielle. En trente ans, seuls Ronald Reagan (1980) et John McCain (2008), ont été soutenus par l'Union Leader puis ont remporté la nomination. Mais en attendant le résultat du scrutin, au printemps prochain, cette nouvelle n'est assurément pas encourageante pour Mitt Romney.

 

L'ancien gouverneur du Massachusetts a tout fait pour obtenir le précieux soutien du journal, multipliant les apparitions publiques avec Joe McQuaid - la dernière date d'il y a dix jours. Si ce dernier s'était rallié à Romney, alors la course dans le New Hampshire était sans doute définitivement gagnée pour Romney. Mais McQuaid a toujours eu l'habitude de sélectionner des outsiders, car cela renforce l'attention des médias sur son Etat en rendant la course plus serrée.

 

Selon Alexander Burns, de Politico, McQuaid a réussi dans son éditorial à faire ce qu'aucun candidat n'était parvenu à faire jusqu'alors : dresser un bilan complet des arguments anti-Romney. Bien que le nom de l'ancien homme d'affaires n'apparaît jamais dans la colonne du journal, des arguments tels que "il est loin d'être le candidat parfait" sonnent comme des attaques directes envers Romney. Drew Cline, toujours pour l'Union Leader, ajoute également que Romney aurait été un très bon candidat à la présidence "à la fin du XIXème siècle". Cline reproche à Romney son attitude très prudente envers les électeurs, ainsi que le fait d'être avide de leur dire "ce qu'il croit que nous voulons entendre".

 

A courte échéance, le soutien du populaire journal va sans aucun doute contribuer à ralentir la marche de Romney vers la victoire dans l'Etat. Mais comme en 2008 avec McCain, cela aura-t-il un impact tel que Gingrich va s'envoler vers l'investiture du parti ? Impossible de la savoir pour le moment, car en dépit de la propulsion médiatique, Gingrich manque cruellement d'une organisation de terrain sur laquelle Romney travaille depuis plus de cinq ans. 

 

Par ailleurs, l'ancien gouverneur du Massachusetts augmente prograssivement sa couverture de l'Etat de l'Iowa, qui vote en premier, pour essayer de forcer la décision une semaine plus tard dans le New Hampshire. Son espoir est de plier la course rapidement, et comme le montre le soutien d'hier, il apparaît que seul Gingrich puisse l'empêcher de réaliser ses projets. Mais l'ancien Speaker ira-t-il jusqu'à contester effectivement l'hégémonie de Romney dans le "Granite State" ? C'est le plus grand espoir de Joe McQuaid.

 


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23 novembre 2011 3 23 /11 /novembre /2011 08:22

http://images.politico.com/global/news/111122_gingrich74_ap_328.jpg

Hier soir, en débat à Washington, Newt Gingrich s'est fait remarquer par sa prise de position modérée sur l'immigration (Photo AP)

 

 

L'économie et, plus largement, la politique intérieure des Etats-Unis seront au coeur de l'élection de 2012. Cependant, pour procéder au choix du chef des armées américaines (Commander-In-Chief), il convient d'évaluer les candidats à la présidence sur leurs positions en matière de politique étrangère. Alors que les huit principaux prétendants à la Maison-Blanche peinent à se différencier dans leur critique unanime du président Obama, les affaires internationales les font diverger significativement, et pourraient ainsi venir les départager.

 

Depuis de longs mois, il ne fait guère de doute que l'économie sera la préoccupation principale des Américains à l'automne 2012. La prévision de croissance pour l'an prochain a été révisée à la baisse avant-hier par le gouvernement américain. Plus important encore, le taux de chômage reste de 9% en octobre, après un pic à 10,1% en novembre 2010. Pourtant, Barack Obama avait promis, en février 2009, que son plan de relance de 787 milliards de dollars le garderait en dessous des 8%.

 

En matière d'économie, il est donc difficile de dresser des différences entre les candidats républicains, unanimement convaincus de l'échec de Barack Obama. Le président, en mal de résultats sur le front économique, possède néanmoins un bilan plutôt favorable en politique étrangère, avec notamment des opérations victorieuses en Libye ainsi qu'au Pakistan, qui a vu s'éteindre la menace Ben Laden s'éteindre au printemps dernier. Malheureusement pour Obama, il pourra difficilement s'appuyer sur ces bons résultats l'an prochain, la priorité des Américains étant de retrouver un emploi et/ou de remettre les finances de leur pays à l'équilibre.

 

Les spécialistes s'attendaient hier à ce que, une nouvelle fois, l'action de Barack Obama soit vivement critiquée par les candidats républicains lors du débat. Dans l'après-midi, le premier spot télévisé lancé par Mitt Romney dans le New Hampshire laissait présager d'une féroce charge contre le bilan du président démocrate. Mais en réalité, les débats se sont très peu concentrés sur Barack Obama. Plus surprenant encore, les candidats ont su se distinguer les uns des autres sans avoir recours à des attaques personnelles, un fait plutôt rare au vu des dix premières joutes qui les ont opposés cette année.

 

Selon Roger Simon, analyste conservateur du journal Politico, "c'était le débat le plus extraordinaire de la saison : un candidat républicain à la présidence a dit : 'Soyons humains dans la façon de faire appliquer la loi' et il ne s'est pas fait hué". La phrase a été lancée par Newt Gingrich, nouvelle coqueluche des médias, qui a expliqué sa position en matière d'immigration illégale au public de Washington : "Je suis prêt à prendre un coup de chaud en disant cela, mais (...) si vous êtes là depuis 25 ans, que vous avez trois enfants et deux petits-enfants, que vous avez payé vos impôts et obéi à la loi et que vous appartenez à une église locale, je ne pense pas que l'on devrait vous séparer de votre famille, vous déraciner de force et vous jeter dehors".

 

Michael Shear, du New York Times, réagit ce matin en faisant valoir que la modération de Gingrich, tout frais arrivé en tête des sondages, en matière d'immigration pourrait revenir le hanter, tout comme ce fut le cas pour Rick Perry il y deux mois. Mitt Romney et Michele Bachmann ont tous deux signifié à Gingrich qu'ils n'étaient pas d'accord avec lui, "l'amnistie" ne pouvant que conduire à de nouvelles arrivées illégales selon eux.

 

Une des plus grandes divergences de la soirée a opposé Jon Huntsman, ancien gouverneur de l'Utah, à Mitt Romney, ancien gouverneur du Massachusetts, sur la question du retrait des troupes d'Afghanistan. En pleine lutte pour l'électorat modéré de l'Etat-clé du New Hampshire, Romney s'est prononcé contre le plan présidentiel de retrait rapide des troupes, tandis que Huntsman y est favorable.

 

Rick Perry, Herman Cain et Ron Paul se sont montrés trop en retrait dans le débat, que ce soit faute d'entrain, de connaissances solides, ou bien de vues trop extrême. Le libertarien Ron Paul, notamment, s'est distingué de tous les autres candidats en prenant position contre le Patriot Act de George W. Bush (2001), avide de ne pas sacrifier la liberté au profit de la sécurité. Tout à l'opposé, Rick Santorum a proposé "de suivre à la trace" les musulmans présents dans les aéroports : selon l'ancien sénateur de Pennsylvanie, "ce sont les personnes qui ont les plus fortes probabilités de commettre un attentat".

 

Le principal enseignement du débat d'hier soir repose sur le fait que, bien que qu'elles n'ont que peu de chances de peser sur l'issue de l'élection, les questions internationales sont un bon moyen de jauger le positionnement idéologique de chaque candidat. L'orthodoxie démontrée par le parti de l'éléphant en matière fiscale, cela a été prouvé hier soir, ne s'applique pas à la politique étrangère. Il en est de même pour l'esprit de compétition qui, à maintenant moins de six semaines des premiers scrutins, ne tardera pas à reprendre ses droits.

 


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22 novembre 2011 2 22 /11 /novembre /2011 18:09
Hier soir, le président Obama annonçait l'échec du comité bipartisan chargé de trouver 1.200 milliards de dollars d'économies dans le budget américain pour les dix prochaines années.



L'annonce de l'échec du "super-comité" bipartisan chargé d'assainir les finances américaines n'a surpris personne. Exécutif comme législatif, démocrates comme républicains, n'ont rien fait pour empêcher la rupture des négociations, car personne ne veut prendre de risques à moins d'un an de l'élection générale de novembre 2012. Hier agissant de concert pour laisser les choses en l'état, les deux camps se reprochent aujourd'hui d'avoir entraîné la fin des pourparlers. Un nouvel exemple de la menace d'effondrement qui plane sur le régime présidentiel américain.


Lancé en grande pompe début août dernier, le processus de "super-comité" bipartisan était censé remettre l'Amérique sur le droit chemin. Les médias ont beaucoup misé sur cette initiative qui semblait enterrer la hache de guerre entre les deux partis du pays, qui se sont déchirés tout l'été sur la question du relèvement du plafond de la dette américaine. Parmi les douze membres du comité, les Américains comptaient sur de grands noms comme John Kerry (sénateur démocrate du Massachusetts) ou Jon Kyl (numéro deux de la minorité républicaine au Sénat pour l'Arizona) pour mettre fin aux querelles intestines qui menacent la santé économique des Etats-Unis.


De cela, il ne fut résolument rien. Rien d'autre que le calme plat qui a caractérisé les trois mois de négociations entre démocrates et républicains. Selon Mike Allen, de Politico, les douze membres du "super-comité" ne se sont pas rencontrés depuis trois semaines. Ceux-ci n'ont jamais pu effleurer l'espoir de parvenir à un accord, préférant se reposer sur l'assurance de coupes automatiques de 1.200 milliards de dollars - à moitié dans l'armée et à moitié dans les programmes sociaux - à partir de janvier 2013, et ce pour les dix années suivantes.


L'artifice bipartisan était censé rassurer les marchés, ce qu'il a brillamment réussi à faire. Grâce aux coupes inéluctables de janvier 2013, les agences de notation seront sans aucun doute clémentes avec le statut financier des Etats-Unis. Mais les électeurs, eux, loin d'être satisfaits : selon le New York Times, le Congrès a atteint un record d'impopularité en novembre, avec seulement 9% d'opinions favorables.


Le graphique suivant en dit long sur la confiance que les Américains placent aujourd'hui en la branche législative de leur système politique : le Congrès est aujourd'hui plus impopulaire que Nixon lors du Watergate (24%). Même l'idée de voir les Etats-Unis verser dans le communisme semble plus populaire (11%) que l'actuel Congrès américain.


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A un an de l'élection générale qui verra les cartes rebattues au Congrès en même temps qu'aura lieu la 57ème élection présidentielle américaine, les démocrates ne voulaient pas accorder aux républicains trop de coupes dans les programmes sociaux sans une contrepartie en termes d'augmentations d'impôts. Le parti de l'éléphant, solidement ancré à droite sous l'influence du TEA (Taxed Enough Already) Party, a quant à lui fait de la "non augmentation" des impôts son cheval de bataille depuis l'élection de Barack Obama.


Dans ces conditions, les coupes automatiques de 1.200 milliards de dollars sans augmentation de revenu pour l'Etat américain arrangeaient les deux partis. A présent s'engage la lutte sur le terrain de l'opinion publique, qu'il faut convaincre pour 2012. Hier d'accord pour mettre fin aux négociations quarante-huit heures avant la "deadline" officielle du 23 novembre, démocrates et républicains se sont aujourd'hui mutuellement reprochés l'échec du "super-comité".


Selon Barack Obama, "de nombreux démocrates avaient l'intention de mettre la politique de côté et avaient promis des réajustements raisonnaibles qui auraient réduit le coût de Medicare". Mais "de trop nombreux républicains ont refusé d'écouter les voix de la raison et du compromis venant du pays", le président a-t-il ajouté.


Les candidats républicains à la présidentielle, complètement écartés du processus législatif, se sont montrés avides de critiquer le président Obama, à qui ils ont la ferme intention de ravir la Maison-Blanche en 2012. Mitt Romney, par exemple, ne s'y trompe pas lorsqu'il attaque Obama sur les coupes budgétaires dans l'armée, à la veille d'un important débat en matière de politique étrangère : "Le monde se doit de regarder et de dire : 'Est-ce que vous voulez vraiment vous allier avec l'Amérique, quand elle traite si mal ses alliés et qu'elle coupe les vivres à son armée ?' Ce dont le monde a besoin, c'est d'une Amérique forte. Et en tant que président, je restaurerai le respect du monde envers l'Amérique".


L'actuel blocage insitutionnel, au fond, ne relève pas seulement des enjeux de l'élection de 2012, aussi cruciale soit-elle. Mais l'échec du "super-comité" fait suite à de nombreuses autres négociations avortées ces derniers mois et il est le reflet d'un système politique en mal de confiance, censé fonctionner grâce à une notion de consensus aujourd'hui complètement absente de l'esprit des législateurs américains.


Certes, les marchés font encore confiance à l'Amérique car elle fournit le strict minimum pour maintenir son standing économique. Mais la crise persistante aux Etats-Unis met en lumière bien plus qu'une récession économique : elle est annonciatrice d'une tempête politique qui pourrait, dans les années à venir, balayer le système présidentiel américain.


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21 novembre 2011 1 21 /11 /novembre /2011 08:14

http://www.washingtonpost.com/rf/image_606w/2010-2019/WashingtonPost/2011/11/13/National-Politics/Images/2011-11-13T021900Z_01_SPA811_RTRIDSP_3_USA-CAMPAIGN-REPUBLICAN-5667.jpg

Newt Gingrich (cravate rouge), partage sa vision de la politique étrangère des Etats-Unis lors d'un débat en Caroline du Sud, le 12 novembre dernier (Photo AP)

 

 

Depuis maintenant deux semaines, la campagne de Newt Gingrich connaît un regain d'attention de la part des électeurs. C'est en tout cas ce que nous confient les instituts de sondages, qui ont délaissé Herman Cain au profit de l'ancien président de la Chambre des représentants pour jouer le rôle de "candidat anti-Romney N°1". Un statut controversé qui pourrait bientôt plonger Gingrich dans la même léthargie que connaissent aujourd'hui Bachmann ou Perry.

 

Les sondages sont unanimes : Gingrich est dans une bonne période car il récupère directement les électeurs qui quittent Herman Cain, accusé de harcèlement sexuel il y a trois semaines. Au niveau national, un sondage conduit par Fox News le 16 novembre donne Gingrich à 23% et Cain à 15%, contre 12% et 24% respectivement le 26 octobre dernier. Plus significatif encore, dans l'Etat-clé de l'Iowa, Gingrich devance maintenant Cain de 19%, 32% contre 13%. Le 19 octobre, les chiffres étaient de 9% pour Gingrich et 28% pour Cain.

 

Ces chiffres, loin d'être les seuls indices dont nous disposons aujourd'hui, montrent l'entendue des dommages que les témoignages accablants de plusieurs femmes ont fait à la candidature d'Herman Cain. Hissé au sommet des sondages à la mi-octobre, Cain avait pris le relais de Rick Perry pour personnifier la frange conservatrice du parti. Son déclin fait donc de Gingrich la nouvelle alternative à l'establishment modéré largement acquis à la cause de l'ancien gouverneur du Massachusetts Mitt Romney.

 

Gingrich est un des gourous les plus respectés au sein du GOP (Grand Old Party). Historien de formation, il a passé quasiment 25 ans à défendre la cause républicaine au Congrès américain. Il y a maintenant 17 ans, Gingrich était à la tête de la "révolution républicaine" qui ramenait la Chambre des représentants, démocrate depuis 1955, dans le camp de l'éléphant. En 1999, Gingrich a dû abandonner son poste de président de la Chambre (Speaker) après des soupçons de scandale et des résultats decevants lors de élections de mi-mandat de 1998.

 

En dépit de sa longue carrière au parti républicain, il est permis de s'interroger sur le bien-fondé de la nouvelle étiquette de Gingrich, désigné champion du Tea Party. En effet, pendant que Clinton était au bord de la destitution, Gingrich entretenait une relation extra-conjugale avec une asssitante nommée Callista, depuis devenue son épouse. La droite chrétienne qui désigne Gingrich comme son favori par défaut ne manquera pas de lui reprocher ses trois mariages ; il est étonnant de voir que l'Etat de l'Iowa, composé à 60% de chrétiens évangéliques, semble aujourd'hui pencher en faveur de Gingrich.

 

Par ailleurs, Gingrich Group, la société fondée par l'ancien Speaker dans les années 2000, aurait perçu 1,8 million de dollars pour des services de consulting rendus à l'agence de notation Freddie Mac, rendue très impopulaire par la crise. Enfin, alors que la réforme de la santé du président Obama est la hantise du Tea Party, le think tank de Gingrich aurait perçu 37 millions de dollars de la part de multiples compagnies pharmaceutiques pour peser sur des décisions politiques. Gingrich défendait notamment, jusqu'à mai 2011, le mandat individuel prôné par Obama et Hillary Clinton, avec qui il avait passé une alliance dans les années 1990.

 

Pour résumer, le pedigree de Gingrich n'est pas tout à fait celui d'un républicain des années 2000. Il reste désormais à savoir si le Tea Party, symbole de la "palinisation" du GOP, va se décider à troquer, dans maintenant 40 jours, un bilan visiblement modéré contre des talents oratoires que l'on dit de taille à rivaliser avec ceux du président Obama. Gingrich a en effet fondé son "comeback" sur des performances convaincantes en débat, tout comme John McCain l'avait fait il y a quatre ans.

 

Mais à la lumière de ce court retour en arrière, il apparaît que la folle remontée de Gingrich est promise au même destin que celle de Perry et de Cain si l'ancien président de la Chambre des représentants continue de courtiser les chrétiens évangéliques de l'Iowa. Sa stratégie prévoit de gagner dans le "Hawkeye State" pour ensuite frapper fort en Caroline du Sud, un autre Etat conservateur. Mais sans un bilan clairement orienté à droite, la victoire est très difficile à imaginer en Iowa.

 

Ainsi, il semble que si Gingrich veut remporter la nomination, il lui faudra récupérer les électeurs acquis à Romney, non ceux acquis à Cain. L'ancien gouverneur du Massachusetts étant actuellement à 40% d'intentions de votes dans le New Hampshire, qui vote en deuxième position, ce ne sera pas chose aisée. Au delà de cela, Gingrich manque d'une organisation solide dans les premiers Etats à voter, ainsi que d'un trésor de guerre conséquent, deux paramètres vitaux pour espérer bien figurer dans la course à l'investiture.

 


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19 novembre 2011 6 19 /11 /novembre /2011 17:16

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Les douze membres du "super-comité" budgétaire américain sont engagés dans une impasse (Photo : Getty Images pour CNN)

 

 

La suite de la tragédie estivale du rélèvement du plafond de la dette américaine pourrait prendre fin dès mercredi 23 novembre. Les douze membres du "super-comité" bipartisan ont quatre jours pour trouver 1.200 milliards de dollars, via des coupes budgétaires et/ou une augmentation du revenu. Mais il semble que les partis en présence ne sont pas pressés de voir les négociations aboutir. 

 

L'été dernier, l'accord trouvé sur le relèvement du plafond de la dette américaine prévoyait la création d'un super-comité composé de six membres de chaque parti. Ce super-comité était censé laisser le temps aux démocrates et aux républicains de trouver des solutions, sur le long terme, pour freiner le rythme des dépenses de l'Etat américain. En cas d'échec, l'accord d'août 2011 prévoit des coupes arbitraires à hauteur de 1.200 milliards de dollars, soit le montant que le super-comité est censé viser. Ces réductions de fonds toucheraient immédiatement l'armée, à hauteur de 600 milliards de dollars, puis en 2013, les programmes sociaux américains, à hauteur de 600 milliards de dollars également.

 

Idéalement, le super-comité avait pour objectif de surpasser la barre des 1.200 milliards de dollars, afin de réduire, à l'avenir, le risque de défaut de paiement qui a déjà menacé les Etats-Unis. Cependant, non seulement ce montant ne sera sans doute pas atteint, mais certains n'hésitent déjà pas à avancer que le super-comité se contentera des coupes automatiques.

 

Il est difficile de jeter le blâme sur les démocrates. Le parti de l'âne ne cesse de proposer de nouvelles coupes budgétaires en échange d'une augmentation des impôts sur les plus fortunés, mais les républicains s'opposent résolument à toute hausse des prélèvements obligatoires. En septembre, le président Obama est allé jusqu'à proposer un plan de 3.000 milliards de dollars comprenant 1.500 milliards de dollars de coupes et 1.500 milliards de dollars d'impôts sur les personnes gagnant plus d'un million de dollars par anUne proposition balayée d'un revers de main par Jeb Hensarling (R-TX), co-président du super-comité.

 

Les membres des comités bipartisans américains sont habituellement choisis parmi les figures les plus conciliantes de chaque parti. Mais comme l'an dernier, au moment du comité Simpson-Bowles, chaque camp a envoyé ses plus brillants émissaires pour défendre la cause du parti, non pour trouver un accord. Patty Murray (D-WA), co-présidente du super-comité, a par exemple mené la campagne mordante des démocrates lors des élections de mi-mandat de l'an dernier. Il est improbable qu'elle cède aux demandes d'un parti républicain aujourd'hui inbu de l'extrémisme du Tea Party.

 

Les républicains semblent en position de force car les coupes automatiques les préservent de l'abandon de leur plus grand leitmotiv : l'augmentation des taxes. Mais côté démocrate, on se satisfait des propositions avancées par le président Obama, qui mettent le parti de l'âne à l'abri d'un point de vue électoral. De plus, la réduction des dépenses du Département de la Défense leur permet de se démarquer plus encore de leurs adversaires républicains. Vendredi, le candidat du GOP (Grand Old Party) à la présidentielle Mitt Romney a évoqué à ce sujet "une solution absolument inacceptable".

 

Laisser mourir le super-comité et opter pour les coupes automatiques a été spécialement prévu, en août dernier, pour que les deux partis gagnent du temps et conservent, autant que faire se peut, la confiance des marchés. L'agence de notation Moody's a déclaré début novembre que la note des Etats-Unis n'était pas en danger après le 23 novembre, du fait de l'existence du "plan B" de 1.200 milliards de dollars. Il n'est ainsi nul besoin pour les membres du Congrès de lutter pour trouver un accord plus significatif.

 

A un an de l'élection générale de 2012, les grandes décisions ne sont pas bonnes à prendre, car risquées électoralement. C'est pour cette raison que Barack Obama voit son plan pour l'emploi démonté pièce par pièce par le Congrès. Et pendant ce temps, les coupes automatiques arrangent les deux partis. En somme, comme le titrait jeudi Paul Krugman, fer de lance de la gauche américaine, dans son éditorial au New York Times : "L'échec, c'est bien" ("Failure is good").

 


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15 novembre 2011 2 15 /11 /novembre /2011 05:30

http://i.cdn.turner.com/cnn/2011/POLITICS/09/04/jobs.plans/t1larg.obama.romney.gi.jpg

Obama contre Romney, le duel de l'année 2012 ? (Montage Getty Images pour CNN)

 

 

Même si son trésor de guerre est au moins deux fois supérieur à celui de tous les prétendants républicains réunis, Barack Obama semble l'utiliser contre l'un d'entre eux uniquement : Mitt Romney. Depuis quelques semaines, l'équipe de campagne du président et le parti démocrate enchaînent les clips dévastateurs sur Internet, et bientôt à la télévision, dans le but de décrédibiliser la candidature de l'ancien gouverneur du Massachusetts. Le choix de la cible d'Obama ne relève d'aucun hasard.

 

Hier, l'équipe de campagne de Romney mettait d'intéressantes informations à la disposition du public, via un mail dont l'objet tient en un mot : "Obsédé". Twitter, Facebook et vidéos sur Youtube : partout et tout le temps depuis plus d'un mois, Obama attaque Romney sans relâche. Toujours selon le mail du staff de Romney, "la machine politique d'Obama préfère consacrer son temps et son énergie à attaquer le gouverneur Romney, plutôt que de s'occuper de l'économie".

 

Plus précisément, les offensives du président sont concentrées sur le pedigree modéré de l'ancien homme d'affaires. La vidéo lancée par Priorities USA Action, le comité d'action politique d'Obama, le 1er novembre est un modèle du genre. Aliéner définitivement le soutien des conservateurs à Romney, déjà fort peu enclins à en accepter la suprématie, est pour Obama essentiel s'il veut barrer le chemin de l'investiture au candidat mormon.

 

Le président se fera l'âme généreuse de n'importe quel candidat de la droite du parti républicain qui pourra s'imposer comme une alternative solide à Romney. Cependant, c'est là que le bât blesse pour le locataire actuel de la Maison-Blanche, puisque ni Rick Perry, ni désormais Herman Cain ne se sont révélés assez solides pour défier Mitt Romney. Newt Gingrich, le nouveau chouchou des médias, a un long passé de controverses prêt à être analysé par les électeurs et qui pourrait déboucher sur un chancèlement similaire à celui de ses rivaux Cain et Perry.

 

Par ailleurs, le débat de samedi, en Caroline du Sud, l'a encore montré : Gingrich comme les autres prétendants républicains se refusent à attaquer Romney, qui sort toujours des débats sans une égratignure. Cette attitude est très symptomatique du champ des candidats dans son ensemble, qui, à force d'attendre l'auto-destruction de l'ancien gouverneur du "Bay State", pourrait bien finir par le laisser filer vers l'élection générale de novembre.

 

Cela, le président Obama ne le veut à aucun prix, c'est pourquoi il se charge du travail de sape dont les candidats républicains devraient normalement s'occuper. Le plan d'Obama est d'attaquer Romney pour disposer du candidat le plus faible possible (Perry, Cain, Gingrich ou un autre) pour l'élection de novembre 2012. Mais surtout, il s'agit pour le président sortant d'éviter le candidat le plus fort, un statut que l'on peut difficilement refuser à Romney au vu des dernières semaines.

 

Romney serait de loin le candidat le plus dangereux pour Obama puisque, situé sur la gauche du parti républicain, il pourrait disputer au président l'électorat indépendant qui lui a donné la victoire dans les Etats-clés de l'élection de 2008. Tenter de stopper la marche en avant du candidat mormon, riche à millions, est assurément un bon moyen pour Obama d'augmenter ses chances de rélection.

 

On peut bel et bien parler de marche en avant, car après la chute de Perry et de Cain dans les sondages, Romney donne de plus en plus impression qu'il sera le dernier homme debout. L'inévitabilité de l'investiture de Romney est depuis hier plus clairement ressentie par les journalistes américains. Début novembre, un sondage Gallup révélait que, peu importe leur propre vote, 45% des électeurs républicains avaient le sentiment que Mitt Romney l'allait l'emporter.

 

Cependant, il reste encore sept semaines de campagne avant les caucus de l'Iowa, le 3 janvier 2012. Et en dépit de tous les sondages, de toutes les prédictions des analystes, une seule conclusion est pour l'instant de mise : la campagne des primaires républicaines a été jusqu'à présent absolument imprévisible, et bien plus mouvante que lors des années précédentes. En s'attaquant uniquement à Romney, Obama a-t-il misé sur le bon cheval ?

 


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12 novembre 2011 6 12 /11 /novembre /2011 09:41

http://media.syracuse.com/news/photo/2011-09-12-ap-gop-debatejpg-867cef000cc7a76c.jpg

Les huit principaux candidats républicains à Simi Valley (CA), le 7 septembre 2011 (Photo AP)

 

 

Deux semaines après les accusations de harcèlement sexuel émises contre Herman Cain, le soutien à l'ancien PDG de Godfather's Pizza commence à s'effriter. La nouvelle donne profite à Newt Gingrich, qui se hisse désormais à la hauteur de Cain, pendant que Perry lutte pour ne pas couler et que Mitt Romney peine à passer le cap des 25% d'intentions de vote.

 

Jusqu'à hier, la résistance de Cain dans les sondages était surprenante, étant donné le scandale dans lequel il est plongé. Mais plusieurs indicateurs montrent à présent que sa base de supporters est en train de se réduire. Selon CBS, les intentions de vote sont désormais de 18% pour Cain, contre 25% il y a quinze jours, juste avant que sa tourmente ne démarre. Dans plusieurs Etats-clés, notamment l'Iowa et la Caroline du Sud, le baromètre de Cain est à la baisse, un signe certain de la désaffection généralisée du public.

 

La fuite des électeurs jusqu'alors acquis à Herman Cain profite directement à Newt Gingrich. L'ancien président de la Chambre des représentants voit les intentions de vote en sa faveur augmenter nationalement et dans les Etats-clés dans la même proportion que se réduit le soutien à Cain. En Caroline du Sud, Gingrich passe de 8% à 19%, soit plus qu'un doublement. Ce rebond dans les sondages est plein de promesses pour Gingrich, car il a des effets collatéraux très intéressants : dans une interview, il confie avoir levé plus de fonds "ce mercredi que pendant tout le mois de juillet".

 

Jusqu'à présent, la course à la nomination a été dirigée par la lutte des militants contre l'establishment du parti, dont la figure de proue est le favori Mitt Romney. Plusieurs candidats ont incarné la passion des proches du Tea Party contre l'évidence que réprésente Romney, Herman Cain étant le dernier en date. Les chiffres de celui-ci pâlissant dans les sondages, tout le soutien se reporte sur Gingrich, très solide en débat, sans que Mitt Romney ne puisse étendre sa propre base de supporters.

 

Rick Perry, qui de par son importante réserve de fonds, semble être le candidat le plus solide pour empêcher le modéré Romney de fuir avec la nomination, enchaîne les gaffes. Le débat de mercredi, dans le Michigan, nous a offert le spectacle de l'un des plus grands ratés de toute l'histoire politique américaine à la télévision. Certains commentateurs n'ont pas hésité à parler de fin de campagne pour Perry. Hier soir, l'animateur du Daily Show, Jon Stewart, a fait passer un sale quart d'heure au gouverneur du Texas, comme il sait si bien le faire.

 

Pour tenter de se rattraper, Perry joue sur l'humour : il en a rajouté chez l'animateur David Letterman, jeudi soir, en énonçant une liste de dix excuses pour expliquer sa bourde dans le Michigan. Mais surtout, il joue sur les finances : son équipe a annoncé hier avoir acheté des publicités sur le réseau Fox News moyennant la somme d'un million de dollars. Avec la signature, hier encore, d'un contrat similaire en Caroline du Sud, il est le seul candidat à diffuser de la publicité dans les trois premiers Etats à voter, qui ont un poids immense dans la course à l'investiture.

 

Si on imagine que Perry, par miracle, arrive à remonter dans les sondages avant que son compte en banque ne soit dans le rouge, alors on pourrait avoir les trois candidats de la droite du parti, Cain, Gingrich et Perry, en position de force en Iowa. Cet Etat très conservateur s'exprimera le premier, le 3 janvier prochain. C'est le plus grand espoir de Romney, qui, stable à 25%, pourrait diviser les votes sur sa droite et remporter le "Hawkeye State" avant de faire la décision une semaine plus tard dans le New Hampshire, où il est le grandissime favori.

 

Le candidat mormon, en visite cette semaine dans l'Iowa, y a tourné lui aussi un clip de campagne. Ainsi, Romney est prêt, en cas de scénario serré ou d'attaque personnelle, à concurrencer ses adversaires sur les ondes de l'Etat. Preuve de l'hostilité de la droite du parti à son égard, un groupe ultraconservateur à lancé jeudi le site Internet NotMittRomney.com, destiné spécifiquement à barrer la route de l'ancien gouverneur du Massachusetts vers la Maison-Blanche.

 

Alors que les candidats se réunissent ce soir en Caroline du Sud pour débattre à la télévision nationale, Romney aura fort à faire pour contenir les attaques de ses adversaires. Cain, Gingrich et Perry doivent tous se montrer entreprenants, pour des raisons différentes, sous peine de laisser Romney, d'habitude impérial en débat, filer sans encombre vers la nomination du parti et un duel au sommet contre Barack Obama.

 


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10 novembre 2011 4 10 /11 /novembre /2011 06:08

http://images.politico.com/global/news/111109_gop_debate_1_reuters_328.jpg

Perry serre les poings pour marquer un argument à Rochester (MI), le 9 novembre 2011 (Photo Reuters)

 

 

De toute évidence, ce sera la seule et unique chose dont on se souviendra, dans quelques semaines, lorsque l'on évoquera le débat de novembre dans le Michigan. L'impressionnant trou de mémoire de Rick Perry, incapable de se souvenir du nom d'un programme fédéral, est venu confirmer aux électeurs la capacité du gouverneur du Texas à enchaîner les gaffes. Pendant ce temps-là, Herman Cain passe entre les gouttes et Mitt Romney se frotte les mains.

 

Les amateurs de débats virulents ont été déçus hier soir. Ce débat ressemblait beaucoup à ceux qui marquent habituellement le début de la campagne des primaires, qu'elles soient démocrates ou républicaines : consensuel et acerbe envers le parti qui tient la Maison-Blanche. Aucun candidat n'a tenté de profiter de l'affaire Cain, encore largement à éclaircir. Hier, il s'agissait plutôt de prendre la température avant d'aborder la dernière ligne droite.

 

Comme prévu, Herman Cain n'a pas échappé aux questions chaudes. L'occasion pour lui de se défendre avec vigueur, comme il l'a fait ces derniers jours, en niant toute accusation de harcèlement sexuel contre lui : "Le peuple américain mérite mieux que quelqu'un que l'on traîne devant la justice de l'opinion publique. Je tiens à mes convictions et à mon intégrité plus qu'à tout autre chose, et pour chaque personne qui émettra une fausse accusation, il y en a des milliers qui diront : 'Aucune activité de cette sorte n'a pu provenir d'Herman Cain'".

 

Ainsi, après 21 minutes de débat, Herman Cain s'était acquis les faveurs du public, qui a vivement applaudi sa réponse. Par la suite, il s'est contenté de jouer sur la défensive. Tout juste s'est-il aventuré à parler de Nancy Pelosi, la chef de la minorité démocrate à la Chambre des représentants, comme de la "Princesse Nancy". Des termes assez peu réfléchis pour quelqu'un qui est accusé de harcèlement sexuel, et sur lesquels il est publiquement revenu une fois le débat terminé.

 

Si le public était bien derrière un candidat, hier soir, c'était le local Mitt Romney. L'ancien homme d'affaires est né dans le Michigan et son père fut gouverneur de l'Etat de 1963 à 1969. A la manière des quelques mèches qu'il a laissé dépasser de sa coiffure habituellement impeccable, Romney s'est montré plus relâché lors de la joute répulicaine d'hier soir, la dixième de l'année. Encore une fois sérieux et calme, il a livré des réponses très convaincantes lorsqu'interrogé sur la crise italienne ou le plan de relance d'Obama. 

 

Pour ce qui est du reste de l'opposition aux candidats les mieux placés, seul Newt Gingrich s'est montré en bonne forme, toujours très critique à l'égard du président et des médias. Chose qui n'a pas plus à la modératrice de CNBC, avec laquelle il s'est engagé verbalement et de façon fort peu courtoise. Un sondage Rasmussen conduit hier en Floride le montre en troisième position, ce qui le place en embuscade au cas où Cain devait tomber sous les accusations, dans les jours à venir.

 

On retiendra peut-être le débat d'hier soir comme celui qui a formellement mis fin à la candidature de Rick Perry. Le Texan espérait confirmer son regain de forme et relancer sa campagne dans le Michigan. Son staff se plaisait à répéter qu'il avait un plan anti-Romney, contre lequel de vigoureuses attaques étaient prévues. De cela, il ne fut rien d'autre que la léthargie à laquelle Perry nous a habitués depuis maintenant six débats.

 

Le seul moment marquant de sa performance d'hier fut un vide complet de 43 secondes lors desquelles, en direct à la télévision nationale, Rick Perry a lutté pour se souvenir du nom d'une agence fédérale. "Je vais vous dire : il y a trois agences qui disparaîtront aussitôt que j'arrive [à la Maison-Blanche] : Commerce, Eduaction et... C'est laquelle, la troisième ? Voyons cela. [...] La troisième agence dont je me débarasserais serait l'Education, le... Commerce, et, voyons un peu... Je ne peux pas. La trosième, je ne peux pas se souvenir. Désolé. Oups."

 

Les frasques de Rick Perry et de Gingrich en débat, ainsi que celles de Cain en dehors, nous offrent de précieux enseignements sur l'état de la course, à défaut de nous fournir des luttes rhétoriques intenses. Romney est peut-être en train, débat après débat, d'annihiler tous les défauts que les électeurs républicains voient en lui depuis maintenant cinq ans. Comme le rapelle ce matin Roger Simon, du journal Politico : "Les républicains tombent sous le sens et les démocrates tombent amoureux". En 2008, les démocrates sont tombés amoureux de Barack Obama. Et à défaut d'une opposition crédible, dans deux ou trois mois, la nomination de Mitt Romney pourrait bien finir par faire sens pour les républicains.

 


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7 novembre 2011 1 07 /11 /novembre /2011 20:36

http://actualite.portail.free.fr/monde/05-09-2011/mitt-romney-a-la-rencontre-du-tea-party-en-vue-de-2012/mitt-romney-a-la-rencontre-du-tea-party.jpg

Mitt Romney s'exprime lors du Tea Party Express Tour à Concord (NH), le 4 septembre 2011 (Image Reuters)

 

 

Dans l'Etat-clé du New Hampshire, qui votera en deuxième position le 10 janvier prochain, Mitt Romney profite d'une avance écrasante dans les sondages. A maintenant deux mois du scrutin, la partie est-elle gagnée d'avance ?

 

Toute l'année, Mitt Romney a profité d'au moins 30% des intentions de vote dans le "Granite State". Selon un récent sondage CNN, l'ancien homme d'affaires y devançerait largement Herman Cain, par 40% contre 13%. Toujours selon CNN, le New Hampshire possèderait le nombre d'indécis le plus réduit des quatre premiers Etat à voter (Iowa, New Hampshire, Caroline du Sud et Floride), ce qui rend d'autant plus difficile tout retour des adversaires de l'ancien gouverneur du Massachusetts.

 

Ainsi, contrairement à l'Iowa, qui semble toujours hésiter sur le choix de son candidat préféré, le New Hampshire paraît dénué de tout suspense. Selon Mike Dennehy, un stratégiste qui mené les campagnes présidentielles de John McCain en 2000 et 2008 dans le "Granite State", Romney y fait toujours figure de "gorille de 400 kilos".

 

Le New Hampshire est un Etat capital dans la course à la nomination, car en arrivant en deuxième position, il contribue à fonder une dynamique médiatique qui, par le passé, a souvent écourté les primaires républicaines. En effet, si un favori émerge clairement après trois ou quatre Etats, les électeurs indécis des Etats suivants ont tendance à se rallier derrière lui. Ainsi, même si une infime minorité d'Etats ont voté, l'investiture est pour ainsi dire acquise.

 

Romney ne s'attend pas à gagner en Iowa, le 3 janvier prochain, et compte sur le New Hampshire pour mettre sa candidature sur de bons rails. Et pour le moment, aucun signe de semble montrer qu'il y soit en danger. Jon Huntsman, un autre candidat mormon et modéré, a jeté toutes ses forces dans le "Granite State" mais il ne parvient pas à y depasser les 10% d'intentions de vote.

 

Pourtant, toujours selon Mike Dennehy, la prudence est de mise car le New Hampshire "a rarement, si jamais, offert la victoire au candidat qui y est le favori". Selon de nombreux spécialistes, il est encore possible de priver Romney de la victoire en l'attaquant de front sur les thèmes qui sont chers à cet Etat du Nord-Est : l'économie et la réforme de la santé. Mais personne ne semble vouloir s'en prendre personnellement à l'ancien homme d'affaires sur ces sujets.

 

Outre les milliers de dollars, Romney aligne les soutiens dans le New Hamsphire. La semaine dernière, le populaire John Sununu, ancien gouverneur de l'Etat, a apporté publiquement son appui à la candidature de l'ancien gouverneur du Massachusetts. Mercredi, le charismatique gouverneur du New Jersey, Chris Christie, a organisé un meeting pour récolter des fonds au profit de la campagne de Romney.

 

Déjà candidat en 2008, Romney est connu des électeurs du New Hampshire depuis maintenant cinq ans qu'il visite très régulièrement l'Etat. Selon le New York Times, une telle accumulation de soutiens, à tous les niveaux du parti républicain du "Granite State", vaut désormais à Romney le sobriquet de "troisième sénateur de l'Etat".

 

La méticuleuse campagne de l'ancien homme d'affaires, loin de s'étendre au New Hampshire uniquement, est une méthode qui fait souvent recette lors des primaires présidentielles du parti républicain. Le fait d'être le seul candidat à avoir déjà connu une campagne présidentielle pourrait ainsi s'avérer décisif pour Mitt Romney. George W. Bush mis à part, tous les nominés du parti républicain depuis 1968 en étaient au moins à leur seconde campagne au niveau national. La tendance se confirmera-t-elle en 2012 ?

 


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