20 février 2012 1 20 /02 /février /2012 11:12

Les quatre candidats encore en lice pour décrocher l'investiture républicaine en débat, le 24 janvier dernier en Floride (Photo Joe Raedle/Getty Images)


 

Ce soir à Mesa, dans l'Arizona, les quatre candidats républicains se retrouveront pour leur vingtième joute télévisée depuis juin 2011, un mois après leur dernière apparition commune. Les débats ont jusqu'à présent eu une influence considérable sur les résultats des primaires, et à une semaine des scrutins du Michigan et de l'Arizona, l'échéance de ce soir est un virage à ne pas manquer. Ces deux Etats donneront une première indication du rapport de forces à l'orée du Super Tuesday du 6 mars.

 

Le favori par défaut, Mitt Romney, est actuellement rattrapé par son statut alors que la course se précise. Peinant à séduire la base conservatrice du Parti républicain jusqu'à présent, il est sous la menace de Rick Santorum, qui a remporté trois victoires retentissantes dans le Colorado, le Minnesota et le Missouri le 7 février. Santorum a su profiter de l'espacement entre les scrutins et de choix stratégiques judicieux pour se refaire une santé et prendre l'avantage sur Romney et Gingrich.

 

L'enjeu du débat de ce soir est donc de déterminer si, premièrement, Romney peut conserver sa stature de leader, voire la conforter, et, dans un deuxième temps, de voir si Santorum sera capable de menacer directement Romney ou bien si, par défaut, il ne pourra qu'évincer définitivement Newt Gingrich de la place d'"opposant anti-Romney N°1". 

 

Le débat de Mesa est une occasion en or pour Santorum, qui est en mesure de porter un coup sévère à Romney dans le Michigan et l'Arizona. Dans ces deux Etats, l'ancien homme d'affaires était considéré comme favori, mais les derniers sondages montrent qu'ils pourraient lui échapper. En particulier, le Michigan est un Etat que Romney se doit de gagner, puisqu'il y est né. Déjà Gingrich et Santorum ne manquent-ils pas de souligner combien le leader serait affaibli s'il ne parvenait pas à l'emporter sur ses propres terres.

 

En somme, les primaires de mardi prochain sont la dernière occasion pour Santorum de frapper un grand coup avant le Super Tuesday du 6 mars. Ce jour-là, 10 Etats et 437 délégués seront en jeu, ce qui établira sans doute une hiérarchie fixe entre les candidats. En fonction des résultats de mardi prochain, Santorum pourrait émerger en position de leader après le Super Tuesday, tout comme il pourrait être rélégué à la troisième place.

 

L'ancien sénateur de Pennsylvanie, après ses trois victoires du 7 février, se trouve dans la même position que Gingrich après sa victoire en Caroline du Sud, le 21 février : une victoire en Floride assurait à Gingrich d'émerger comme le favori des primaires aux dépens de Romney, tandis qu'une défaite marquait un coup d'arrêt sévère dans sa campagne. Ciblé par 16 millions de dollars de publicités négatives de la part de Romney et de ses comités de soutien, Gingrich a donc fini par perdre sa place d'"anti-Romney" au profit de Santorum.

 

Mais en cas de mauvaise performance de Santorum, Newt Gingrich reste à l'affût. Sa stratégie est très risquée, puisqu'il a décidé de faire l'impasse sur le Michigan, l'Arizona et l'Etat de Washington (Nord-Ouest, qui vote le 3 mars) pour jeter toutes ses forces sur les Etats du Sud qui votent le 6 mars. Parmi eux, la Géorgie, son Etat d'attache, mais aussi le Tennessee et l'Oklahoma, dans lequels les sondages le montrent plutôt favori.

 

Pour autant, Gingrich doit veiller à ne pas laisser Santorum lui prendre trop de terrain dans l'esprit des électeurs conservateurs, car cela pourrait nuire à ses objectifs du 6 mars. L'ancien Speaker misant toutes ses forces ce jour-là, une contre-performance signifierait sans doute la fin de sa campagne. Ce soir, sa cible principale sera donc Rick Santorum ; reste à savoir comment Gingrich pourra s'y prendre pour attaquer Santorum sur sa droite et regagner les coeurs des électeurs conservateurs.

 

Les primaires américaines sont une question d'enchaînement et de momentum : le débat de ce soir inaugure une cascade de rendez-vous très importants qui, tour à tour et de façon très rapprochée, nous permettront d'y voir plus clair dans la hiérarchie des candidats. A Mesa, il sera important de ne pas manquer le premier virage pour éviter la sortie de piste.

 

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Published by Soufian ALSABBAGH - dans Primaires républicaines
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commentaires

Charles Voisin 23/02/2012 17:32


Bon débat, tous les candidats se sont bien battus à mon avis. Mitt Romney est perçu comme ayant fait la meilleure prestation. Santorum a quant à lui manqué l'occasion de faire la
différence. Ron Paul a convaincu malgré ses positions marginales. Gingrich à eu l'air de bien s'amuser!

Enfin je crois qu'il y a eu un petit malaise quand ils ont commencé a parler de la contraception au nom des femmes. Cela pose la question de l'existence d'un Gender Gap au sein du
GOP.